GG
sigisbcsj et sur le dernier plan, les membres dont les voix ne sont destinées qu’à faire nombre, qui exécutent avec obéissance les évolutions que le pouvoir en exige ; c’est la partie optimiste ou com-» plaisante du Parlement.
A droite et en face des ministres se montrent les forces de l’opposition présentant sur le premier banc les gros bonnets ou chefs des diverses nuances contraires au pouvoir, et derrière eux les escarmoLicheurs. Les bancs se terminent en demi cercle et vont s’unii' jusqu’à ceux qui louchent le fauteuil même du président. Là se rencontrent, comme sur un terrain neutre, les membres des deux camps; là s’échangent les politessses, les bons mots et les prises de tabac. C’est l’endroit où se tiennent les hommes douteux ou timorés qui se réservent ainsi l’avantage de virer de bord en passant tour-à-tour d’un parti à l’autre, suivant que leur intérêt les y porte. Partout, dans cette enceinte politique, on aperçoit les graves législateurs nonchalamment étendus sur leurs bancs, les uns frappant de leurs bottes crottées le tapis de la salle, d’autres méditant ce qu’ils se proposent de débiter, car ici nul ne se pi ésente avec une harangue écrite; tout le monde y improvise; un petit nombre se livrent sansnullegéne aux douceursdu sommeil; lousont le chapeau sur la tcie, ne sc découvrant que pour parler, et aucun ne porte de costume, excepté le
LOiNüIlES.
] Gy
président, affublé d’une ample robe qui ressemble à celle d’un juge, et accablé sous le faix de la perruque à la Louis XI Y. A droite et à gauche de la porte, d’entrée sont deux tribunes en gradins, réservées pour les pairs et leurs fils, pour les messagers d’état, et pour les étrangers de distinction auxquels le piésident veut bien permettre d’assister à la séance, dans l’enceinte même de la salle.
Après que le président a ouvert la séance, un long rouleau de papier, presque analogue à une pièce d’étolfe, se développe sur la table; c’est une pétition. Elle est analysée, discutée, puis jetée sous la table, vers le coin où sont assis en robe noireles deux clercs ou secrétaires de la chambre. Dès ce moment il n’en est plus question, et, comme l’observe un recueil, le Political primer, c’est pour elle le goulTre de l’oubli.
Les débats commencent par la petite guerre entre les troupes légères de la cliambre; une lueur incertaine favorise le développement de leur faconde, et prête un éclat douteux à leurs paroles.. Enfin un vigoureux athlète paraît : c’est le savant et rude Ecossais Makintosli. Il se lève et parle de sa place, car ici pas de tribune comme à notre cliandare des députés; il déroule les Ilots de son impétueuse et vaste érudition; il s’adresse au président au lieu de parler à la chambre ou à un adversaire; car le président est l’être collectil qui
LOÎ^DRES.
paraît destiné seul à réunir, comme un miroir ardent, les rayons convergens des astres parlementaires de la chambre des Communes; il en est de même à la chambre haute. A chaque période de la péroraison du député calédonien, une foule agitée interrompt l’orateur par un murmure approbateur et presque analogue au bruit d’une crécelle, où l’on ne distingue tout au plus que le son de la lettre R, effet de la répétition du mot hearj qui signifie écoutez, et qui répond au bravo français. Cinq ou six membres assoupis se réveillent à ce bruit, et, se frottant les yeux, s’unissent à ces applaudisseinens. M. Makintosh, qui fut d’abord médecin, et qui est aujourd’hui commissaire des affaires de Tlnde, passe pour le plus philosophe et le plus instruit de tous les hommes du Parlement.
Cet orateur est remplacé par un autre , dont l’éloquence est moins austère et moins âpre; c’est un discoureur disert et prolixe, mais élégant; c’est M. Dcnman; habitué à la subtilité des plaidoieries, il a conservé sa faconde heureuse et son intègre urbanité; ses argumens se suivent avec méthode; mais en général ils n’ont point d’énergie. C’est lui cependant, qui, dans le procès de la reine Caroline, avait osé comparer son royal époux à un Caligula.
M. Wyne, à son tour, débite d’une voix grêle,