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INSTITUTIONS PHILAKTKOPIQUES ET RELIGIEUSES

La Grande-Bretagne est la terre classique des associationsj c’est le pays ([ui en offre le plus et qui en retire le plus de fruit. Nulle part, en effet, ne fut porté aussi loin cet esprit d’association qui favorise les entreprises utiles et prête ainsi au gouvernement une force incalculable, par les progrès qu’il prépare et les avantages qu’il assure. Les travaux exécutés par quelques sociétés anglaises ne s’obtiennent en d’autres pays, par l’action directe de fautorité, que lentement, à gi*ands Irais, souvent encore d’une manière in complète, soit qu’ils cessent d’être protégés par les administrateurs qui les avaient ordonnés, ou qu’ils ne soient plus surveillés par l’ingénieur qui les avaient conçus et commencés. En France, le pouvoir avait usurpé jusqu’ici sans utilité le droit de tout fairej mais, à l’exemple de l’Angleterre, il sent enfin les avantages du développement facultatif de l’industrie, et il le favorise, à l’instar du gouvernement britannique. C’est un immense progrès dont nous sommes redevables à la marche de la civilisation, et surtout à la révo-

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lution de juillet i83o, si féconde en résultats positifs pour le bien -être des nations.

Un des grands caractères moraux de la métropole anglaise est dans cette multitude d’institutions plnlantropifpies et religieuses qui s’y sont développées. En eflbt , la charité se montre ici sous toutes les formes et se plie à toutes les exigeances de la misère humaine. Elle prend soin de l’enfance, essaie d’instruire l’ignorant, et de ramener à la vertu l’homme égaré; le vieillard, l’aveugle, le muet, l’orphelin, sont les objets de sa sollicitude; elle récompense les serviteurs zélés, elle propage la morale, elle éclaire l’artisan sur les procédés de son art, elle pénètre dans les prisons, avec l’espoir d’en améliorer le régime, et de réveiller, dans les coeurs endurcis par le crime, le sentiment du bien et du juste; enfin, les animaux eux-mêmes attirent sa pitié.

Parlons d’abord des institutions philantropiques ou charitables.

Outre les deux magnifiques hôpitaux entretenus pour les invalides, aux frais de l’état, l’un à Greenwich, pour les marins, l’autre à Chelsea, pour les soldats de terre, édifices auxquels nous reviendrons tout-à-l’heure , on compte à Londres plus de vingt hôpitaux ou lieux d’asiles consacrés aux malades et aux infirmes ; plus de cent maisons de secours pour les vieillards et les fem-

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mes enceintes; près de vingt établissemens charitables pour les indigens des deux sexes; environ trente pharmacies pour les distributions gratuites de médicamens aux nécessiteux; trois colleges gratuits; quarante-cinq écoles dotées pour l’éducation de quatre à cinq mille enfans des deux sexes; dix-sept autres écoles pour les orphelins; deux cent trente-sept écoles spéciales entretenues par les paroisses, au moyen de dons volontaires, pour vêtir et éduquer onze mille garçons ou filles, indépendamment de maisons de travail pour les pauvres sans asile. Les compagnies philantropiques de Londres distribuent annuellement près de deux millions de francs en charités publiques ou privées, et les distributions en tout genre, de la métropole, dépassent annuellement vingt-deux millions de francs.

La plupart des hôpitaux ont eu pour fondateurs des particuliers généreux; quelques-uns ont des revenus à perpétuité, et les autres sont alimentés par des souscriptions volontaires. Les salles sont propres et saines, la nourriture bonne et copieuse, les soins nombreux et empressés. Désignons rapidement quelques-uns de ces établissemens.

L’hôpital de Saint- Bartliéiemi, qui fut, dit-on, fondé vers l’an 1102, par un certain Rahère, ménestrel ou bouffon de Henri I", reçoit les personnes indigènes, lilessées par accident, et montre

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au haut de son grand escalier le tableau représentant saint Barlliélemi qui lient le couteau avec lequel il fut écorché vif sans se plaindre, raison pour laquelle sans doute il fut canonisé. Cet établissement, qui se trouve dans West-Sinitlifiehls, a pour rival, dans Southwark, l’hôpital Saint- Thomas-l’Incrédule, fondé en 1 20'y par un prieur de Bermondsey (i), et qui a près de deux cents lits pour les estropiés et les blessés. Dans le même quartier est l’hôpital de Guy, doté de quatre cents lits, avec une aile de bâtiment séparée pour les aliénés incurables. Un philantrope, du nom de Guy, légua, en mourant, toute sa fortune, qui était immense, â cet établissement, possesseur aujourd’hui de biens-fonds qui lui assurent un grand revenu. Près de ce quartier encore, mais dans celui de Lambeth, est l’hôpital de Bethléem, qui ressemble plutôt à un palais qu’à un hospice, et dont la construction ne remonte qu’à 18125 il ne renferme que des aliénés. Au même quartier de Lambeth, on trouve ^ jisile, destiné aux jeunes filles orphelines, de neuf à douze ans, que l’on sauve ainsi de la prostitution, dans une cité où elle est si flagrante.

L’hôpital des Enfans-Trouvés, dans Guildford-

(1) Village près Je Londres.

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