DE SAINT-BONIFACE À LA MISSION DE LA PROVIDENCE
Suivons le R. P. PETiTOT dans son voyage de Saint- Boniface à la Mission de la Providence ; les détails que sa plume nous fournit nous feront connaitre parfaitement les lieux qu'il a parcourus et ce que ces lieux offrent de plus intéressant. Nous n’aurons pas à revenir plus tard sur ces
descriptions de voyage. La première lettre est adressée aux Frères scolastiques et à leur Père Modérateur.
Grand-Portage la Loche, 23 juillet 1862.
Mon RÉVÉREND ET BIEN REGREITÉ PÈRE,
C’est le dimanche 8 juin, fête de la Pentecôte, que je partis de Saint-Boniface avec le P. GRouarD, encore Novice. Dire la peine que je ressentis en abandonnant Mer Tacé, ce saint Evêque dont vous connaissez la bonté et le caractère unique, est chose impossible. D'aillours, je crois qu’à mesure que l’on s'éloigne de sa patrie on s'attache davantage aux personnes et aux lieux qui la rappellent; et que la peine que l’on ressent en les quittant en est d’autant plus grande. Nous partimes cette fois-ci, non plus en chemin de fer, non plus en diligence, non plus même en steamboat, mais en barge. Cela sent bien encore un peu la civilisation. mais du moins il ya encore loin de là à un bateau à vapeur. Les barges sont des barques de la grosseur d’une tartane, elles marchent à la rame et àla voile comme cette sorte de navire; mais pour un voyageur et surtout pour un Missionnaire, on est loin d’y être à son aise, Assis parmi les ballots de peaux ou les barils de poudre et de sucre, nous n'avions d’autre abri que la calotte des cieux; rôtis par le soloil ou mouillés par la pluie, il fallait bien tout supporter. Le matin, à midi et le soir, ces barques prennent terre pour les repas. Elles ne naviguent pas la nuit, Dès que le signal est donné par celle des barges qui porte le guide, chacun saute à terre et s’élance dans la forèt pour abattre du bois. Rien de plus beau, de plus grandiose que l’aspect de ces forêts vierges que le sauvage et le métis côtoient seulement à de rares intervalles ; leurs arbres séculaires couverts de lichens voient pendre de toutes leurs branches de longues touffes d’un vert pâle semblables à une longue chevelure. Les plus vieux jonchent le sol de leurs corps. Ici, l'arbre reste où il tombe : nul ne profite de son bois, et ces forêts pourrissent sur place pour se changer plus tard en marais et en tourbières, En mettant le pied sur la
rive, nous faisons comme les autres. Notre tente est dressée sur le rivage, lorsqu'il est sablonneux; mais le plus souvent nous dormons à la belle étoile, enveloppés dans notre eouverture. C'est un curieux spectacle que celui que présentent ces campements dans le désert. Le lac dort en face de nous comme un monstré assoupi ; sur les trembles et les bouleaux qui bordent les rivages, le soleil qui s'éteint dépose des lambeaux de pourpre et d’or; tandis que les falaises et les grèves Jointaines apparaissent comme un mirage à l'horizon. Au silence éloquent de la solitude succède un bruit inaccoutumé : les barques 8e déchargent, les tentes se dressent, les feux pétillent et lancent vers le ciel des tourbillons d'étincelles ; on entend dans la forêt le bruit de la cognée et celui du sapin qui tombe sous ses coups. Les enfants métis et sauvages, trop longtemps silencieux, reprennent leurs ébats parmi les roseaux, courent après les vagues ou se poursuivent à coups de flèches. Le métis au teint cuivré, le Sauteux aux longues tresses, le Maskégon, le Cri à la longue et noire chevelure se mêlent sur le rivage, allument leur petit calumet et préparent sur un rocher la pâte qui doit se transformer en galette. Cependant le repas du soir est fait, j’assemble nos chers chrétiens au milieu du campement, et là, agenouillés sur le sable, sous le regard de Dieu, n'ayant d'autre temple que la voûte azurée, d’autres tentures que la parure des champs, d’autres tapis que le gravier du rivage ou la vaste savane, nous adressons au Seigneur, en louant la Sainte Vierge, cette prière que l’ôn répète jusqu’au bout du monde : le Chapelet.
