‹ Voyage a Constantinople et en EgypteChapitre 8 sur 33 · COURSE DANS I.' ARCHIPEL · texte numérisé non relu

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proportions-, ainsi que la Tour octogone (TÀndrwicits, dite la Tour fies Vents, pareeque sur ses parties latérales se trouvent les bas-reliefs qui représentent les vents portant à leurs mains les i'ruits de toutes les saisons. Cette dernière tour, ayant une communication avec laFontainede (lessidre aux Propylées, servait jadis d'hydromètre el de cadran solaire.

Le Théâtre de Bacehus, d'une architecture imposante, mérite également l'attention des voyageurs. Destiné aux réjouis aux jeux, ainsi qu'aux assemblées où l'on délibérait des affaires publiques, il servait en outre de tribune, où plusieurs philosophes tenaient école et venaient développer leurs doctrines.

La Porte d'Adrien tient une place estimée parmi les plus beaux monuments d'Aihèn. trouve dans un étal sa-

tisfaisant de conservation.

Les murs qui réunissaient anciennement Athènes à ses trois ports ont entièrement disparu, ainsi que te Stade. \wm l'élévation duquel le mont Peniélique avait épuisé toutes ses carrières de marbre. Les colonnes qu'on y voit encore faisaient partie du portique construit par Auguste.

11 est impossible de décrire toutes les antiquités qui di miruinées lestent encore debout ou jonchent le solde cette capitale de l'Attique. On en voit partout; Jes maisons, les églises, les fontaines, les édifices de toute espèce, soil publics, soit particuliers, en détail, en recèlent les richesses.

La route qui conduisait à l'Académie (ainsi appelée (YAcadème, propriétaire du terrain sur lequel elle fut bâtie) traversait des champs couverts de tombeaux élevés à la mémoire des héros morts pour la patrie; plus tard ce chemin fut ombragé par dos allées de sycomores et embelli de statues et de fontaines pour en rendre agréable le séjour aux

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philosophes qui, à cause de leurs réunions dans cet endroit, furent surnommés académiciens. C'est là que Platon enseigna sa philosophie.

Le Lycée, fameuse école hors de la ville, a dû sa gloire à Aristole, qui habitua ses disciples à traiter toutes les questions en marchant, ce qui leur valut l'épithète de péripatéticiens.

Je ne passerai pas sous silence le Péciie, renommé pour sa collection de tableaux de Micon, d'Apelles, de Polygnote etParrase; c'est là que Zenon professa sa philosophie du Portique ou stoïcisme, mot qui dérive de stoa, portique.

En terminant mes descriptions, je mentionnerai VOdeum ou bien l'Odéon, où les poètes tenaient leurs séances-, r Aréopage, où siégeait le tribunal du même nom ; la place spacieuse appelée le Pritanée et les ruines du Temple de la Victoire.

Les bornes de mon ouvrage ne me permet lent pas de donner une plus ample description de ces monuments et de ces chefs-d'œuvre. C'est à regret que je me vois forcé de faire taire toutes les fibres sensibles qu'ils remuent profondément dans mon imagination; mais je ne puis la quitter sans m'écrier : « Salut, Grèce, sœur de ma malheureuse Italie, par les tristes revers et les glorieux souvenirs! »

Le 17 avril nous repartîmes pour Smyme afin d'y rejoindre la Médée, qui s'était déjà dirigée vers cette ville depuis deux jours.

Le 21 nous touchions une des Cyclades, Syra, île importante, appelée par les Turcs Kyra.

Siège de l'êvèché catholique et du tribunal de commerce, Syra est non seulement le chef-lieu de l'île du même nom, situé presque au centre de l'Archipel, mais encore de toutes les Cyclades du nord.

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La ville moderne, qui s'élève à eôlé de la ville antique, est fréquentée par les commerçants de l'Europe entière, de la Turquie et de l'Egypte. Un nombre prodigieux de navires encombrent littéralement son port ; et les magasins de son Bazar sont remplis de tabac de Vola, de riz d'Alexandrie, de figues de Smyrne, de vins de Naxos, d'amandes de Chios, de raisins de Patras et de mille autres objets qui attirent à Syra les négociants de tous les pays. Son marebé est en outre abondamment pourvu d'huiles et de soieries de Morée. A la vue de ces dernières, je m'étonnais que les Européens n'eussent point songé jusqu'à présent à établir dans ces lieux une colonie d'ouvriers intelligents qui, avec La matière première, d'une qualité supérieure, entre leurs mains, donneraient à la fabrication de la soie de Morée un développement tout nouveau et une valeur toute réelle. En supposant même que les ouvriers européens ne pussent s'y acclimater tout de suite, on pourrait, dans ce cas , les remplacer tous les ans ou bien tous les six mois, par d'autres, ou même les préparer petit à petit par une existence commode et agréable, — ce qui est possible dans un pays surtout où la vie est à bon marché, — à la vie orientale qui les entourerait. Un projet semblable n'est pas impossible à réaliser. Les bâtiments à construire pour des magnaneries, pour des fabriques, ne s'élèveraient pas à un chiffre énorme.

