MON PI I K
Cependant, à mesure que les jours s'écoulaient, je voyais, avec mes forces, renaître un désir impérieux de continuer la série de mes voyages à Madagascar; Maistre et moi, étions maintenant en bonne santé, et nous nous apprêtions à aller visiter des pays nouveaux. Dans cette année de 1889 qui venait de s'écouler, nous avions vu très en détail le pays des Antimerina, puis nous avions visité, à l'Est de l'île, les tribus belsimisaraka, au Nord et à l'Ouest les grandes contrées sakalava. Maistre avait complété ses explorations en visitant le lac Alaotra et le pays des Antsihanaka, et Eoucartde son côté avait descendu la vallée inférieure du Mangoro jusqu'au rivage de la mer des Indes. Il nous restait à voirie Sud de l'île et c'était cette partie méridionale de Madagascar que nous voulions visiter pendant l'année 1890. Dans ces voyages à Madagascar, comme partout ailleurs du reste, la question la plus importante est celle des porteurs. Jusqu'à présent nous en avions toujours trouvé suffisamment, et nos bagages nous avaient toujours suivis. Nous avions pu même nous servir souvent de nos filanjana, ce qui nous avait permis de parcourir de plus grandes distances. Parmi tous ces hommes qui nous avaient accompagnés, bien peu consentaient à nous accompagner; si une grande partie voulait bien nous conduire jusqu'à Fianaranlsoa,nous n'avions plus que neuf borizanà qui voulussent nous suivre dans le Sud, c'était ce que nous appelions nos fidèles de Tananarive, el nous ne trouvions personne pour nous accompagner jusqu'à Fort-Dauphin; il nous fallut donc chercher d'autres moyens de transport. En cherchant bien, je trouve un petit cheval et un mulet, triste ('-pave de noire expédition de 1885, el qui avaient été amenés jusqu'à Tananarive; Maistre el moi nous passons le mois de janvier à parfaire l'éducation de nos montures qui, je dois le reconnaître, avaient beaucoup perdu de leur aptitude naturelle sous la direction de leurs anciens maîtres.
Vers la fin de mars, nous avions terminé tous nos préparatifs pour notre prochaine campagne, et le samedi 22, nous partions de Tananarive faisant roule pour Fianarantsoa. Nous partions pleins d'espoir, et je dois dire d'ores et déjà qu'il n'a pas été déçu. Car, si, pendant cette campagne du Sud, les fatigues elles privations ont été pénibles quelquefois, si noire santé alrop souvent laissé à désirer; si, enfin, les tracasseries el les attaques des populations ont mis maintes fois notre patience à l'épreuve el nous ont causé à différentes reprises de graves embarras, nous avons été largement dédommagés par le succès, je dirai même par l'heureuse chance qui nous a constamment favorisés. Nous avons en effet accompli, point par point, l'itinéraire que nous nous étions tracé à travers des contrées inconnues el jusqu'alors fermées à tout Européen.
POHTK DE KINAJV.
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