PROCIDA, ISCHIA
que ceux d^Ischia, ressemblent assez peu aux Napolitains : ils sont actifs et travailleurs. Aussi tous deviennent riches ou aisés : là , on ne voit de mendiants que les infirmes.
La ville de Procida, capitale de Tîle, fait un fort bel effet de la mer. Elle est divisée en villes basse et haute. La ville haute, entourée de murs, est une sorte de forteresse oi!t sont enfermés, dit-on, quinze cents condamnés politiques. Cest beaucoup , mais n'en y eût-il que le tiers , c'est déjà trop.
On ne laisse pas les étrangers approcher de cette partie de la ville. A l'aide de ma lunette, je voyais à leur petite fenêtre les malheureux reclus qui, à l'aspect de la mer ouverte devant eux, de Naples et de ses campagnes, de Procida bruyante et chantante , devaient trouver leurs chaînes plus lourdes encore.
Les femmes de Procida m'ont paru plus grandes et moins noires que celles de Naples. Elles portent un vêtement qu^on dit être l'ancien costume grec. Des maisons propres et commodes, de beaux jardins, une campagne partout rendue fertile par le travail incessant des habitants, font de cette île un séjour qui ne doit pas être sans charmes. Aussi les Procidiens tiennent-ils beaucoup à leur pays. Presque tous marins, ils font des voyages lointains, mais ils finissent toujours par revenir chez eux, en rapportant le fruit de leurs économies. Cet amour exclusif de la patrie est propre aux insulaires de presque toutes les parties du inonde, même à ceux dont le sol est pauvre, sauvage et presqu'inhabitable.
Soit que la beauté de Procida les eût séduits, soit que la mer, qui pourtant semblait plus calme, les inquiétât, nos deux Milanais ne voulaient pas aller à Ischia ; mais le capitaine ayant dit qu'il n'était pas sûr de pouvoir les prendre au retour, ils rentrèrent avec nous à bord.
En traversant la rade, nous vîmes relever la tonnara
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(madrague) et en tirer des thons et deoz ënormes pe$ce tpada^ arec qnî noas fîmes roate an retour.
Qnand nous ne fûmes pins garantis ]iar File de la hook dn large, nons retrouyâmes le rent et la mer. Les manx de cœur reprirent de pins belle. Un gros garçon dlsdiia, qui s^était offert pour nous serrir de guide, était surtout duis un ëtat déplorable. Je ne conçois pas comment an homme, sans mourir, peut faire de semblables hants-Ie-corps; on les entendait plus haut que le yent et les yagnes. Noos ayions mis trois heures pour arriyer à Procida. Nons mhnes trois quarts-d^heure pour faire la trayersée de Procida I Ischia.
En débarquant, nous trouyâmes sur le riyage nne yingtaine d^ânes d^une taille remarquable, tons propres, Inen brossés, ayec de bonnes selles anglaises et des brides élégantes. Ils étaient conduits par des garçons conyenablement yétus qui nous les proposaient, mais poliment, et non pas ayec les cris et les gestes impérieusement grossiers des cochers et des bateliers de Naple% Je fis choix, poor me promener dans File, d^un de ces superbes baudets. Je croyais que d'autres passagers allaient se joindre à moi; mais, comme toujours, si tous youlaient quelque chose, il n'en était pas deux qui youlussent la même , ni qm sussent bien ce qu'ils youlaient. L'un penchait pour les montagnes ; l'autre aurait préféré le riyage. Celui-K» pensait qu'il fallait déjeûner ayant de partir; celui-là aurait mieux aimé ne déjeûner qu'au retour. Un quatrième désirait yoir des antiquités; un cinquième demandait si les produits volcaniques ne présentaient pas plus d'intérêt, etc., etc.
Ici encore je me félicitais de n'être attelé à aucun compagnon, car, à cette hésitation de chacun, je prévoyais que les trois quarts ne se décideraient à agir que lorsqu'il serait trop tard. Je me trompais : ce ne furent pas les tn»s quarts qui restèrent en route, mais bien la totalité.