DES RÉFORMES DE MAHMOUD
Kalil-Pacha, envoyé comme ambassadeur à Saint-Pétersbourg, fut un des premiers à étudier et à parler la langue française, et il s'éleva au dessus des autres par ses manières élégantes et par la distinction de son esprit.
Au milieu de tous ces hommes, le fameux Khousrew- Pacha, dont le caractère est tout musulman, rusé, ne méprisant aucun des moyens qui pouvaient le maintenir au pouvoir, par des intrigues de toutes espèces, sut toujours se conserver dans les bonnes grâces de Mahmoud. Les services d'ailleurs qu'il rendit à l'état et à son souverain , en détruisant les feudataires de l'Asie avec une patience et une finesse sans égale, le signalaient trop pour ne pas le gratifier d'un rang distingué, brillant et désiré.
Le général en chef des gardes était Saïd-Pacha, homme de mérite, quoique inférieur à celui de Namik-Pacha, qui, en sa qualité de général des milices impériales, dépendait du premier. On raconte qu'à Londres, à cause de l'élégance de sa figure, de ses manières brillantes et de la perfection avec laquelle il parlait français, il fixa l'attention d'une manière toute spéciale du monde aristocratique. Il s'appliqua à l'étude de la langue française avec beaucoup de ferveur quand le Sultan ne voulut plus se servir des Grecs dans la diplomatie. Etant encore jeune, il se fit distinguer comme homme de guerre, et à cet effet il s'appliqua à étudier les meilleurs traités français sur l'état militaire. C'est avec les connaissances militaires qu'il possédait mieux que ses contemporains qu'il seconda et soutint les vues de Mahmoud dans les réformes de la milice. En récompense il fut élevé au grade de maréchal-de-camp. Envoyé ensuite dans différentes capitales de l'Europe, chargé de missions d'une haute importance, il fit un long séjour à Londres en qualité d'ambassadeur. Si parmi les jeunes Turcs naquit le
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désir d'apprendre la langue française et les sciences démontrées dans cette langue, ce fut sur son exemple ; et s'il vint à l'idée de Mahmoud d'en envoyer à Paris pour y étudier, ce fut pour avoir remarqué les services que Xamik- Pacha lui avait rendus avec le secours de cette langue.
En 1840, Nuri-Effendi était l'ambassadeur turc à Pari> ; il avait pour secrétaire Talaat-Effendi, jeune homme possédant, à ce qu'en ont dit les hommes distingués qu'il approcha, des talents remarquables, et connaissant très bien la langue française.
Quand j'étais à Constantinople, on nomma à la place de ministre des relations étrangères, avec le titre de pacha, un jeune homme qui touchait a peine à sa trentième année, mais qui, depuis quelque temps, avait attiré l'attention du Sultan. Il s'appelait Rechid-Bey. Sorti des bureaux duReiss, il s'était rendu célèbre à Constantinople comme poète ei comme littérateur. Ses poésies n'ayant Pour Dut flue l'éloge de Mahmoud, le grand réformateur de la Turquie, il s'attira la protection immédiate de son souverain, qui l'employa aussitôt dans les discaslères de la section politique des affaires étrangères. Il fut nommé ensuite chef de la même section, et cela en récompense de ses heureux succès en Grèce, où il se montra aussi bon soldat qu'il était intrépide. En 1836, nommé ambassadeur à Paris, il donna la preuve des capacités réellement élevées qu'il possédait.
Ahmed-Pacha, lorsqu'il était ambassadeur à la cour de Vienne, avait aussi seulement trente ans. Il parlait et écrivait bien la langue française.
Après Pertev-Pacha, qui était réellement, l'œil droit du souverain, Mahmoud reposait toute sa confiance sur le gendre du même Pertev, Yassaf-Effendi. Ces deux hommes, doués d'un génie vraiment admirable, ont détruit entière-
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ment toute l'influence du célèbre Khousrew, auquel il n'es resté qu'une honorable et splendide retraite.
Mahmoud confia les fonctions de chef du pouvoir exécutif à Nedjib-Effendi. Sous le malheureux Sélim, il avait prêté son aide aux premières tentatives de réformes militaires qui provoquèrent la révolte des Janissaires. Le fait que.je vais raconter donnera une preuve de son courage et de son activité. Les Janissaires, ayant appris qu'il était l'instrument principal de la volonté de Sélim, se mutinèrent, et, dans l'intention de le tuer, ils environnèrent la caserne de Scutari, un il se trouvait; mais Nedjib-Effendi, ayant fait ouvrir les battants de la porte, entra d'un saut de son cheval au milieu des assassins, le sabre pendu à la ceinture, et en déchargeant sur les premiers, à bout portant, ses deux, pistolets. Les Janissaires, surpris de cette attaque imprévue, lui lais seront le temps de s'en aller au milieu d'une grêle de balles, qui ne l'atteignirent pas. Depuis lors, c'est à dire en 1826, il revint à Consiantinople, et sous Mabnioud se prêta avec un zèle incroyable a l'accomplissement des réformes du souverain.
Parmi les principaux ministres du gouvernement ottoman, Assad-Effendi mérite une citation particulière comme historiographe de Mahmoud : c'est un littérateur très distingué, et son histoire sur la destruction des Janissaires est un vrai cliel-d'œuvr»'.
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