Quelques chefs d'atelier intelligents, soutenus par une direction forte et puissante, disposeraient facilement les ouvriers du pays à un travail plus habile, et, par une répartition de la main d'œuvre bien comprise, façonneraient ces mêmes ouvriers au travail de la fabrique européenne. Des essais ont été tentés, mais avec si peu de ténacité que les premiers obstacles ont fait renoncer à l'entreprise. Il y a des antipathies à dompter,— personne ne le conteste ; il y a pour

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les Européens l'ardeur du climat a vaincre, — tout le monde le sait , il y a des sommes importantes à dépenser, — il faut s'y attendre; mais en face du but à atteindre, but qui a pour résultat de doter ce pays d'une industrie qui centuplerait les bénéfices actuels, que sont des sacrifices semblables?

J'examinai aussi avec la plus vive curiosité les chantiers de cette ile, qui jouissent à juste titre d'une réputation universelle pour la construction de ses nombreux brigantins, réputés comme excellents marcheurs et fins voiliers.

Durant la guerre de l'indépendance grecque, Syra avait gardé une entière neutralité et servi d'asile à tous ceux que la guerre et la désolation forçaient d'abandonnerleurs foyers. Par ce motif, sa population, qui ne s'élevait à aucune époque antérieure à plus de cinq mille âmes, s'était accrue de plus de vingt-cinq mille-, ensuite, grâce à ce même rôle neutre qu'elle s'était imposé, Syra devint forcément l'entrepôt de toutes les provisions envoyées des pays étrangers en Grèce, dont le sol ravagé en tous sens ne produisait plus assez pour les besoins de sesjhàbitants. D'un autre côté, il est juste d'avouer que la piraterie de 182! à 1822 contribua largement au bien-être de cette ville, au préjudice, il est vrai, du commerce européen, et particulièrement de celui de l'Angleterre et de la France. La paix rétablie, les déprédations sur la mer cessèrent; mais aussi avec elles croula l'opulence de cette ile : les étrangers s'en éloignèrent, et les richesses que des événements imprévus y avaient entassées disparurent rapidement, n'étant plus alimentées par le brigandage maritime presque excusable par la position désespérée où la Grèce se trouvait à cette époque.

Le 22 août, nous reprimes la mer pour la Turquie d'Asie.

Le 26, nous étions de retour à Smyrne, et le 30 nous voguions vers Constantinople.

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La ville de Gallipoli , qu'on découvre sur l'Archipel , s'élève sur la péninsule du même nom. Cette ville, où réside l'évéque grec , est assez grande , et son port donne entrée dans le détroit des Dardanelles. Il faut observer qu'arrivés ici tous les vaisseaux sont obligés de se faire remorquer, soit à la vapeur, soit à la rame, dans toute la longueur du détroit, jusqu'à l'embouchure de la mer de Marmara; car il paraît qu'à cet endroit l'eau forme une sorte d'élévation dont il est facile de s'assurer plus aisément, quand on arrive de Constantinople vers l'Archipel ; les vaisseaux glissent alors sans efforts sur les flots, laissant derrière eux les chàteaux-forts de Homélie et de Nalolie, anciennement dits Sestos et Abidos, et situés, l'un sur les rives de l'Asie, et l'autre sur les bords de l'Europe. Ces deux châteaux, avec d'autres encore, forment la seule, il est vrai, mais terrible défense de Constantinople de ce côté.

Gallipoli compte quatre-vingt-trois mille habitants, et sert d'entrepôt de provisions et d'arsenal pour la flotte ottomane. Cette ville est la première que les Turcs ait conquise sur le sol européen. Aujourd'hui elle est reconnue, pour ses fabriques de maroquin et son commerce en laine et en coton , pour une des principales villes de l'empire.

Le détroit des Dardanelles est l'ancien Hellespont, qui sépare l'Asie de l'Europe.

Au pied du château des Dardanelles, sur le terrain européen, se trouve la bourgade turque Dardan, où l'on construit des barques et où l'on fabrique des voiles.

Le 5 mai, nous apparut la capitale de la Porte Ottomane, et Byzance-Stamboul-Constantinople, à mesure que nous avancions vers elle , sortait splendide du sein de la mer, éclairée des plus beaux et des plus purs rayons de son soleil.

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