Le dimanche, nous célébrons la Sainte Messe : deux coffres placés l’un sur l’autre figurent l’autel; il est recouvert d’une nappe blanche et décoré de deux petits chandeliers: ma eroix d’Oblat est suspendue par derrière aux branches d’un arbre, dont Le vert feuillage forme le fond du tableau; tandis que deux métis remplissant les fonctions de chérubins se tiennent de chaque côté de l'autel, étendant en Pair leur capot comme un voile pour protéger à la fois et le Saint-Sacrement et le Prêtre. Cela a lieu lorsqu'il n'est pas possible de planter la tente. Pour lustre, le soleil se balance sur nos têtes ; at le fracus
des cascades et des rapides qui grondent non loin, tient lieu d'orgue.
Le soir, il ÿ à chapelet, instruction et prières suivis du chant d'un tantique. -— La piété de nos gens ferait honte à beaucoup de chrétiens d'Europe et surtout de France, et Je me plais à leur en rendre Hommage. Aucune parole grossière, aucun jurement ne sort de leurs lèvres. À peine ont-ils pris leut repas du soir qu'ils se jettent à genoux sans aticun respect humain pour faire leurs prières, et le matin au réveil, leut première action est le signe de la croix. Quelle simplicité! quelle foi! chez des hommes grossiers, toujours livrés À euxmêmes et qui mènent une vie aventureusc au milieu de protestants fanatiques et de peuplades dévergondées. Leur vie est bien dure et pourtant ils d'en murmurent point et ont toujours le sourire sur les lèvres, On sent qu’un sang ftancais coule dans leur veine à voir avec quelle audace ils affrontent les dangers, et avec quelle bonne humeur ils supportent les fatigues. Ployés sur leur rame jusqu'à neuf et dix heures du soir, ils prennent à la hâte quelques instants de sommeil sut le rocher pour repartir à deut heures du matin. Ils travaillent tant qu’il fait jour, je me trompe, tant que le soleil demetre sur l'horizon, c’est-à-dire depuis deux heures du matin jusqu'à dix heures du soir, dans les grands jotirs. Plus nous avançons dans le nord, et plus les jours grandissent. Au Pottage de la Loche, cent lieues plus haut que l’tle à la Cross, ort voit clair toute la nuit, et le jour se contente de tourner autotir de l'horizon sans disparaitre complétement. A la Grande-Rivière où je me dirige, le jour est de trois mois sans solution de continuité.
