‹ Voyage à ConstantinopleChapitre 27 sur 33 · POMPEIA , LE VÉSUVE · texte numérisé non relu

POMPEIA , LE VÉSUVE

sa résurrectioii que pendant les dix-huit siècles de son ensevelissement.

Ces maisons, sans couyerlure et assez légèrement construites , exposées à la pluie , au soleil , au yent et aux touristes, ne pourront, si Ton ne prend pas des moyens efficaces de conscryation et d'entretien, résister longtemps à tant de causes de destruction, et il est facile de prévoir répoque où il ne restera de Pompeïa que des reliques aussi insignifiantes que celles de la villa Adrien et de tant d^autres monuments qu'on n'admire plus que sur parole.

En conservant une partie de Pompeïa dans son état présent , ne pourrait-on pas rendre quelques quartiers habitables en recouvrant les maisons par des terrasses ou des toits légers et en se conformant, autant que possible, aux intentions de Tarchitecte primitif? Ce serait le moyen de les sauver à peu de frais et peut-être même avec bénéfice, car on trouverait des étrangers amis du pittoresque qui loueraient, à haut prix, ces habitations vieilles de plus de dix-huit siècles, ou à défaut, des antiquaires, des poètes, des peintres, des sculpteurs, qui s'engageraient à en prendre soin; et Pompeïa, ressuscitée, deviendrait ainsi une ville d'artistes et de savants.

Si le gouvernement ne veut pas s'en charger, qu'il en fiasse la concession à une compagnie d'actionnaires pour quatre-vingt-dix-neuf ans et à certaines conditions, dont la première serait l'entretien des monuments sans y rien changer ni détruire. Croit-on que les actionnaires manqueraient? Non, on en trouverait dans tous les pays et dans toutes les classes, et d'avance je m'inscris.

Les maisons de débauche, annoncées par des armes parlantes sculptées sur la façade, ne sont pas rares ici ; on dit qu'il y en avait au moins une par rue, comme chez nous des épiceries. L'enseigne, taillée dans la pierre même, prouve que l'industrie qu'on y pratiquait n'y était pas

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toire locale et ne disait que ce qa'il fallait dire. Le prix qu'il me demanda était si raisonnable, que je crus derar y ajouter : c'est ce que Ton ferait plus souvent , si Ton était moins tracassé par des exigences incessantes qui TOUS indisposent et vous font serrer yotre bourse.

Je crois, sans toutefois en être certain, que le gouvernement nomme les conducteurs attachés à PompeTa, et qu'il y a un t^rif des prix à payer par jour ou par heure, selon le nombre des voyageurs. Si la mesure existe, elle est bonne, et il devrait en être ainsi partout.

Je reviens à mon guide du Vésuve que j'acceptai définitivement. 11 le fallait bien : il n'y en avait pas d'autre D'ailleurs, loin d'avoir la mauvaise mine de mon quidam de Pausilippe, il avait quelque chose de jovial et de folichon qui me rappelait le polichinelle de Capoue : c'était le même organe, les mêmes gestes ; si ce n'était pas lui, il était évidemment de la famille.

Je fais prix pour un cheval qu'il me montre, animal de petite taille, mais bien fait et très-vigoureux, et il s'engage à en amener un second pour lui-même. Tous deux seront prêts dans un quart-d'heure.

Je prends les devants en lui disant de se hâter, mais une demi-heure se passe et je ne vois personne. Croyant m'être trompé de route, j'allais revenir sur mes pas, quand il arrive enfin, mais avec un cheval qui n'était pas celui que j'avais loué et sans monture pour lui-même. Je réclame. Par de beaux raisonnements, il essaie de me prouver que le premier cheval est trop vif, ce n'était pas le défaut du second , et qu'il me romprait infailliblement le cou. Je lui dis que cela me regardait, et qu'il eût à l'amener. 11 fait semblant d'obéir, puis il revient sur ses pas, en prétendant qu'au moment où il le bridait il s'était échappé, et qu'on ne pouvait le retrouver. C'était un mensonge, mais, sous peine d'attendre une heure, il fallut bien s'en

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