‹ Voyage à MadagascarChapitre 17 sur 91 · VILLAGE DES ENVIRONS DE TANANARIVE · texte numérisé non relu

VILLAGE DES ENVIRONS DE TANANARIVE

du froid el se renferment dans leurs maisons pour éviter les brouillards de la saison sèche. Il faut des circonstances graves pour leur faire quitter le ln^is. Les guides s'étonnent de notre curiosité. Elle est maudite par les hommes qui grelottent dans leurs lamba humides.

liés l'aube nous quittons Ankadivavala (1 750 mètres). Gravissant pendant deux heures des rampes douces, nous nous élevons peu à peu sur les premiers épaulements du massif, puis nous trouvons sur notre roule les arêtes des contreforts qui constituent aux grands sommets de l'Ankaratra un piédestal gigantesque, ce qui nous oblige à une série interminable de montées et de descentes. Le brouillard est devenu intense. Ici l'herbe est jaunie par les premiers froids, çà cl là un chétif aloès croit sur un lerlre gazonné, il prend dans la brume des formes étranges. Quelques flaques d'eau croupissent dans des ravins sans issues, l'as un oiseau, pas un insecte, nul bruit dans ces solitudes. Mais nous avons franchi les mamelons rapprochés, nous atteignons maintenant les versants des grands monts. A 10 heures, au sortir du brouillard, le faite de l'Ambohijamba se découpe tout à coup devant nous dans un ciel sans nuages. En quelques minutes, la cime en esl atteinte (2160 m.), il ne nous reste plus qu'à contourner

le Tsiafakafo pour aborder enfin la rampe plus rapide qui nous mènera sur le Tsiafajavona. Encore un effort sur les roches glissantes qui apparaissent maintenant par places. Nous sommes au sommet (2 640 m.); il est 12 heures 30. La vue devrait s'étendre fort loin de l'endroit où nous sommes, si le géant de l'Ankaratra, ainsi que son nom l'indique, n'avait pas, pour les gens de la plaine, son sommet perdu dans la brume. Sur nos tètes, un soleil radieux; à nos pieds, le cùnc émerge du brouillard et des petits nuages blancs, qui se pelotonnent et s'accrochent aux flancs de la montagne, dérobent à nos regards les cimes avoisinanles. Cependant, vers l'ouest, à travers une déchirure de ce voile nuageux, nous voyons scintiller au loin la nappe argentée du lac Ilasy. Avant de quitter le Tsiafajavona, deux amas de pierres attirent notre attention, nous voulons nous en approcher, mais les guides viennent nous supplier de n'en rien faire. Les tombeaux des Vazimba sont fady, il est défendu d'y toucher et personne ne veut nous renseigner sur leur origine.

Le mot fady joue un grand rôle à Madagascar; il détermine ce qui est sacré, défendu, inviolable ou frappé d'interdit ; ce qualificatif, absolument analogue au tabou des Océaniens, s'applique aussi bien aux personnes qu'aux choses; soit à tout jamais, soit au contraire pour un temps limité. Selon que le fady est bon ou mauvais, l'individu qui en est frappé bénéficie d'un caractère sacré, n'est pas astreint à une loi du royaume, est exempt de certaines obligations ou bien au contraire voit toujours peser sur lui une destinée malheureuse, reste soumis toute sa vie à une pénible tâche ou doit supporter dans l'avenir une privation quelconque. C'est le fady originel; il peut être aussi accidentel. Prononcé alors, soit par une puissance divine qui dans une révélation fortuite ou provoquée fera connaître sa volonté, soit par les rois ou les chefs de tribu, qui usent fort adroitement de ce moyen pratique et commode de gouverner leurs sujets'.

Le 3 mai, nous quittons le village d'Ankadivavala et marchant vers le sud nous longeons les flancs de l'Ankaratra. Les mamelons s'élargissent, leurs sommets aplatis et de même élévation semblent former devant nous un plateau continu où l'herbe jaunie ondoie au gré du vent. Apparence trompeuse; maintes fois des ravins s'ouvrent sous nos pas. 11 faut descendre un escarpement rapide, s'embourber dans une fondrière et remonter par un versant abrupt sur le coteau suivant. Pas un village. De loin en loin une maison isolée abrite les gardiens des troupeaux de bœufs que nous rencontrons quelquefois. Les cultures sont rares, des champs de maïs et de manioc, peu de rizières, cependant dans les vallons abrités, plusieurs chenevières.

