LAINES
Les laines importées en Angleterre sont évaluées à une moyenne de 16 millions de livres pesant. Les exportations des étoffes de laine fabriquées en Angleterre dépassent une valeur déclarée de 6 millions de livres sterling.
On sait que la laine, cette fourrure qui couvre le corps des animaux de la race ovine, se divise en deux classes principales, la laine courte et la laine longue. La première, employée dans la manufacture des draps; la seconde, dans la fa-
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brique des bas et tricots, et des étoffes dites de poil de chèvre. Les laines les plus estimées ou les plus fines viennent d’Espagne ou de Saxe; néanmoins depuis quelque tems, l’introduction des troupeaux mérinos dans le midi de la France a permis aux manufacturiers français de se passer avec avantage des laines d’Espagne et d’Allemagne.
En ce qui touche l’Angleterre, cette puissance achète aujourd’hui pour plus de 32 millions de laines étrangères, et après les avoir confectionnées en étoffes de tous genres, elle les répand avec profusion dans ses colonies. Sa fabrication en ce genre s’élève à une valeur moyenne de 20 millions de livres sterling ou 000 raillions de francs, fabrication qui emploie environ 40O5OOO personnes. Ce chiffre de 5oo millions de francs, qui représente le produit total des manufactures de laines dans la Grande-Bretagne, se compose d’environ 200 millions de francs pour la valeur moyenne des exportations, et de 3oo millions pour la valeur de la consommation de ces objets dans toute l’étendue du royaume-uni de la Grande-Bretagne. Les consommations en draperies de laines de toutes espèces sont a peu près égales en France et en Angleterre; mais l’Angleterre exporte pour 200 millions de francs, lorsque l’exportation de la France ne s’élève qu’à 25 millions de francs, quoique l’in-
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(lustrie manufacturière de la France aille au moins de pair avec l’industrie britannique. Cette énorme disproportion paraît tenir à notre système prohibitif de douane. 11 est vrai que la France a 32 millions d’individus à vêtir chez elle, tandis que la Grande-Bretagne n’en a que 23 millions; mais la France n’a que très-peu de colonies et conséquemment peu d’exportations à faire en ce genre, pendant que les îles britanniques, au contraire, ont d’immenses colonies et des débouchés analogues.
Quoi qu’il en soit, la consommation intérieure en France des différentes espèces de draps fabriqués, présente annuellement une valeur moyenne de 290 raillions de francs.
Si des cotons, des laines et des soieries nous passons à une autre branche d’industrie manufacturière de l’Angleterre, le sucre, par exemple, en y joignant le thé et le café, nous n’y trouvons pas moins à occuper les méditations de l’économiste.