Tout mon voyage se fait par eau. 1] serait trop long de vous énumérer tous les lacs et toutes les rivières que notis avons remontés jusqu'au Portage la Loche qui est lé point eulminant de cette partie du plateau nord-américain. Vous désires peut-être que je vous fasse ut petit täbleau du paÿs. Vous vous flgurez, je pense, des landes arides, de vastes plaines sans cesse couvertes de neige, des lacs miornes. C’est ainsi que je me l'imaginais aussi. Bien m'en à pris, tar j'ai été
enchanté des terres de la baie d'Hudson. Distinguant tout d’abord entre riche et beau, je ne crains pas d'affirmer que ce pays est beau, trois fois beau, quoique d’une stérilité presque complète. Point de prairies, cela est vrai, point ou très-peu de terres cultivables, c’est encore vrais mais des rochers feldspathiques et granitiques quelquefois schisteux, tels que ceux dont sont formées nos montagnes des Alpes; mais d’épaisses forêts où se pressent cinq à six variétés de sapins, mélés au bouleau, au tremble, au cèdre et à l’aune; mais des falaises à pic traversées de filons granitiques; des collines basses et ondulées, des dunes de sable blanc couvertes de pins d’un aspect singulier. Cette terre si aride et pourtant si pittoresque, si variée, acquiert un certain charme par les innombrables lacs, fes vastes rivières qui l’arrosent sans pouvoir la féconder. En effet, il est presque impossible de pénétrer dans ce pays autrement que par eau, excepté en hiver, les forêts s’opposant à ce qu’on y fasse un chemin par terre. D'ailleurs quand même on tenterait de le faire, on serait bien vite arrêté par des lacs et des rivières. On dirait vraiment que l’eau est maîtresse ici, elle y règne en souveraine; elle y roule avec un fracas épouvantable et une rapidité qu’atteignent à peine nos torrents; tantôt elle s'arrête, se déroule en une nappe immobile, dont les bords sont couverts de nénuphars, puis elle se promène silencieuse entre des rives marécageuses ; tout d’un coup elle se précipite entre des rochers noirâtres, en formant une multitude de cataractes. C'est ce qu’on appelle un rapide. Parvenue dans un bassin inférieur, elle recommence le mème manége. Depuis la Rivière-Rouge, nous avons franchi plus de trente de ces rapides, en remontant toujours d’un bassin inférieur dans un autre plus élevé. Cette pente rapide de ce grand plateau central et la nature du sol et da ses productions qui sont toutes alpestres expliquent en quelque manière le grand froid qui règne dans ce pays pendant l’hiver, bien qu'aux mêmes latitudes il fasse moins froid en Europe. Ainsi le froid qui règne à Athabaskaw est beaucoup plus rigoureux que celui qu'il fait à Saint-Pétersbourg, qui se trouve sous la même latitude ; et le climat de Montréal n’est
pas comparable à celui du Poitou, bien qu'ils passent sous la même parallèle,
Vous connaissez déjà les singuliers phénomènes qui se montrent dans ces contrées élevées; l’aurore boréale est un des plus intéressants et des plus admirables. 11 n’est pas de nuit où ce phénomène surprenant n’apparaisse. Il y a peu de temps oncore, il me fut donné d'en contempler une qui peut passer pour magnifique. 1l pouvait être dix heures et demie, mais il faisait jour du côté du couchant, et la lune était radieuse ; l'aurore boréale se montra néanmoins dans tout son éclat. Elle commença par une zone lumineuse en demi-cercle, dont la direction courait de l’est à l’ouest, Bientôt elle prit une intensité très-forte au zénith et se changea tout à coup en un foyer de lumière électrique d’une vivacité indescriptible. Il s’y fit un grand mouvement comme celui d’une multitude d’éclurs qui éclatoraient en tous sens, ou bien, mais plus en grand, comme les jets de flamme colorés qui partent d’un artifice; les couleurs en étaient variées, mais le violet et le jaune y dominaient. Cette commotion électrique ne dura que huit à dix secondes. Après quoi, de ce foyer lumineux, des traits enflammés semblables à des faisceaux de verges d’acier s'échappèrent en tous sens en rayonnant autour du centre. Elles s’éparpillèrent jusqu'aux bords de l’extréme horizon en s’effaçant de plus en plus. Tout cessa pour un instant, et puis la brillante ceinture reparut de nouveau, mais beaucoup plus au nord, et se mit à onduler lentement en étalant ses franges irisées. Elle disparaissait de temps à autre pour repreudre de plus belle; sa direction, qui était de l’est à l’ouest au commencement, changea complétement peur passer du sud au nord. Et toute la lumière se dirigea du côté de la presqu’ile de Melville, où se trouve le pôle magnétique. J'ai joui de ce magnifique spectacle sur le lac Primo, le dernier lac que l’on rencontre avant d'entrer dans le lac de l’ile à la Crosse.
