HOTEL DE VILLE DE LONDRES
Ce qu’on appelle Hôtel-de-Yille, ou Mansion- House, ou Palais du Lord-Maire, est un vieux bâtiment occupé par le premier magistrat de Londres, dans la Cité, où il fut construit en 1734, car auparavant le lord-maire n’y avait pas de résidence fixe. Ce bâtiment, en pierres de taille de Portland, est d’une ferme oblonguc, d’une architecture un peu lourde, avec un perron assez noble, conduisant au portique principal, décoré de six colonnes d’ordre corinthien, qui s’élancent avec graire au-dessous d’un soubassement massif d’or-
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di’G rustique, ayant de chaque côté deux ailes avec pilastres. Sur le IVonion est un emblème de la puissance industrielle de Londres. L’édifice, dans son ensemble, présente deux rangs de larges fenêtres surmontés d’un allique terminé par une Jjalustrade. L’intérieur a plusieurs belles salles, mais toutes sont un peu obscures. L’une d’elles contient le lit de parade, qui a conté 3,ooo guinées, ou ySjOOo fi-ancs.
C’est dans ce vaste hôtel que le lord-maire, dont nous ferons bientôt connaître les fonctions, donne souvent à dîner aux aldernien et aux shérifs, ses difïérens adjoints. Il donne aussi, tous les ans, un grand repas d’été, auquel assistent les ministres, line bonne partie de la noblesse et les principaux citoyens. En de pareilles occasions, il est d’usage de servir sur les tables d’énormes pièces de viande et une étonnante profusion de mets en tout genre. La Cité alloue à son premier magistrat, pour ses frais de représentation et l’exercice de sa charge, une somme annuelle de 8,000 livres sterling, ou 200,000 francs.
L’entrée en fonctions du lord-maire se fait avec une grande solennité; il est complimenté par la corporation de la Cité, et après une promenade ou procession sur la Tamise, il donne son grand dîner de réception, auquel assistent plus déraillé conviés des deux sexes. La dépense de ce festin
(]’apparat est d’environ 3,ooo livres sterling, on 70,000 francs.
Un hôtel qui se rattache à Mansioii-House est Gui Idhall : c’ est là que se rassemblent les Jiabitans de la Cité, pour élire ses représenta ns au Parlement, son lord-maire et les autres magistrats municipaux. Là encore se tiennent les cours de justice municipale, et se donnent les fêtes de la ville, dont la plus splendide, qui eut lieu en 1814, en l’honneur et en présence des souverains alliés, coûta 20,000 livres sterling, ou 5oo,ooo francs. On y vit figurer l’empereur Alexandre entre l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse, le maréchal Blucher entre le duc de Wellington et l’hetman des cosaques. On fit d’abondantes libations de Bordeaux et de Champagne au triomphe de la sainte-alliance; et, dans le pays classique de la liberté, on resserra les noeuds de l’oppression des peuples, tandis que le grand capitaine, qui avait été si long-tems le défenseur naturel de ceux-ci, et dont, pour nous servir de l’expression du poète, on voyait
I^e ses pieds la poussière
Empreinte encor sur le bandeau des rois,
allait expier sur le rocher de Sainte-Hélène le crime de les avoir cent fois vaincus et traînés à la remorcjue de sa gloire.
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Guildhall fut bâti cil par souscriptions
volontaires^ on mit vingt ans à l’achever. Il souffrit beaucoup du terrible incendie de 1666, qui n’en laissa que les murailles; mais il fut immédiatement réparé. On y a, en 1789, ajouté une nouvelle façade, mélange bizarre des architectui'es grecque, orientale et gothique. La grande salle a i53 pieds de long, 48 de large, et 55 pieds de hauteur jusqu’au toit, qui est plat et divisé en panneaux; elle peut contenir -7,000 personnes. On y voit gravée la réponse énergique d’un lordmaire au roi, en 1770, au sujet des empiétemens de la couronne sur les franchises de la Cité, qui, à toutes les époques, ont su résister aux diverses tentatives du pouvoir.
Deux énormes statues en bois, l’une tenant un long bâton et l’autre un haubert, se montrent sur leurs piédestaux à une des extrémités de la salle; elles sont connues sous les noms de Gog et de Magog, et passent pour être celles d’un ancien Breton et d’un ancien Saxon. Une opinion superstitieuse a fait long-tems dépendre de ces deux blocs de bois le destin des libertés municipales de Londres; un souvenir respectueux semble attaché à leur conservation, et le téméraire qui oserait publiquement porter une main sacrilège sur ces dieux vermoulus, pourrait bien encore le payer de la vie, car le peuple de Londres a le geste brutal.
lolNüiu:s.
Double palladium des brelones franchises.
Contre tous les dangers te protège Albion ;
Jadis Enée, au sein des flammes d’Ilion,
Eut pour les pe'nates d’Anchises Moins de valeur jalouse et de religion;
Lui qui, transfuge de Perganie,
Son père sur le dos et son fils par la main,
Sauva ses dieux d'argile, aux dépens de sa femm«,
Que pour eux il laissa s’égarer en chemin.
Des souvenirs historiques nous détachent maintenant de ces croyances vulgaires, et nous appellent à la Tour de Londres, où nous allons nous rendre.
Indiquons toutefois, en passant, l’Môtel dos Postes, en anglais the general Post-Ojjîce, dans Lombard - Street, hôtel d’une construction récente, et d’où partent les facteurs, qui, une clochette à la main, avertissent de leur passage dans les différentes rues qu’ils ont à parcourir, et recueillent lesTettres déposées aux petits bureaux i<^^Q\é?ita^o-pennj-post office , et celles que, moyennant une légère rétribution, leur confient les particuliers qui ne veulent pas aller eux-mêmes au grand bureau.
Indiquons également la Colonne, autrement dite le Monument , dans Fish-street, près du pont de Londres, laquelle fut élevée en 1671, par ordre du Parlement, sous la diiectioii du célèbre architecte Christophe Wren, en mémoire du terrible incendie de 166G, qui commença à deux