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V oilà l'histoire de celte autre Madeleine à qui il sera beaucoup pardonné. Qu'est-il devenu, lui? C'est un des amoureux de ma voisine. C'est lui-même qui m'a dit cette longue agonie d'une pauvre affolée qui avait cru que l'amour a un lendemain !
CE QU 0\ ENTEXD PAR LA FEXÈTRE,
On eiitond l'orgue de barbarie, — l'ogre de barbarie, eoninie disent les portières; — on entend les groynenienis de l'omnibus, les gaietés de la musique militaire, les cris enroués de Paris, les divagations du vent; mais ce n'est pas là ce qu'on cnlend, car le bruit de tous les jours, on ne l'enlend pas.
Ce qu'on entend par la fenêtre, ce sont les menus propos du voisinage , les secrets intimes de la grande ville, les conmiérages de celle-ci et de celle-là, les confidences de l'un et de l'autre.
Ainsi, tout à l'beure , j'ai sur))ris entre deux bouffées de cigare ce duo spirituel.
— Ab ! te voilà !
— Est-ce encore moi? ,]o n'en sais rien. Mon clier, je me suis tant eniiujé depuis un mois (pi(> j'ai failli nie iiiaiier.
— El moi, je nie suis tant marié dipiiis un mois cpie j'ai failli m'cnnuyer.
— Moi, je me serais marié si je n'avais été à la (,'()niédie-l''iaii-
VOYAGE A MA FENETRE. Ki"
caise voir jouer je ne sais plus quoi. Il y a là-dedans une comédienne charmante qui m'a foit tourner la lèle vers le treizième arrondissement.
— Où en es-tu avec elle ?
— Je lui ai écrit ceci :
Madame,
Quand on vous voit , on vous aime ; quand on vous aime, où vous l'oit-on ?
— Et qu'a-t-elle répondu?
Monsieur .
L amour étant aveugle, on ne me voit pas!
— Ce laconisme me rappelle celte femme célèbre qui écrivait à son amant , au delà des Alpes :
Je t'aime!
L'amant, pour toute réponse, écrivit sous ces deux mois : Fait double entre nous.
— N'as-tu rien répliqué à la comédienne ?
— Je suis allé chez elle. Une place forte. . .
— Occupée par l'ennemi ?
— Une femme d'esprit, qui ne prend l'amant qu'elle n'a pas que pour se débarrasser de celui qu'elle a. \ous nous sonnnes enlevés avant-hier après le spectacle.
— Ah! mon ami, garde-toi bien des comédiennes. Elles ont toujours un amant inconnu qui trompe tous les autres. — Cet amant, c'est le public. — Au public les plus doux sourires, — les coquetteries les plus chatoyantes, — lout l'cspril el tout le charme !
— Le sort en est jeté !
El moi je dis : Bon voyage !
KiS VOVAC.K A MA rKXKTISK
D'oîi vient vv duo miloclii-iiN cliaiilé par deux époux assortis?
— Tu finiras eoiniiio Ion père !
— Mon père est mort t'oit à son aise, avec de quoi acheter sa dernière tisane — de Clianipaync.
— II n'avait pas seulement de quoi se faire enterrer !
— C'est le meilleur moyen de ne pas être enterré vif
— Aussi on l'a enterré comme un chien.
— Comme un chien de chrétien. Je veux finir comme lui — et je veux — ma douce femme — qu'on inscrive sur mon tomheau ces helles paroles d'un ancien : « Je suis venu sur la terre '■ nu, et je suis retourné nu dans la terre. .\ quoi bon me serais-jc !' inquiété dans la vie , puisque je savais (lu'on arrive nu à la fin " de toutes choses. >'
— S'il n'y a pas de quoi perdre la tète !
— Oui, ma douce femme, je veux finir ainsi, et je ne veux pas (pi'on inscrive sur mon monument , comme sur celui de cet enragé conjoint du cimetière Montmartre : « J'attends ma femme! " avec deux mains en argent, dont l'une éfreinl et attire l'autre.
Mais quelle est celte chanson qui me vient |)ar une fenêtre du cabaret"' C'est mon peintre d'enseigne (pii trempe un |)en son pinceau dans la pourpre des vendanges.
Il chante comme s'il était engagé à TOpéia