Je vous ai dit tantôt que je ne vous nommerais pas le nom des lacs et des rivières que nous avons parcourus; cependant, comme cela pourrait intéresser quelques-uns d’entre vous, surtout ceux qui pourraient être destinés pour ces Missions,
Je vous en donnerai la nomenclature. Toutefois, je doute que vous les trouviez relatés sur les cartes anciennes ct qui ne sont pas de confection anglaise, car elles sont loin d’être exactes : Rivière-Rouge, lac Winipeg, rivière aux Brochets, rivière Sckatchwan, rivière du Petit-Rapide, lac Travère, rivière Décharge, lac Bourbon {en anglais Ceder-lake), rivière Sckatchwan, appelée ici rivière du Pas; lac Vaseux, trois lacs Cumberland, rivière Maline, lac Castor, rivière la Pente, lac Héron ou Huron {qu'il ne faut pas confondre avec le grand lac de ce nom); lac Chégueck, lac des Bois, source de la rivière Ja Pente, rivière aux Anglais, lac la Loutre, lac des tles d’Ours, lac des Epingles, lac Souris, lac Serpent, rivière aux Foins ou d’Epinette, lac du Genou, lac Primo, rivière la Puise, lac de Péle à la Crosse, rivière Creuse, lac Clair, lac du Bœuf, rivière la Loche jusqu’à sa source; Portage de cinq lieues par terre. Point culminant. On redescend de l’autre côté par les rivières et lacs suivants : rivière Eau Blanche ou petite rivière Athabaskaw, rivière la Biche, lac A/hubaskaw, rivière Athabaskaw, rivière des Rochers, rivière des Esclaves, grand lac des Esclaves, grande rivière Mackensie qui se décharge dans la mer Polaire, en côtoyant à quelque distance l'extrémité nord des montagnes Rocheuses. — Fort Good-Hope. —- 1l v a 500 lieues de Saint-Boniface au lac la Crosse, 700 au lac Atbabaskaw ; 1,200 au fort Good-Hope.
Quels ont été pendant ce temps nos travaux apostoliques? Comme vous le pensez bien, ne connaissant encore aucune des langues du pays et nous trouvant sans demeure fixe depuis près de cinquante jours, ils ont dû se borner à peu de chose. Sixou huit baptémes d'enfants ou d'adultes ; l’Extrème-Onction donnée à un sauvage moribond, voilà tout ce j'ai pu faire parmi les sauvages cris ou montagnais que j’ai rencontrés sur mon passage. Parmi les métis le ministère est plus étendu, parce qu'ils parlent français ; aussi, outre la prédication et la Sainte Messe qu'ils entendent très-souvent, peuvent ils s'approcher du sacrement de Pénitence et recevoir la Sainte-Communion, ce dont ils s’acyuittent avec une foi admirable. Je vous ai dit que j'avais eu le bonheur d'administrer un sauvage ; quand
nous n'aurions tout quitté que pour ouvrir le ciel à une Ame, nous devrions nous en estimer bien heureux. Ce sauvage était un petitjeune homme dont on n'a pu me dire j’âge précis, mais qui pouvait avoir de treize à quinze ans; il était couché dans uns tente en peau de caribou et gisait sur un lit de mousse et de menues branches de sapin. La partie supérieure de son corps offrait l'aspect d’un squelette vivant, il n'avait absolument plus que la peau et les os, son visage surtout était effrayant à voir, ses yeux fixes brillaient de l’éclat de la fièvre, etses lèvres retirées laissaient voir ses dents blanches et serrées. Mais depuis la ceinture jusqu'aux genoux, cet infortuné, rongé d’un mal indescriptible, mais que je crois être un chancre, n’était plus qu’une masse informe de chair pantelante; ses genoux, dénudés, apparaissaient à travers Le simple châle qui le recouvrait comme deux pieux aigus plantés en terre. Les parents de cet infortuné étaient tous réunis dans la loge. Vous connaissez l'amour que les sauvages portent à leurs enfants et vous comprendrez sans peine le douleur de ceux-ci. Le père était à demi couché à la droite du moribond, dont il essuyait de temps en temps la sueur froide. « Mon fils; mon fils!» disait-1l de temps en temps en le regardant avec attenidrissement; de l’autre côté de la tente, accroupis sur leurs talons, gémissant et fumant leur pipe, se tenaient la mère, la grand” mère et les aulres parents de l'enfant. Je leur offris du campbre pour le malade; ils firent un signe de tête pour me donner à comprendre qu'il n’était plus temps et me firent prier de l’administrer au plus tôt. Je lui conférai en effet le sacrement de l’Extrême-Onction, et laissai dans la tente un sac que le père m'avait demandé pour inhumer son fils.
