‹ Voyage à ConstantinopleChapitre 29 sur 33 · POMPEIA, LE VÉSUVE. 4M · texte numérisé non relu

POMPEIA, LE VÉSUVE. 4M

comme le cheval: a||^ troisième pas je m^arrête, puis j^en fais trois encore et î*en recule quatre. Etait-ce Page qui m'avait alourdi? Etait-ce lassitude et Pefifet de la chaleur? Ou bien, de ce côté, Fabord du mamelon était-il véritablement impraticable ? Bref, je commençai à douter de la possibilité d'avancer.

Un quart-d'heure d'efforts inutiles me prouva que le mal était réel. Pourquoi n'existait-il pas pour mes deux compagnons qui, à droite et à gauche, semblaient monter assez légèrement, eux qui, un moment avant, n'étaient pas beaucoup plus lestes que moi? Voilà ce que je ne m'expliquais pas et ce qui me donnait fort à penser. Bientôt l'explication vint, comme il arrive presque toujours quand on la cherche, et je m'aperçus que le porteur de cordes , qui ouvrait la marche et qui avait paru accepter, avec assez d'indifférence, le refus que j'avais fait de son service, n'était pas aussi résigné qu'il semblait rétre. 11 n'avait pas perdu Tespoir de me voir recourir à lai. Or, pour hâter ma déterminatiQu, en ayant l'air de chercher le meilleur chemin, il me conduisait justement là où, avec une apparence plus égale et plus unie, il était le plus difficile, c'est-à-dire où la cendre, plus fine, y présentait aux pieds le moins de résistance.

Quand il m'y voyait engagé, sous prétexte de ne pas m'envoyer de la poussière ou des pierres , il se jetait de côté et reprenait le terrain ferme. Que pensez-vous de sa malice? Grande peccato ma bella invenzione! aurait dit un Romain. Me voyez-vous demi-enfoui dans cette cendre impalpable qui fuyait sous mes pas, ressemblant à Sisyphe et fonctionnant comme son rocher ; tandis que mes bourreaux, riant sous cape de mes vains efforts, en attendaient le résultat?

Mais la cause m'était connue. Quittant alors, par une «Clique à gauche, le chemin qu'on me faisait suivre^ et

gagnant la continuation de Taréte oflb^m'avait précédemment conduit mon cheval, je me troÙTai tout aussi habile à Tescalade que mes charitables conducteurs.

Cette fois, j'étais en droit de me fâcher ; pourtant je n'en fis rien. À quoi bon ? Je fis mieux : je consentis i prendre la corde. Ce pauvre diable avait fait beaucoup de chemin pour l'apporter ; il attendait peut-être , pour dîner, que j'en fisse usage, et en vérité il n'y avait pas d'humanité, pour épargner un ou deux écus, à lui faire perdre sa journée. Je l'avais refusée par amour-propre, puis par entêtement; c'est par conscience que je l'acceptaL

Je croyais qu'il allait m'en remercier. Pas le moins du monde. Bien que je lui eusse prouvé que je pouvais me passer de lui, il ne voulut plus du prix qu'avait stipulé mon guide. Celui-ci prit ma défense et un marchandage s'établit entr'eux. Comme ils n'en finissaient pas, j'allais y mettre un terme en renonçant à la corde et en renvoyant définitivement mon homme, lorsqu'enfin il céda, bornant ses prétentions à vingt carlins, au lieu de vingt-cinq qu'il voulait.

Ce furent vingt carlins jetés à l'eau : l'homme, les cordes et le marchandage, tout n'était qu'une mystification.

