‹ Voyage à MadagascarChapitre 55 sur 91 · Ambondrombe, pour les habitants du plateau central · texte numérisé non relu

Ambondrombe, pour les habitants du plateau central

LES ANTANOSY ÉMIGRÉS, LES MANAMBIA, LES ANTANDROY.

riz, île sa viande. En somme, c'est une existence toute semblable à la première qui recommence; l'imagination ne va pas au delà.

La perte et la capture de l'âme à Madagascar sont un l'ait très commun, du moins dans la pensée de l'indigène. Mon ami Rainimanana, de Fianarantsoa, m'avait parlé de celte croyance, el à celle occasion pour donner tous les éclaircissements nécessaires au lecteur, je vais citer un passage du livre du P. Abinal, qui l'ail allusion à celte chasse à l'âme, récit que je ne saurais mieux raconter, sans lui enlever une partie de son originalité '.

« Le Malgache n'a pas une notion bien claire de l'âme. 11 n'en l'ait pas le principe vital de l'homme; pour lui âme el vie sont choses distinctes, indépendantes, quoique corrélatives. Le corps peu! vivre sans l'âme, du moins pendant un certain temps; l'âme, de son côté, peut vivre sans le corps, mais d'une manière précaire el pendant quelques années seulement .

« Pour subsister, paraît-il, elle doil se nourrir de l'âme des aliments, tout comme au temps, d'ailleurs, de son union avec le corps, alors que l'âme humaine mangeait l'âme végétale du riz, donl le corps n'avalait que la subsistance matérielle.

«. Une pareille conception suppose que loul être animé ou inanimé a son âme, la piaule aussi bien que l'animal. Le bœuf, le chou, le canon, la pierre, uni une âme, absolument comme chacun de nous.

<■ Mais enfin, qu'est-ce que L'âme humaine pour les Malgaches?

« L'Ame humaine n'est point un esprit, fait à l'image du Créateur; c'est plutôt une

doublure de l'homme, plus subtile que l'homme visible el corporel, qui tombe sous les sens, et (aillée sur le même modèle que lui.

« La morl ne l'ait que séparer l'homme de sa doublure. .Mais comme ils sont faits l'un pour l'autre, ils ne peuvent vivre séparés qu'au détriment l'un de l'autre. Aussi tous deux s'aeheminenl-ils d'abord d'un pas inégal vers leur terme fatal, qui est la seconde morl, le néant. Les Malgaches ont plusieurs noms pour désigner l'âme; si on leur demande ce qu'ils entendent par le premier de ces noms, ils répondent parle second; ils définissent le second par le troisième, el le dernier enfin par le premier, complétant ainsi le cercle vicieux dans lequel ils s'enferment

, Sans avoir la prétention de voir clairement le fond de leurs obscures idées, en pareille matière, nous essayerons d'exposer ici ce que nous avons pu comprendre des théories émises par eux, sur la nature de l'âme, en nous aidanl de l'étymologie probable des mots dont ils se servent pour la désigner.

« Ame se dit ambiroa,moroa ou miroa. Or. amby ou ambiny signine surplus, ce qui est ajouté; roa veut dire deux; ambiroa signine doue surplus de deux, ajouté à deux. Moroa, pour miroa, est un verbe

nothe Giint: haï \.

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