PALAIS DE SAINT- JAMES
Une réüexion nous est d’abord venue à l’aspect de Londres, en songeant à la fois au peuple et au monarque; c’est que tout y est disposé pour la commodité du peuple, et qu’on y a peu fait pour celle du prince. En effet, le peuple marche sur
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(le beaux et larges Irottoirs en dalles, les rues sont propres et bien éclairées, l’eau arrive par de secrets conduits à toutes les maisons, jusqu’au deuxième étage; en d’autres termes, la nation, par elle-même ou par l’organe de ses représenians, a eu le bon sens de régler ses propres inléléts avant ceux du gouvernement, qu’elle paie pour lui assurer toute la somme de bien-être qu’elle a droit d’en attendre; elle n’a point abdi- (jué sa propre souveraineté, sa dignité personnelle, et si elle obéit, ce n’est point servilement, par les lois de ses mandataires, toujours prêts à tenir ou a ramener dans le bon chemin les agens responsables du pouvoir exécutif, comme nous le verrons lorsque nous parlerons du Parlement; car ici nous ne louchons encore que la partie matérielle.
Le palais qu’habite le roi d’Angleterre et qu’on appelle le Palais de Saint- James, ou SaintJames^s Palace ) ne ressemble en rien aux résidences royales du continent; il n’y faut point chercher nos Tuileries et noire Louvre, ni le palais impé-^ rial du tzar moscovite, ni celui du monarque autrichien, ni ceux des petits rois italiens, ni même ceux de la plupart des princes allemands; c’est un médiocre édifice, que Henri YlIT fit élever sur les débris d’un ancien hôpital. Charles y fut gardé prisonnier, comme Louis X.Yl au Temple,
LONDRES
et après avoir eu, comme Louis XVI, la tète trancJice, on y montra son corps au peuple. Jacques 11, la reine Anne, Georges P'’ y firent leur résidence habituelle, et Georges IV y reçut le jour; c’est là que le roi régnant Guillaume IV vient donner ses audiences aux ambassadeurs et aux députations des grands corps de l’état, bien qu’il habite ordinairement le château de Windsor, qui, pour les rois d’Angleterre, est le Versailles ou le Saint-Cloud de Londres.
Le Palais de Saint-James est un bâtiment construit en briques, et la partie où se trouvent les appartemens du monarque n’a qu’un étage, mais il est régulier. La façade, sur la rue, n’est qu’une vieille poi'te lourdement fortifiée, et où le style d’architecture moderne se mêle au style gothique. Le côté du parc a meilleure apparence. La salle des gardes est belle et remplie d’armes. La salle voisine est ornée d’une riche tapisserie qu’on dit être l’ouvrage du roi Charles II. Les apparleinens du prince sont tendus en damas cramoisi, comme également les meubles sont recouverts de velours cramoisi, avec des franges en or. La salle de réception l’emporte sur toutes les autres par la grandeur et la magnificence. On y voit le trône avec ses accessoires, de superbes glaces et des talileaux représentant divers sujets de batailles. C’est la mesquinerie de celte résidence royale,
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qui, en la comparant aux somptueux asiles des pauvres, a fait dire à un poète :
The poor the palaces Great Britain brings,
Saint James’s hospital will be for kings;
c’est-à-dire ;
« L’Angleterre loge ses pauvres dans des palais, et ses rois dans un hôpital. »
Cependant, elle vient de modifier un peu ses idées à cet égard : un assez beau palais s’est élevé dans le voisinage de l’ancien, entre le parc de Saint- James et Green-Park. L’arc de triomphe, qui est terminé depuis i83o, est magnifique. Le roi n’avait pas encore pris possession de ce palais en 1834.
A l’est de Saint- James, est le palais dit Carllon- House, dont le grand escalier est admirable, mais dont la façade du coté de Pall-Mall, sans liaison avec le reste de l’édifice, se trouve comme jetée au hasard.
A coté du Palais de Saint- James et près de Carlton House, au bout de Pall-Mall, est la maison de ce fameux Mariborough, qui de simple page du roi Jacques, était devenu maréchal, duc et pair d’Angleterre. On sait que la Grande-Bretagne lui dut la possession de Gibraltar, dont il s empara en i'yo5. Ce favori de la reine Anne, laquelle finit par le congédier à cause de ses in-
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ti’jgues et (le son avarice, avait défait le niiope et trop fougueux maréchal de Tallard ; mais plus lard, celui-ci fut à son tour noblement vengé à Malplaquet par le célèbre Yillai s, dont la journée de Denain est du reste un des plus beaux faits d’armes des armées françaises.
En continuant notre direction vers le sud-est, nous trouvons dans le même voisinage, près de la Tamise, plusieurs autres édifices publics, notamment,
1" L’Amirauté, en anglais, yidmiralty^ bâtiment très-considérable, moitié en briques, moitié en pierres, et qui offre une grande et belle salle ;
2° L’Hôtel des gardes à cheval , ou Horsè-^ Guardsy édifice moderne, construit en pierres, par l’architecte Ware, en i^So;
3° La Trésorerie, ou the Treasury, bâtiment en pierres, lourd et massif, avec trois étages, et dont la façade présente un mélange de plusieurs styles, outre quelques restes de l’ancien palais élevé par le cardinal Wolsey, qui, de fils de boucher, devint grand chancelier du royaume, sous Henri VIH, dont il favorisa toutes les intrigues, servit toutes les passions, mais pour subir plus lard la disgrâce du prince, et mourir au moment d’être jugé comme coupable de haute trahisonj
Et 4” ^6 vieux palais de TVniitehall , cons-