‹ Voyage à ma fenetreChapitre 21 sur 54 · LE ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

LE ROSSIGNOL

Laisse-moi clianler selon mon cœur; conlento-loi do marquer la mesure par ton coucou , coucou , coucou.

LE coicor.

Je suis un artiste et non un ciief d'orchestre. Tout le monde me juge sublime parce que je suis simple, naturel, mesuré, parce que je ne détonne jamais.

LE R0SSIG\0L.

Mais moi je suis varié, hardi, tendre, éclatant comme l'inspiration.

LE coucou.

Je sais borner mon génie ; je dis peu de choses, mais elles ont du poids, de l'ordre, et on les retient.

LE ROSSIGXOL.

Le génie n'a pas de bornes; il est toujours nouveau et toujours imprévu. J'enchante les forêts et le coucou les al triste. Il est si bien attaché à la leçon de sa mère qu'il n'oserait hasarder un ton inconnu à son trisaïeul. Moi , je ne connais point de maîtres , je me joue des règles. Quelle comparaison de sa fastidieuse méthode avec ma folle liberté !

(Le coucou voulait discuter; mais le rossignol se remit i\ chanter, car ce n'est pas à l'aiTil de l'amour et de la poésie qu'on s'amuse aux épines de la critique. Cependant, le coucou , qui était un peu normand , décida le rossignol à porter la cause devant un tribunal.)

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