‹ Voyage à Londres, et dans ses environsChapitre 75 sur 110 · I.ONDllES · texte numérisé non relu

I.ONDllES

slieet (Fountlllïig hospital), entretient quatre eei»ts enfans, qui en sortent, les garçons à treize ans et les filles à quatorze, pour être mis en apprentissage. L’hospice des Sourds et Muets, dans Ivent-Load (Deaf and Dumb asylura), ne date que de iSo'^. Dans Blackfriars-Road, l’hôpital de la Madeleine est le refuge des femmes de mauvaise vie ou des jeunes filles séduites qui ont été abandonnées par leurs parens, et qui, repentantes, retrouvent plus tard à se placer comme femmes de chambre ou domestiques, modistes, couturières, ou même institutrices, selon l’éducation qu’elles peuvent avoir reçue. Toutes ces filles ou femmes, au nondire de quatre-vingts, se réunissent le dimanche à la chapelle de l’hospice, et chantent les psaumes avec une mélodie ravissante.

DansOld-Street-Road, l’hôpital de Saint-Luc, qui sert d’asile aux aliénés, est un vaste édifice à ti’ois étages, indépendamment du rez-de-chaussée et des mansardesj il a place pour 3oo malades, cl les deux sexes habitent deux ailes différentes. H V guérit plus de femmes que d’hommes, et il en sort annuellement un tiers de guéris. Saint-Luc est le pendant de Bethléem dans Lambeth, dont nous avons parlé plus haut, et sur lequel il convient de revenir un instant.

Des i5o hôpitaux ou infir mènes de Londres,^ BetViléem ou liedlam est, sans contiedit, le plus

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curieux. On y renferme non le délire, Tidiotisnie, l’aberration mentale, mais bien l’atrocitéliumaine lorsqu’elle a dépassé toutes les limites de la vraisemblance. Soyez original, bizarre dans le crime, les juges et le jury vous déclareront monomane, et vous serez pour votre vie retenu à Bedlam. Là sont les monstres de cruauté, de lubricité ou d’infamie, qui ne doivent qu’à la singularitéet à l’excès de leurs vices la conservation de leur existence. Là vous trouverez un mari, père de quatorze eufans, qui a poignardé sa femme; ses chemises et ses mouchoirs ne lui suffisent pas pour essuyer ses pleurs continuels. Près de lui, vous apercevez un Italien qui a égorge sa fille après l’avoir violée; il est toujours dans un désespoir satanique, et c’est plutôt une bête féroce qu’un homme. Plus loin vous en voyez un autre qui, malgré sa douceur apparente, mit son plaisir à égoi ger de petits enfans, comme un jeune chat enfonce avec volupté ses griffes dans le ventre de la souris. Ailleurs est un incendiaire qui brûla un temple, parce que, selon sa croyance anabaptiste, une cathédrale était un lieu de perdition. Enfin, vous découvrez, dans une autre cour, un voyant qui converse régulièrement et à son gré avec Michel Ange et Moïse, dine avec Messaline, Hermione ou Sémiramis; peint les spectres, les évoque et les tient sous sou coiniiKindement .

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iN’oubl ions pas de citer encore la maison de correction de Bridewell, dont il a cte (|ue6tion à 1 ai ticle des prisons, maison oli l’on fait travaillei les fai Mcans repris de justice; citons également le bel et vaste hôpital de Londres (i ), dans White chapel road pour les malades et les blessés; et l Hôpital Saint - Georges, qui a la racnie destination, dans liyde-Park corner. Enfin, nommons i° I Hôpital de Greenwich, situé sur la rive droite de la Tamise, à cinq milles au-dessous de Londres, et en trenant 3,ooo invalides internes et plus de 3o,ooo externes^ 20 l’Hôpital deChelsea, sur la rive gauche du même fleuve, à un mille au-dessus de Londres, depuis Hyde-Park corner, et enlrenant 4oo pensionnaires internes. Nous reparlerons de ces deux établissemens au chapitre des environs de Londres.

Parmi les nombreux établissemens de charité, nous indiquerons, 1° la Société royale d’humanité, fondée en 1774? pour sauver les noyés; 2° des Sociétés des maîtres de pension en faveur des veuves et des orphelins; 3“ la Société pour la suppression de la mendicité, qui secourt les mendians et ramène au devoir les fainéans; les Maisons de charité maconiques, l’une pour les garçons, l’autre pour les filles; 5^^ la Société fondée dans la vue de

(1) Il admet par année jusqu’à 8,000 malades.

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soulager et de faire élargir les personnes détenues pour petites dettes; 6® les Sociétés particulières destinées à secourir, les unes les Ecossais, d’autres les Irlandais, d’autres les Gallois, et d’autres les Anglais proprement dits; 7° la Corporation pour le soulagement des veuves et enfans des ministres protestans; 8“ celle de secoui'S envers les étrangers; 9“ les Ijanques d’épargne, au nombre de plus de cent; jo“ l’école des habits bleus (blue coat school ) et l’école des habits verts ( green coat school); la première est un établissement magnifique sous le rapport moral et intellectuel; 1 l’école de Westminster (Westminster school), où les riches font élever leurs enfans; 12® enfin, la Société pour la propagation des connaissances utiles (diffusion of useful knowledge), fondée en 182^, sous le patronage du célèbre Brougham, naguère lord-chancelier d’Angleterre, et, de droit, à ce titre, alors président de la chambre des Pairs. Cette société publie des traités de sciences et de bons livres et un journal comme notre Société des méthodes à Paris.

En étendant le cercle des écoles de manière à embrasser toute l’Angleterre, on y trouve, d’après un relevé fait en 1882, près de 20,000 écoles fréquentées par i,3üO,ooo enfans, dont 35o, 000 suivent lesécoles du dimanche au nombre de 5,162.

En France, sur 82 millions d’habilans, il y a

3,142,375 individus du sexe masculin, de six à seize ans, qui s’instruisent : un tiers à peu près de ce dernier nombre fréquente les écoles : savoir : 11,114 ^6S collèges royaux; 29,786 les collèges communaux; 9, 232 les institutions ; 20,000 les pensions, et i,244j^79 les écoles primaires.

La moyenne des enfans qui fréquentent les écoles est, par rapport à la population en Angleterre,

de I sur 11 habitans, et en France, de 1 sur 20.

Elle est aux Etats-Unis d’Amérique, de 1 sur 4 J au pays de Bade et dans le FVurtemberg, de 1 sur 6; en Prusse, de 1 sur 7; en Bavière, de 1 sur 10; en Autriche, de 1 sur 1 3; en Irlande, de 1 sur 19; en Pologne, de i sur 78; en Portugal, de 1 sur 88; et en Russie, de 1 sur 867.

Si des associations philantropiques nous passons aux associations religieuses, nous en trouvons le nombre encore bien plus considérable; car un but religieux se rattache constamment aux différentes sociétés formées dans une vue d’instruction, de charité ou de philantropie générale. On compte à Londres plus de quarante assemblées de ce geni’e.

ISous ne citerons que les suivantes : Société pour la propagation du christianisme, fondée en 1699; Société pour la propagation de l’Evangile dans les pays étrangers; Société missionnaire de Londres; Société du port de Londres, qui a pour objet principal (le iépandre l’instruction parmi les marins

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