Le chanvre est cultivé dans les régions élevées (1 500 à 2000 m.) qui environnent l'Ankaratra, principalement au nord et à l'ouest du massif montagneux, parties abritées des grands vents du sud-est. La plante textile, récoltée avant la fin de la saison des pluies, est décortiquée en cassant la tige et en tirant les fibres à la main sans rouissage préalable; parfois les indigènes font bouillir les brins pour faciliter l'opération. Le procédé malgache du filage, qui s'applique aussi bien au chanvre qu'à la soie, au coton, est des plus primitifs : il consiste à tordre les fibres en les frottant de la main sur la cuisse. Lorsque les brins se lient facilement par la torsion comme la soie, le coton, le fil obtenu est enroulé sur un fuseau, ampela, simple baguette traversant près de son extrémité un disque de bois. Pour le chanvre et le raphia, l'ouvrier se contente souvent de nouer les fibres tordues les unes au bout des autres, il obtient un fil court et plein de rugosités. Le fil de chanvre ainsi préparé est souvent blanchi par une coction prolongée avec des cendres de roseaux ou avec une bouillie de farine de riz. Du tissu grossier ainsi fabriqué avec le fil de chanvre on confectionne les lambarongony , vêlements presque exclusifs des populations

1. Il est à remarquer on effet combien souvent, à Madagascar, les roitelets et les chefs des différentes tribus usent et abusent du feubj aussi bien contre leurs sujets que contre les étrangers. Les Antimerina sont absolument prodigues de ce systemo administratif venant en maintes circonstances paralyser les efforts de tout étranger qui tente d'introduire chez ces primitifs un perfectionnement quelconque. Le fady est là, il ne faut l'enfreindre, mieux vaut laisser les choses en état. On comprend sans peine qu'avec un pareil état de choses, tout effort, toute tentative faite par un étranger, qui ne plaît pas au gouvernement antimerina, doive échouer misérablement. La superstition des indigènes est plus puissante que tous les raisonnements, elle résiste à toutes les pressions, la force seule peut en triompher.

VOYAGES DANS L'IMERINA. "1

pauvres de l'Imerina. Un lambarongony large de 1 m. 30, long du double, vaut environ trois kirobo (3 fr. 15), son tissage a nécessité à une ouvrière assidue un mois de travail.

Au hameau d'Andraraty, nous quittons le versant occidental pour descendre dans le bassin du Mano-oro. Là, les collines sont moins larges, les vallées plus spacieuses; les ruisselets, devenus maintenant de petites rivières, irriguent dans les bas-fonds quelques champs de riz; sur les hauteurs on distingue des habitations.

Le i mai, nous arrivons à Ankisatra, village situé dans une plaine ondulée où coule la rivière de l'Onive; avec ses vingt maisons, c'est un des centres les plus importants de l'est du Vakinankaratra.

Le chef du pays, un petit vieux tremblotant, vient nous souhaiter la bienvenue :

« Manao abonna hianareo, tompoko e? Comment allez-vous, messieurs?

— Traranlitra tompoko e. Parvenez à la vieillesse, messieurs.

— Aza marofy. Ne soyez pas malades. »

Toute une série de locutions aussi nombreuses que variées, employées en pareil cas. 11 commence ensuite un long discours pour nous annoncer ses cadeaux. Il est heureux de voir des étrangers s'arrêter dans son village, veut leur prouver son amitié. Ce qu'il leur offre si généreusement c'est d'abord pour obéir aux ordres de la Reine et du premier ministre dont il n'esl que l'humble serviteur, mais c'est aussi pour montrer son plaisir et ses lionnes dispositions aux vazaha. 11 s'excuse de ue pouvoir donner davantage, car il voudrait traiter ses hôtes comme de grands chefs. Fuis il nous présente sa famille, ses aides de camp, ses serviteurs et nous raconte sa vie. C'est très long. Enfin les cadeaux arrivent. Le vieux a demandé à Boto si nous saurions reconnaître convenablement ses avances, et sur sa réponse affirmative, il a fait grandement les choses. On apporte un cochon de belle taille, trois poules et un panier d'écrevisses de l'Ankaratra.