Le marché conclu, il ne s'agissait plus que de l'exécuter, c'est-à-dire de faciliter mon ascension qui, selon eux, ne devait plus être qu'une promenade de santé , pas plus fatigante que si j'eusse été en chaise à porteur ou sur une escarpolette. Je les croyais sur parole et supposais qu'ils allaient me faire un point d'appui de la corde tendue de manière à prévenir le recul. Il ne s'agissait nullement de cela : l'homme à la corde, paysan de chétive apparence, était seul chargé de la remorque. Aussitôt l'accord fait, mon guide, après m'en avoir fait solder le montant (il avait ses motifs, comme on va le voir), s'était empressé de gagner le large et, par un sentier à lui connu et qui

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aurait certainement miné Tindustrie de la corde s'il Teût été des voyageurs, il gagnait lestement le sommet.

A cette fugue et au paiement qui Pavait précédée, je ne doutai pas que, pour la troisième fois de la journée, je ne fusse pris pour dupe. En efifet, resté en téte-a-tête avec mon liomme à la remorque, il me met à la main un bout de sa corde et commence à marcher en avant en tirant à lui. Me voici donc à peu près dans la position de ces enfants qu^on mène à Técole et qui se font traîner, comme disent les bonnes. Mais Fenfant se fait traîner parce qu'il aimerait mieux rester où il est, tandis que moi j'étais très-pressé d'en sortir, et rien ne semblait devoir promptement me conduire à ce but si désiré. A ma suspension je gagnai, avec un grand tiraillement aux poignets, des écorchures aux mains mal garanties par mes gants : c'était tout ; nous n'allions pas plus vite.

Bientôt nous n'allâmes plus du tout, et je prévis l'instant où nous irions à reculons. 11 ne tarda pas à arriver, et nous voilà dégringolant. Un bout de rocher nous arrête.

Mous recommençons notre manœuvre; mais mon industriel, qui tenait son argent, n'en prenait qu'à son aise. 11 m'avait fait aller dans le mauvais chemin pour me faire prendre la corde; maintenant, pour être plus vite quitte de moi, il s'ingéniait à me la faire lâcher : dès que je m'y suspendais, en ayant l'air de céder sous mes efforts, il se laissait tomber sur le ventre, de façon qu'en outré de la Êitigue de monter, j'avais encore celle de le relever. Quoi qu'il en soit, ceci m'avait procuré un avantage réel : personne n'ayant plus d'intérêt à me tenir éloigné du boa chemin, nous y étions rentrés, et de moment en moment il devenait plus ferme et plus praticable. J'étais volé, je B'en pouvais douter, mais qu'y faire?

Cependant je voulais défendre mon argent et me faire hisser quand même. Ici encore j'étais dope de ma rancune

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et de mon amoar-propre, car les grinaces de mon bonne, comme une heure ayant ks soupirs du cherai, me hûgnaient plus que la route. Je compris enfin qœ si j*ayais fidt la bêtise d^aceepter la corde, ce n*était pas ime raison d*y ajouter celle de la garder quand, éyidemoMat, die m me servait à rien. Prenant mon parti, je la jetai à la ftee du mystificateur qui y comptait bien et n^en demandait pas darantage. 11 en fit un bond de joie et, gagnant la descents, il eut bientôt repris la route de son village. Seul, je coitinuai à monter, et j^arrivai sans beaucoup de peine an cratère, où, frais et reposé, mon guide me regardait venir.

Il tenait à la main deux œufe, et n^attendait que moi pour les faire cuire à une crevasse. Ce dernier tour m^avait été révélé par un aimable touriste qui raconte de quelle façon, pressés par un grand appétit, lui et son compagnon avaient, à cette' même place, sans préalablement sHnformer du prix, avalé une demi douzaine d^œulis qa*on leur avait fait payer trois francs pièce, soit dix4imt francs; plus, six francs pour deux verres de vin noir baptisé Lacryma-Christi. Ici, j'étais sur mes gardes, je repoussai donc les œufs et le flacon qu'on me mettait sous le nei. J'étranglais de soif, mais j'en serais plutôt mort que de céder. Je lui dis que je n'aimais pas les œufs cuits au soufre et que je ne buvais que de l'eau.