Au Portage la Loche, d’où je vous écris ces lignes, les montagnais se trouvent en grand nombre pour faire la traite et pour recevoir M£' GRanDiN, qui descend du nord , ainsi que le nouveau gouverneur de la baie d'Hudson, qui est venu de la Rivière-Rouge en canot iroquois. Ces bonnes gens nous ont accueillis avec délire; un ministre qui se trouve dans la même brigade que nous s'étant approché pour leur serrer la main, une vieille femme lui a répondu qu’elle aimerait mieux
mourir plutôt que de lui donner la sienne ; qu’il n’essayät pas de la tromper, parce qu’elle savait bien qu’il n'était qu’un bourgeois travesti. Ces pauvres sauvages, bien qu'ils ne voient des Prètres qu'une fois par an, se conservent dans une grande pureté; tous les jours ils récitent leur Chapelet et chantent leurs cantiques. Dans toutes leurs loges, ils ont des livres de prièreset des objets de dévotion. Comme nous devons demeurer iciplusieurs jours, nons nous sommes hâtés de dresser une chapelle. Elle se compose de sept à huit grandes perches recouvertes d’une toile de tente, et des prélarts des barques. De belles estampes coloriées ont été fixées aux parois et tiennent lieu de tableaux; nos couvertures en forment la tenture et les toiles cirées de notre lit les tapis. C’est dans cette petite chapelle improvisée que nous chantons la Messe royale et nos plus beaux cantiques. Dimanche dermer, il y avait réuni devant ce petit oratoire plus de deux cent cinquante personnes, et pareille chose nous attend de l’autre côté du Portage. Chaque jour, à la Sainte Messe, nombre de métis communient, à la grande édification, mais au très-grand regret des sauvages que nous ne pouvons confesser. Ces pauvres gons sont un peu compensés par le bonheur qu'ils ont d'assister à la Sainte Messe, où nous leur faisons chanter nos plus beaux cantiques. Voici un de ces cantiques que j'ai traduit; ilse chante sur l'air : Combien j'a douce souvenance, et a pour objetle Baptême.
Set’en, sel'en, daniosnio Dhaye Adan baonne, itta Mon père, mon père, je désire, Le vieil Adam par sa faute, vu que Ottha yenidhhha waylili, Oslini seken nmonidheb, Afin qu'elle se répande sur moi, Le mal sur moi est venu, Nen'netsi dekaye t’oe, Odblathe, sanyethent, Toi, toi avoir la sainte eau, Beaucoup, toi qui es bon, Sel’en, Set'en, Mon père, Mon père, Sekeniidihanele, Eyi seraneonile, Fasse-la couler sur moi, Gela tu me le pardonnes, Nide. Nide.
Que (optatif), Que.
Saons itta naosthedo Oslino otsihh annes ilia Par ma faute j'ai fait (mal) Le mal j'ai fait, vu que Olane ; dhon sekeitnasdes [purifié, Yedadiye anset’konao ; Continuellement; difficilement jesuis Dieu m'a rejeté ;
Sedsiye ketinan lye wayli; Jesukri, betchele waysli, Mon cœur purifé sera; Jésus-Christ, son frère cadet je serai, Set'en, Sel’en ; Mon père, Mon père, Sekett l'a ibsisevaylili, Seanan ot'iodel odh, On me baptisera, On me pardonnera, Nide. Nide, Que. Que.