Alors je répète les petites formules d'usage en terminant par :

« Misaotra anareo tompokolahy. Nous vous remercions, monsieur. »

C'est la coutume et je lui donne en échange de ses présents trois fois leur valeur en argent, c'est encore la coutume.

Partout à Madagascar il en est ainsi. A son arrivée dans un village, le voyageur recuit quelques cadeaux accompagnés d'une allocution variable pour la forme, toujours la même quant au fond. Ces échanges mutuels sont surtout très fréquents dans l'Imerina et au Betsileo; là on n'attend plus les étapes, on vous arrête sur la roule.

La plus grande case du village nous est réservée, elle est construite en argile comme presque toutes celles que l'on trouve dans l'Imerina et le Betsileo. Le terrain plastique de ces régions fournit aux indigènes des matériaux précieux pour la construction de leurs habitations.

Une maison anlimerina est de forme rectangulaire, le grand côté est orienté nord et sud, elle comprend généralement un rez-de-chaussée divisé en deux pièces inégales et un grenier. Une porte et une fenêtre sont ménagées sur la face occidentale; sur le pignon du nord s'ouvrent deux autres fenêtres superposées : l'une éclaire la plus grande pièce du rez-de-chaussée, l'autre donne du jour au grenier. L'escalier de terre par lequel on accède à l'étage a des marches très élevées, c'est un vrai casse-cou par suite de la faible résistance et de l'usure des matériaux dont il est composé; il s'appuie sur le pignon du sud, soit en dedans, soit en dehors. Les dimensions de ces maisons sont parfois très petites; la longueur moyenne est de six mètres, la largeur de quatre; on peut à peine se tenir debout au milieu du grenier, la hauteur totale de la maison ne dépasse pas quatre mètres; toutes les ouvertures sont minuscules et il faut se tourner de côté pour passer la porte. Cependant depuis quelque temps on construit dans les gros villages de la province des habitations plus vastes et sur des modèles quelque peu différents.

Pour bâtir une maison on dispose sur l'emplacement choisi une couche d'argile réduite en boue épaisse et suffisamment pétrie, haute de trente centimètres, large de cinquante. L'argile qui, ramollie par l'eau, possède une grande force de cohésion, devient très dure en séchant. Après quelques jours on ajoute sur cette première couche une seconde et. quand elle est assez durcie pour supporter les

suivantes, on continué peu à pou jusqu'à la hauteur voulue. Les murs, la cloison et l'escalier massifs sont ainsi terminés. Pendant la construction, on a battu les couches demi-sèches au moyen de grandes palettes de bois pour donner à la surface extérieure plus de dureté en même temps que le poli désirable. Un enduit composé de terre argileuse délayée soigneusement et mélangée de bouse de vache recouvre enfin les murailles au dehors comme au dedans. Mais tout n'est pas terminé, le plus difficile reste à faire, car l'indigène est obligé, d'aller chercher au loin ou d'acheter pour un prix élevé les quelques planches qui vont clore la porte et les fenêtres, et les perches qui formeront le plancher de l'étage ou soutiendront la couverture de chaume en heranà ou en bozàka.