Je n'ai jamais vu un homme plus décontenancé : il avait compté sur une aubaine de dix francs au moins, il n'eut pas une obole. On voit qu'une ascension au Vésuve, que tout marcheur passable peut , en moins d'un jour , la badine à la main, faire seul et sans bourse délier, pounralui coûter cent francs s'il cède à toutes les exigences des conducteurs.

Le temps était très-favorable, ce qui est assez rare, et la vue vraiment admirable. On sait que c'est une des plus étendues qu'on connaisse : on est à trois mille six centi

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^ds au-dessus du niveau de la mer, et sur un pic qm domine tous les autres.

£n arrivant au sommet, j*étais dans un état de transpiration des plus violents ; j'avais littéralement mouillé de ma sueur la cendre sur laquelle je marchais ; ma chemise, mon gilet, ma redingote étaient percés. Là, je trouvai un vent glacé. Bientôt il nous envoya des bouffées de soufre vraiment intolérables, et, demi-asphyxiés , nous fûmes i^ligés de nous coucher à plat ventre.

Le fond du cratère étant encore rempli d'une matière en ébullition , reste d'une éruption qui finissait à peine , nous ne pouvions y descendre. Pour m'en dédommager, j*en fis le tour. Le veut se calma un peu, et, abrité par un monceau de lave, je pus enfin jouir à mon aise de cet étonnant panorama que vint embellir encore un gros nuage tout sillonné d'éclairs , lequel , passant sous nos pieds , disparut aussi soudainement qu'il était venu.

Je reconnus encore ici la bravoure napolitaine: cette nuée , qui n'offrait aucun danger puisqu'elle était audessous de nous, fit grande peur à mon compagnon. Il en tirait je ne sais quel présage et se recommanda à la madone tant qu'elle fut en vue.

Après son passage, le vent cessa tout-à-fait et, avec lui, les bouffées de soufre qui me semblaient bien autrement à craindre que le gros nuage, car j'en toussais à étouffer. Tous les animaux redoutent ces émanations volcaniques, ils les fuient , et j'ai plus de confiance dans les prévisions des bêtes qu'en celles des hommes. Nous pûmes alors pénétrer un peu dans le cratère, au fond duquel on descend sans danger quand le volcan est tout-à-fait calme. Là, je pris quelques échantillons de lave et de soufre, refusant ceux que m^'offrait mon homme. C'est encore un procédé d'exploitation de l'inventibn de messieurs les guides : au règlemeut de compte, ils prétendent qu'ils ont couru mille

Tirre-del-AnsiiBiiala , NMera.— Cfam k Somnto, Aailt, SakrM et Votn.- Caitellanari, T«rre-del-6ree«, Bctiu, Pirtiei. — ReUsr k Nazies.

J^avais autrefois fait le voyage de Pestum, mais comme il m^avait laissé d'assez tristes souvenirs, je n'avais pas Fintention de le recommencer. Le hasard en décida autrement

Station du chemin de fer de Naples à Nocera, Torredel-Ânnunziata, où je me trouvais en ce moment, est un gros bourg placé dans une admirable situation, comme tout ce qui borde cette côte. En attendant le passage da convoi allant à Naples, j'entrai dans un hôtel pour dîner. On m'y servit des coquillages, du poisson excellent et du Lacryma-Christi destiné à le devenir.

Je pressais mon repas pour ne pas manquer le train, lorsqu'un bruit de voiture annonça l'arrivée de nouveaux voyageurs qui, eux aussi, venaient prendre le chemin de fer, mais en sens contraire. C'était une famille qui se composait de deux hommes, d'une jeune femme et d'une autre qui, quoiqu'également bien mise, annonçait, par les égards qu'elle montrait à la première, une position subalterne :

SORRERTO, AMALn, PESTUM. i8»

c^était une institutrice ou une demoiselle de compagnie.

