CHAPITRE II. — DESCRIPTION DES LIEUX
de ces ruines est de 3o mètres (92 pieds). On ne peut affirmer si elles ont appartenu à un temple ou à un édifice particulier '. Beaucoup de décombres des anciennes habitations sont auprès des ruines de Beled-el-Kamyseh. Le village actuel est da*is une position agréable : un ruisseau d’eau douce, qui serpente de l’est à l’ouest, arrose de fertiles jardins, plantés d’oliviers, de pêchers et de grenadiers.
La montagne voisine, Gebel-el-Garah-el-Kamyseh , semblable, pour la forme, à Gebel-Mouta , est aussi percée d’une multitude de catacombes , mais d’une petite dimension et d’un travail médiocre. Dans plusieurs de ces hypogées, les portes extérieures présentent la corniche et le chambranle égyptiens, mais sans peintures ni sculptures. L’intérieur en est tellement net, qu’il semble qu’ils n'ont pas servi à leur destination. Les débris humains que l’on trouve dans ces catacombes ne portent point de traces de bitume, et ne paraissent pas avoir été embaumés.
En faisant un rapprochement entre les hypogées de Gebel-Mouta, Dràr-Aboubery k , Mahaoueyn et Kamyseh , 011 conclut que , dans les uns , les corps ont été embaumés et disposés à la manière des momies égyptiennes, et que dans les autres, à cause de la rareté de la matière, ou par d’autres motifs, on s’est abstenu d’employer le bitume, et qu’on a préparé les corps seulement par le sel, à la manière de certaines momies de Saqqârab. On remarque aussi que partout les habitans modernes ont violé les tombeaux, brisé et dépecé les momies, pour chercher si elles contenaient de l’or : c’est parce qu’ils y ont quelquefois rencontré ce métal dont ils sont fort avides, plus encore que par une vaine superstition, qu’ils éloignent tant qu’ils peuvent les étrangers, et les chrétiens surtout, capables, disent-ils, par la puissance de la magie, de découvrir les trésors les plus cachés.
A une médiocre distance de Kamyseh, on trouve un temple de construction grecque ou romaine, appelé Deyr-Roum ou Qasr-Roum : la partie conservée se compose de trois pièces, dont la longueur est de i5m,90 (49 pieds) sur 7 mètres de large (21 pieds et demi); l’élévation est de 6 mètres (18 pieds et demi); mais les traces des ruines s’étendent dans une longueur totale de 35 mètres (108 pieds). Le plafond, composé de grandes pierres, est encore conservé dans une grande partie de l’édifice: dix pierres sont en place; mais le fond du sanctuaire et le portique se sont écroulés. Devant le temple, était une grande enceinte fermée par des murailles, dont on trouve les restes se prolongeant jusqu’à plus de 19 mètres en avant2. Ce qu’il y a de remarquable , c’est que l’architecture est de l’ordre dorique : toutes les scupltures , les corniches, les frises, les moulures, sont d’une exécution très-soignée. La perfection de ce travail a lieu de surprendre dans un canton situé à i3o lieues du Nil, au milieu des immenses déserts de la Libye. On n’y trouve d’ailleurs, à l’exception du profil des corniches, aucun ouvrage qui rappelle le style égyptien, soit sculptures, soit hiéroglyphes ; on n’y voit pas non plus d’inscriptions.
Au-dessus du linteau de la porte du sanctuaire, on remarque deux pierres légèrement inclinées, faisant arc-boutant dans toute l’épaisseur de la muraille, pour servir de décharge 3.
1 Voyez planche XX, fig. 1. 3 Voyez planche XVIII, fig. 3; et planche XIX.
a Voyez planche XVIII, fig. 2.
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VOYAGE A SYOUAH.
il existe a quelques pas des ruines une montagne percée de catacombes; elle s’étend du nord-ouest au sud-est : le nom du lieu est Beled-Roum ; ce qui annonce l’existence d’un bourg ou village peuplé de Roumy , c’est-à-dire de Grecs ou de Romains; car les Arabes appliquent ce terme aux uns et aux autres. Les hypogées sont à la partie sud de la montagne, la plus élevée; ils ne diffèrent point de tous ceux que j’ai décrits.
Au pied de la montagne sont aussi des tombeaux en briques cuites au soleil : la fo rme en est voûtée en plein ceintre. Sur le même sol , on trouve encore des débris de colonnes, et des restes de petits sanctuaires ou tombeaux en pierre, dont la destruction est trop avancée pour qu’on puisse prononcer sur la nature de ces constructions1.
De Deyr-Roum on se rend au lac Arachyeh , en se dirigeant au nord-ouest : le premier village que l’on rencontre est le village d 'Agarmeh , ruiné , situé auprès d’un lac. Plus loin, à une grande journée de Syouah, est un autre lac plus petit, dans l'attyeh ou plaine de Cliyatali. Ce lieu pittoresque a été représenté dans une des planches jointes à cet ouvrage1.