L'intérieur des maisons antimerina n'a rien de séduisant. La petite pièce où l'on entre d'abord est destinée aux porcs et aux moutons, les poules, les canards et les oies s'y réfugient ('■gaiement en compagnie des jeunes veaux. Ce n'est pas toujours aisé de traverser sans aventures cette sorte de vestibule pour pénétrer, par une petite porte percée au milieu de la cloison, dans la chambre principale où se tiennent les propriétaires. Pour que les animaux ne fassent pas des promenades trop fréquentes dans ce local, la porte de communication a son seuil très élevé; aussi faut-il se hausser pour le franchir, mais en même temps, comme l'entrée a moins de hauteur que la moyenne de la taille humaine, on se cogne la tète au linteau et l'on arrive contusionné dans la chambre du nord réservée aux humains. A la longue, l'expérience instruit. Le mobilier est très sommaire, des rouleaux de nattes, des cruches à eau, des pots pour faire cuire le riz, des soÙika qui contiennent les provisions, deux ou trois calebasses cl quelquefois une caisse en bois pour serrer les vêtements ; des nattes sont étendues sur le sol d'argile, elles ne s'enlèvent jamais; quand elles sont sales et usées, on les recouvre par un tissu plus neuf '. A l'angle nord-ouest se trouve le foyer disposé sur une plaie-forme où sont enfoncées les trois pierres qui supportent les marmites. Un lit grossier occupe- l'angle nord-est, le bois est simplement recouvert de nattes fines ou d'un mince matelas de roseaux. Le grenier abrite la récolte de l'année, parfois cependant il sert de cuisine et de salle à manger. Ces maisons d'argile forment avec les cases de bambous, de ravenalaou.de roseaux des régions basses, et les maisons de bois que nous verrons surtout dans le Betsileo et le Tanala, les trois types d'habitations construites à Madagascar suivant des règles générales qui souffrent peu d'exceptions".

Tandis que les cases de bois et de roseaux sont souvent bien tenues, confortables et propres, la maison d'argile est sale et misérable. Construite dans des contrées plus froides, elle doit abriter non seulement l'indigène, mais encore la plupart de ses animaux domestiques. Aussi résulte-t-il d'une telle cohabitation de nombreux inconvénients. De plus pour se préserver des vents frais de la saison sèche l'indigène pratique des ouvertures peu nombreuses et très étroites qui ne laissent passer qu'une quantité insuffisante d'air et de lumière. La faune entomologique se développe dans les maisons d'argile avec une intensité remarquable; dans les anfractuosités des murs et leurs crevasses profondes, sous les nattée pourries amoncelées les unes sur les autres, la vermine grouille et pullule.

L'Anlimerina ne va pas chercher loin l'argile qui lui est nécessaire. A proximité de sa maison on trouve toujours une fosse large el peu profonde, qu'il utilise d'ailleurs pour renfermer ses bœufs dès qu'ils rentrent au village à la tombée de la nuit, Ces sortes d'écuries creusées dans le sol n'ont aucun écoulement. Aussi la terre constamment piélinée, l'eau de pluie et d'autres éléments que je n'énumérerai pas, y forment bientôt un mélange vaseux el infect dans lequel les pauvres animaux sont plongés jusqu'au ventre. Dans cette position pénible, ils attendent avec impatience le lever du jour pour sortir de ce bain de boue et aller paître et se reposer sur les coteaux voisins.

Dans les environs d'Ankisalra, il y a quelques cultures de riz, de manioc el d'un légume introduit

1. On conçoit aisément qu'avec un tel système, nui par la force tics eboses accumule sur le sol de toute case antimerina un amoncellement île nattes sales et usées, cachées en même temps que recouvertes par un tissu plus neuf sur lequel on repose, combien la vermine peut se développer tout à lui sir dans ci' Ile sorte île litière que l'un n'enlève jamais. Aussi lorsque l'on connaît cette particularité, l'on n'éprouve aucun êtonnement île constater la présence d'insectes aussi répugnants que désagréables qui dans ces cases antimerina vivent innombrables.

VOYAGES DANS LIMERINA.

récemment à Madagascar, je veux parler de la pomme de terre. Ce tubercule pousse assez bien dans les régions élevées du centre de l'île, et commence à se répandre dans l'Imerina et le Betsileo et dans quelques autres territoires qui avoisinent au sud le massif central. Malheureusement les procédés de culture par trop primitifs et surtout la nature du sol font dégénérer le plant au bout de peu d'années. On rencontre aussi dans ces hautes régions et principalement dans les alentours de Tananarive quelques jardins où croissent nos principaux légumes : choux, carottes, salades; mais l'indigène ne goûte pas encore ces végétaux comestibles et ne les cultive généralement que pour les vendre aux Européens. En passant au règne animal, je signalerai un habitant des eaux vives de l'Ankaratra et des ruissclets qui descendent des hautes montagne- de l'Est : c'est l'écrevisse, crustacé (pie nous n'aurons plus l'occasion de revoir dans les autres parties de l'île. L'écrevisse de Madagascar Astacodes Madagascar iensis) est différente de celle «l'Europe, sa carapace est garnie de piquants et d'aspérités en grand nombre; la tète, arrondie à l'extrémité, est presque aussi volumineuse que l'abdomen et elle arrive souvent à une forte taille. On en compte plusieurs variétés.