J^appris y par la conversation de ces étrangers , cpi'ils allaient à Sorrento, dans l'intention de voir ensuite Amalfi et Pestum. Les ordres qu'ils donnaient au cocher disaient qu'ils devaient revenir le surlendemain pour faire Fascension du y^uve. C'était peu de temps pour cette course, mais ils paraissaient n'être pas maîtres de leurs instants.

Ayant su, par un registre encore ouvert sur la table, où l'hôte m'avait fait écrire mon nom, cpie je revenais du Vésuve, le plus âgé, qui pouvait avoir quarante-cinq ans, vint me demander quelques renseignements sur le nombre de guides et de chevaux nécessaires pour l'ascension qu'on lui avait peinte, ainsi qu'on ne manque jamais de le faire aux gens riches, comme fort difficile et très-dangereuse. Je lui répondis en itatien , mais il avait vu que j'étais Français, et il me parla en cette langue et très-purement

Bientôt la jeune dame ou demoiselle vint se mêler à la conversation. Elle se préoccupait du moyen d'arriver jusqu'au cratère, car elle voulait absolument y arriver: c'était le but principal.de son voyage dont celui de Sorrento, d' Amalfi et de Pestum n'était que l'incident. Je lui fis le récit de mon ascension; elle parut s'en amuser, et, de paroles en paroles, la conversation, à laquelle vint prendre part le troisième voyageur, s'anima si bien que j'oubliai le train qui arrivait, et je ne m'en souvins qu'au coup de sifflet du départ. Je m'élançai hors de la salle; il était trop tard, la machine était en mouvement. Il fallut rentrer à l'hôtel.

Je pris philosophiquement mon parti ou j'en eus l'air, la politesse l'exigeait; cependant cela me contrariait, car le train suivant ne devait passer que dans deux heures. La jeune femme me plaisantait sur ma distraction, mais si gentiment, que je ne pouvais pas m'en fâcher. Alors, le personnage le plus âgé, qui paraissait être le chef de la famille, me dit que le sort me condamnant à rester avec enx,

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il fallait absolument que je fusse de leur voyage à Pestom.

Je réponds que la chose était assez difficile, que je n'avais d^autre toilette que celle que j'avais sur le corps, toilette fort endommagée par la fiim^ et la poussière du Vésuve.

Alors le plus jeune m'engagea à ne pas m'en préoccuper, ajoutant que nous étions à peu près de même taille et que sa garde-robe était à ma disposition. Gomment refuser une offre si gracieusement faite?

Cependant, j'hésitais encore; mais je me ressouvins que j'avais, dans la poche de mon surtout, une chemise et une paire de souliers de rechange, choses indispensables quand on visite un volcan. Ceci acheva de me déterminer. Il fat donc décidé que je prendrais avec eux le train de Nocera.

En ce moment entrèrent trois domestiques en livrée et une femme de chambre. Par les titres qu'ils donnaient au principal personnage, je vis que j'étais en bonne compagnie, disons mieux, en haute compagnie, et si hante que je n'aurais certainement pas accepté , si j'avais su avec qui j'étais. En voyage surtout, j'aime mes égaux; à défaut, je préfère ceux qui sont moins que moi à ceux que leur position sociale met trop au-dessus. Ce rapprochement forcé est une gène sans dédommagement, quand on est arrivé à l'âge où l'on n'a plus rien à demander à ce monde, ni conséquemment de cour à faire à personne. Mais je dois dire, en l'honneur de mes nobles hôtes, car dès cet instant je fus le leur, qu'ils firent tout ce qu'ils purent pour que cette gêne disparût pour moi, et qu'ils y réussirent.

Le train qui devait les prendre ne tarda pas à arriver. Plusieurs wagons étaient retenus pour eux et leur suite; nous y étions donc fort à l'aise, et nous fûmes bientôt à Nocera. Deux voitures nous attendaient. Elles nous conduisirent à Sorrento.

