‹ Voyage à Londres, et dans ses environsChapitre 10 sur 110 · I.ONDRES · texte numérisé non relu

I.ONDRES

gueux dans ses voyages à l’étranger, supporte sans murmure. On respire surtout ces mauvaises odeurs auprès de JVappingy quartier des matelots, des cordiers, des escrocs et des mendiants; bu de Smithfield, grande place où se tient le marché des bestiaux et où se rassemblent les bouchers et les maquignons- D’un autre côté cette partie de Londres est peuplée d’une foule hétérogène arrivée des diiférens pays, ce qui h’existe pas dans le West End, dont la population est homogène et parement anglaise ou aristocratique , et dont le séjour par excellence est Grospenor-Squaré, une des plus belles places de ce quartier , laquelle ne ressemble pas plus à Tf^hitechapel, extrémité de la cité, qu’une chaumière ne ressemble à un palais, ou que la rue MoulFetard, à Paris, ne ressemble à la Chaussée- d’ An tin ou à la rue de la Paix. Les boutiquiers de West Ënd eux-mêmes singent le privilège; ils parlent un autre jargon que leurs confrères de la Cité; ils saluent d’une autre manière , en penchant la tête sur l’épaule; ils observent les passans à l’aide d’un lorgnon j et marchent en se balançant sur un pied. Quant aux grands seigneurs qui occupent ces palais, on les reconnaît bien vite à leur démarche nonchalante, à la lenteur calculée de leurs pas, à leur physionomie empreinte de sommeil et d’ennui. Quatre chemises par jour et quarante cravates par se-

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raaine^ voilà le nombre confortable fixé par le bon ton de ces élégans, pour réparer Foiitrage des molécules charbonneuses qui tombent de l’air sur leur toilette, où, dans les momens de pluie, elles se déposent comme des gouttes d’encre. Du reste, quant au quartier de Whitechapel, il a de tout tems servi de repaire aux plus mauvais sujets delà capitalej c’est un Botany-Bay volontaire, où se réunissent les brigands de premier et de second ordre, qui vivraient mal à leur aise dans un autre quartier. Là se fait l’éducation des Jeunes voleurs, qui y apprennent dans sa pureté l’argot dont ils devront plus tard se servir. Le même quartier de Whitechapel, aux maisons vieilles et à pignon, aux portes basses et étroites, aux toits hauts et pointus, aux rues petites et tortueuses, renferme encore le beau idéal de l’état de boucher, comme on le voyait au seizième siècle, et tel que Ben Johnson l’a placé dans ses drames.

IXous avons dit que le commerce habitait principalement les quartiers de la Cité. A son extrémité orientale, dans le quartier nommé the Borough ou le Bourg, vous trouvez un foyer secondaire du négoce, une nation adonnée au lucre, au trafic de détail , aux spéculations de seconde main J c’est, en quelque sorte, la succursale de Cheapside, une des rues les plus commerçantes de la Cité, et voisine des grands établissemens ino-

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