‹ Voyage à Londres, et dans ses environsChapitre 23 sur 110 · I-ONDRF.S · texte numérisé non relu

I-ONDRF.S

triiit sous le règne de Henri III, sur le Lord de la Tamise- palais dont Henri Ylli forma sa résidence, et où Charles T" fut décapité le 3o janvier 1649 .

Si de Whitehall nous remontons un peu vers le sud-ouest, en dépassant le point de la Tamise, ou est jeté le pont de Westminster, nous avons encore à décrire, en édifices civils, le palais du Parlement j près de Tabhaye de Westminstermais comme la représentation nationale sera pour nous l’objet d’une visite spéciale, nous ne l’indiquons ici qu’en passant et qu’afin d’annoncer que nous n’omettrons point de parler de ce palais, sur lequel, matériellement parlant, nous n’aurons plus guère, d’ailleurs, à promener que le burin de l’histoire, puisque, dans une nuit de la mi-octobre 1834, ^ été en grande partie la proie des

flammes.

Descendant de Westminster et du palais du Parlement vers la Cité, pour chercher les autres monumens civils de Londres, nous passons devant l’église de Saint-Paul, qui, comme l’abbaye de Westminster, aura son tour d’examen avec les autres édifices religieux, et nous allons trouver d abord la Banque et la Bourse, puis Mansion- House, la Douane et la Tour de Londres.

LONDRIiS.

BANQUE d’âNGLETEBRE.

Le grand dépôt de la richesse monétaire anglaise, décoré du titre de Banque d’Angletej’re, ou Bank of En gland, a été construit en 1694, sur les plans de l’écossais Paterson. L’arcliiteci ure en est à runisson avec la nature de l’établissement, qui est de payer et d’administrer la dette publique pour le gouvernement. Les idées d’opulence, de foi ce et de sûreté y ont été merveilleusement combinées pour l’utilité générale. Le dehors présente une sorte de copie du temple de Ténus, à Tivoli, près de Pvome, et la monotone uniformité de cette immense ligne de murailles qui entoure l’édifice^ a été rachetée par des entrées sous de grandes arches, avec des colonnes. Le front, ou côté du sud, a 365 pieds de longueur, le côté de l’oLievSt 44*^? celui du nord et celui de l’est 245. Dans l’enceinte, sont neuf cours ouvertes, plusieurs bureaux publics et une vaste rotonde ou salle octogone, dans laquelle se rassemblent les individus de toutes les nations et de toutes les conditions, qui veulent acheter des rentes. La principale entrée est un portique supporté par huit colonnes supportant elles -mêmes d’autres ornemens et une petite tour. Le vestibule a l’air d’un mausolée, et ses colonnes, très - massives, rappellent le PropyVe d’Athènes.

LONDRKS, /^c)

Dans la salle des paiemens, ou pa^-hall, se voit une horloge très- curieuse, (jui montre l’heure sur seize cadrans différens placés dans seize bureaux, et qui sonne les heures et les quarts. La communication entre l’horloge et les cadrans est établie par des verges de cuivre de plus de 'yoo pieds de longueur. Le plus gros poids de l’horloge pèse 35o livres, et l’horloge est montée deux fois par semaine. Les aiguilles, mues par une seule mécanique, sont toujours parfaitement d’accord. Un gouverneur, un sous-gouverneur et vingtquatre directeurs élus tous les ans par les propriétaires ou actionnaires, sont chargés de la direction des affaires de la banque j ils ne peuvent^ non plus que leurs employés, faire aucune espèce de commerce en marchandises, ni la moindre spéculation sur les fonds publics- mais il leur est permis de négocier des lettres de change, des lingots et des matières d’or et d’argent, d’escompter les billets des banquiers et des ncgocians, et de prêter des fonds sur hypothèques. L’intérêt qu’ils retiennent est de 4 p. o/o.

Le capital de la banque d’Angleterre est de près de 10,000,000 de livres sterling, ou 875,000,000 de francs. Un acte du Parlement accorde annuellement a la banque^ pour la manipulation des fonds publics, 34o livres sterling par million, et les propriétaires reçoivent environ 8o5 livres ster-

LONDRES

ling. Ces profits sont en compensation des soins que prend la banque pour la perception des impôts, le paiement de la dette publique, celui des ordonnances du trésor, et l’escompte des billets du commerce au taux de 4 P* o/o; car la banque d’Angleterre, comme la banque de France, est à la fois une caisse d’escompte et une banque de circulation; c’est un instrument du pouvoir britannique, un agent chargé de tenir ses livres, de distribuer les dividendes aux rentiers; un agent comptable et payé pour s’acquitter de cet emploi; ses privilèges sont temporaires. La banque d’Angleterre a aussi dans ses attributions l’émission des monnaies et des valeurs monétaires; ce qui n’existe point pour la banque de France, puisqu’il y a une administration des monnaies pour cela.

La banque d’Angleterre a en émission des billets de toutes valeurs; on les appelle bank-notes; mais une loi récente l’oblige à retirer ces petites valeurs, à cause des inconvéniens qu’elles entraînent et des nombreuses falsifications auxquelles elles ont donné lieu.

La banque de France, qui, en remplacement de la caisse d’escompte et des comptes courans, fut fondée en 1800, par Napoléon (1), avec pri-

( I ) Arrêté des consuls de la république française, du 28 nivôse an 8.

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