Pendant nuire séjour à Ankisatra, nos hommes sont dans l'abondance et jouissent d'un repos complet. Aussi, contents et heureux de celle vie qui leur plaît fort, ils manifestent bruyamment leur gaielé. Chaque soir, groupés devanl notre case, ils chantent bien avant dans la nuit. Les porteurs sont assis, sauf un sent qui, resté debout, psalmodie un théine; les autres font avec leurs voix un accompagnement monotone, dont les temps forts sont accentués par des battements de mains. D'autres fois, le chanteur principal improvise un récitatif et tout le monde reprend le refrain en chœur. En général, comme la plupart des productions musicales des populations primitives, les airs s<ml mélancoliques et les

paroles peu significatives. Le chanteur énumère les étapes d'i route connue et fait suivre les noms

des villages d'un qualificatif plus ou moins bien choisi, chaque couplet est terminé par le refrain : appel ou salutation. Quelques chants cependant ont une signification assez originale. Voici une des chansons préférées des borizana antimerina :

VELOMA AUO ke! MASINA A110 RE!

Hatr'any Imamo aho

Ko hatr'any Mandrarahody aho

Hatr'any Mandrarahody alio

Ka hatr'any amoroD llasy

Isy manan-tsaina afatsy hianao

Ka hianao mandrian'ny saikol

Veloma aho re! masina aho rc!

Tranon 'iza irony audrefan' ironj .' Tranon-d'Rasakalava Ka tsy misy mpitoetra (bis) Trano vaki-vovonana ! (bis) Veloma aho re! masina aho rc!

Tranon 'iza irony andrcfan-d'Rova?

Tranon-d'Rainit simba Mitemitra taratasy (bis) Misary soavaly! (bis) Veloma aho re! masina aho rc !

Tsangam-bato d'Ratsiva

Avaratra Soanierana

lic-puis Imamo Jusqu'à Mandrarahody l le Mandrarahody, Jusqu'aux bords du lac Itasy

Mes pensées n'élaienl une pour loi.

Car c'est en toi que mon esprit repose! Vivez! soyez béni jusqu'au revoir!

A qui appartient cette maison, là, à l'ouest? C'est la maison iln Sakalava, Elle est inhabitée, C'est une maison au faite dégarni!

Vivez! soyez béni jusqu'au revoir!

A qui appartient celle maison à l'ouest du palais? C'est la maison de Hainitsimha Aux salles tapissées de papier Représentant des chevaux '!

Vivez! soyez béni jusqu'au revoir!

La pierre levée de Ratsiva Qui est au nord de Soanicrana

1. Pour l'Anliinerina. le comble du luxe est d'avoir sa maison tapissée d'un papier peint sur lequel sont représentes des chevaux. Cela tient probablement à ce que dans le Tranovola, maison célèbre entre toutes par son aménagement et son mobilier luxueux, existe une chambre OÙ le premier ministre donne ses audiences aux résidents et aux consuls et rangers, et que cette chambre, bien connue de tout Malgache, est tapissée d'un papier représentant dans nos guerres d'Afrique les exploits du maréchal Bugcaud, et qu'il y a beaucoup de chevaux.

Tsy tapait1 olona mandata (bis) Na tapaka aza, mahalana! (bis) Veloma aho re ! masina aho re !

Ny tranonay sy ny tiako

Irano anati-vero

Lalana an-kodivirana (bis)

Tsy midosy tsy am-bavavarana ! (bis)

Veloma alio re! masina aho re!