Cette famille ayant désiré garder l'incognito» je ne puis

soBRErrro, âmâlfi, pestum, 491

id la nommer. La jeune dame m'ayant dit qu'elle se rëserrait le récit du voyage, je dois lui en laisser le soin. Si elle y renonce et m^y autorise, je m^en chargerai avec joie, car les deux jours que j'ai passés dans cette compagnie sont certainement Tépisode le plus agréable de mon voyage.

Comme tout était préparé pour n'éprouver de retard nulle part, et que d'ailleurs, depuis mon premier voyage, les routes et les habitants se sont singulièrement améliorés , il ne s'agissait plus que d'une promenade : elle nous réussit à souhait.

Sorrento, Amalfi, Salerne, Pestum, galerie ordinaire des touristes, sont si connues qu'on n'en peut plus rien dire sans que dix voix ne vous crient : — Nous Vavons dit avant vous. Et elles vous répéteront que Sorrento, renommé pour sa vue, ses jardins, ses fleurs, ses fruits et ses jolies filles, est une ancienne république et la patrie' du Tasse dont on v montre la maison.

Les historiens vous apprendront , à leur tour , que Sorrento fut fondé par les Sy rênes ; mais cette version a eu des contradicteurs. Alors ce fut à Ulysse qu'on en attribua l'honneur. Cette dernière opinion ne prévalut pas encore. C'est aux Phéniciens qu'on s'est arrêté et qui sont, aujourd'hui et jusqu'à nouvel informé, reconnus pour les fondateurs.

Quant aux causes de sa destruction , elles sont beaucoup plus claires : le Vésuve est là pour les expliquer. C'est lui qui l'a mis dans son état actuel; d'une ville somptueuse, il a fait une bourgade assez modeste qu'on a surnommée la gentille,

Amalfi est un autre exemple de l'inconstance de la fortune. Répubtique puissante, dominatrice des mers, fondatrice d'un code commercial, Tabulœ Àmalfitanœ, qui longtemps fut reconnu par toutes les puissances maritimes, elle s'éleva presqu'à la hauteur de Pise sa rivale,

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de Venise et de Gènes. Elle d«ra longtemps. Le Tokan répargnait, mais les hommes firent ce qnil ne Usait i»: Roger, prince de Sicile, pois les Pisans, pois les Napolitains, contribuèrent chacnn pour lemr part à sa destruction.

Anjonrd'hai, ce n^est pins qn*nne simple bomgade de deux à trois mille habitants, dont Tindostrie et Tamlnlion se bornent à finre de bon papier et d^ezeeUoit macaron. En outre, il lui reste sa rue de mer, la plus belle qa*m pnisse imaginer, et la ^oire d^aroir inventé la boossde es 1302, si elle ne Payait pas été dix siècles arant par les niéniciens, et vingt siècles ayant cenx-d par les Chinott.

Saleme a Phonnenr de donner son nom à un prince de la maison de Naples, c^st ce qui fit garder im incognito plus serré que jamais à nos augustes Toyageors.

Saleme était, au moyen-âge, une université renommée et récole de médecine la plus célèbre de raarope : la TÊt s^appelait alors CivUas HippocraUca, et son école Medkma Salertina.

Sa cathédrale San-Matteo fut fondée en 1084 par fichai Guiscard. Comme dans beaucoup d^égtises italiennes, Fantiquité païenne a eu une grande part à sa décoration : le style grec s'y mêle aux fantaisies gothiques, les tauroboks aux images; les faunes s'y montrent à la suite des saints, et les nymphes y reposent à côté des madones. Ainâ Fentendaient nos pères : on brûlait les païens, mais on épargnait leurs divinités quand elles étaient d'une belle matière ou d'une main habile. On faisait plus , on les honorait du baptême: Vénus devenait sainte Madeleine, et le dieu Mars saint Georges ou saint Martin.

C'était de mes nobles compagnons, beaucoup phis savants que moi et parfaitement au fait de l'histoire ds pays, que j'apprenais ces détails.

À Pestum, nous ne trouvons plus ni brigands ni broussailles. On a convenablement nettoyé la place, en laissant

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