Ilianao Ranona ', valon-doso Manolotra ariary,

Tsy mikapa, raha tsy amin'ny tonany! (bis) Tsy mijoja raha tsy amin'ny vanony! (bù) Veloma aho re! masina aho re!

Ilianao Ranona mizana-be Tsy manda inga Mahalala ny be. anesorana (bis) Mahalala ny kely ampiana (bis) Veloma aho re! masina aho re!

Ny hazon'ny Ambohimanga Miroborobo faniry Tsy nafafy tsy nampariaka (bis) Mitsinjo zaza manjaka! (bis) Veloma aho re! masina aho re!

M'ko veloma lay andoliatapenaka Fizahay sy maditra Ho eny Ambadin'Isotry (bis) Mitsinjo rano madio! [bis) Veloma aho re ! masina aho re !

M'ko veloma ny any Ambodin'Isolry

Fizahay sy maditra

Ho an Isoraka (bis)

Ny any Soraka tsara rivotra maraina (bis)

Veloma aho re! masina aho re!

Et devant laquelle des passants circulent sans cesse Si quelquefois il n'y en a pas, c'est pour peu de temps! Vivez! soyez béni jusqu'au revoir!

Notre maison à moi et à ma maîtresse

Est une maison isolée dans les herbes,

Le chemin y conduisant est tortueux;

D'ailleurs on n'aperçoit la maison que lorsque on est

Vivez! soyez béni jusqu'au revoir! [devant la porte.

Toi, femme indéterminée, tu es comme le poids de Parent proche de la piastre [loso

Qui n'agit que suivant la justice Qui ne fait rien qui ne soit juste.

Vivez! soyez béni jusqu'au revoir!

Toi, indéterminée, tu es comme une grande balance

Qui ne trompe pas,

Oui montre l'excédent à enlever,

Le déficit qui doit être ajouté!

Vivez! soyez béni jusqu'au revoir!

Mil Les arbres d'Ambohimanga Sont très touffus, Ils n'ont été ni plantés ni semés, Ils regardent le souverain régner.

Vivez! soyez béni jusqu'au revoir!

Je vous dis au revoir, ô Andoliatapenaka,

Car moi et ma maîtresse

Nous allons à Ambodin'Isotry

Regarder l'eau limpide.

Vivez! soyez béni jusqu'au revoir!

Je vous dis au revoir, o Ambodin'Isotry,

Car moi et ma maîtresse

Nous allons à Soraka,

L'air du matin est bon à Soraka.

Vivez! soyez béni jusqu'au revoir!

Voici l'air de celle chanson antimerina, une des plus lielles qu'ils aient cl certainement la plus connue dans toule l'île.

Les nombreux couplets qui suivent sont analogues aux deux dernières strophes. Ils racontent les pérégrinations éventuelles du héros de la complainte cl de sa maîtresse clans lous les quartiers de Tananarive, qualifiés par ce qu'ils ont de remarquable.

Depuis notre départ de Tananarive, en marchant vers le sud, nous avons traversé une région dont la constitution géologique est partout la même : le gneiss et le granité recouvert par l'argile rouge, et qui présente un relief sensiblement uniforme sinon dans l'altitude, du moins dans la disposition générale : ballons successifs, collines arrondies aux pentes peu rapides. Au village d'Ankisatra, on observe non pas un changement radical, mais quelques variations importantes. En effet dans l'est, les émergences rocheuses deviennent fréquentes, des coulées de quartz viennent nombreuses diviser les roches granitiques, on voit des filons de mica et d'autres minéraux accidentels, de grosses masses quartzeuses; puis les collines changent de forme, les arêtes s'avivent, les cimes se dressent plus élancées, sur les flancs des montagnes de gros blocs rocheux (''lèvent leurs murailles verticales. Du cédé de l'ouest, l'aspect de la contrée est encore plus différent : là, dans un sol volcanique, des coulées éruplives récentes traversent les anciennes roches déjà disloquées par des soulèvements basaltiques; là, se dressent

I. Jinnonn : une telle, une, indéterminée. Le chanteur remplace Ranona par un nom de femme à son choix.

Andante

VOYAGES DANS L'IMERINA.

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