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Quelques altitudes du Caucase occidental

Col de Marimk 11 . 3500

— Nachar . 2900

— Santeharo . 2400

— Psegahko . 1900

2. Port en construction, pour lequel 3 à 4 millions de roubles sont alloués. — Commerce de bois. Tout le Caucase possède des forêts magnifiques que les habitants ne respectent pas. >< Les essences appréciées pour la linesse de leur grain disparaissent rapidement depuis que les négociants étrangers, surtout des Français, sont à la recherche des beaux bois : le noyer, qui contribuait autrefois pour une si grande part à la beauté des paysages transcaucasiens, a presque cessé d’exister dans toutes les parties basses de la contrée où pénètrent les chemins. ■> (Elisée Reclus.)

2. Poli, simple bourgade située à l’embouchure de Rion, était naguère le seul port considérable de la Transcaucasie sur la mer Noire.

En 1885, il y est entré 551 bâtiments, avec 66 000 tonneaux seulement, dont 8 français, 361 russes, 112 turcs, 26 anglais, 7 italiens (clans ce nombre, 85 bâtiments de long cours). Cette

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qui vous emporte à Tillis et Bakou, permettant de traverser en deux jours, avec tout le confortable possible, cet isthme transcaucasien si difficilement abordable il y a vingt ans à peine. Voilà les Russes.

Baloum, ville de 10 000 âmes annexée à la Russie à la suite delà guerre de 1877-1878 (en fait, elle appartenait aux Russes, au point de vue commercial, bien avant cette guerre), était port franc il y a moins de deux mois, et l’énorme gêne qu’engendrait pour les transactions celle situation créée par le traité de Berlin a seule provoqué la décision impériale qui soulevait en Europe, à l’époque de ce voyage, une émotion peu justifiée. Le capitaine Samsonoff traversait ce port trente jours auparavant, pour se rendre en congé dans les environs de Kieff (un petit déplacement de huit jours pour l’aller et d’autant pour le retour) ; à son premier passage, les travaux de fortification commençaient au bord de la mer, et il me fait remarquer avec orgueil que déjà les gros canons ont pris possession de leurs

année-là, l’importation s’est élevée à 8 millions de roubles, et l’exportation à 1 530 000 roubles, savoir :

Importation : machines et aciers, 802 000 roubles; arts manufacturés, 1 469 000; papier, 302 000; sucre, 194 000; farine de blé, 715 000 roubles, etc.

Exportation : coton, 527 000 ; épiceries, 111 000 ; planches, 77 000; produits manufacturés, 110 000 roubles, etc.

Le cabotage donne, à l’entrée, 142 bâtiments (1 allemand et 141 russes), avec 26 530 tonnes.

Mais l’entrée de ce port, délrôné par Batoum, est impossible pendant 200 jours de l’année.

« Des travaux d’art coûteux ont été poursuivis (pendant 22 ans) pour enlever la barre du Phase; en imitant ce que l’ingénieur Hartley a fait à la barre danubienne de Soulina, on a prolongé dans la mer les deux rives du fleuve de Colchide au moyen de jetées qui dépassent le seuil marin; on a cherché aussi à protéger l’entrée des navires contre le redoutable vent du nord-est en donnant une plus grande longueur à la jetée du nord. » (Élisée Reclus.)

Ces travaux n’onl pas réussi et sont abandonnés.

Port de Batoum.

DE PARIS A BAKOU

embrasures. Bravo! cela s’appelle agir pendant que les autres discutent. Mais si ces forteresses ont une valeur incontestable, il n’en est pas moins vrai que Batoum ne possède et ne possédera de longtemps ni rade ni arsenal : une amorce de môle se prolonge spontanément, mais avec lenteur, par l’apport des limons et des sables charriés par les courants littoraux qui viennent de Trébizonde; ces sables se déposent le long d’un mince cordon d’enrochements coulé dans la direction N.-O.-S.-E., et en augmentent progressivement l’épaisseur. On a gagné ainsi 300 mètres depuis quelques années et commencé la création d’un avantport. Le port lui-même, s’il n’offre pas, comme celui de Poti, l’inconvénient des ports de rivière, séparés de la mer par une barre , un seuil d’alluvions, est assez restreint; il ne peut contenir plus d’une vingtaine de grands navires. Quant à un arsenal défendu contre tout bombardement, la nature n’a pas creusé ici, comme à Sébastopol, un chenal très profond dans l’intérieur des terres : au contraire, la petite baie de Batoum est entourée d’une ceinture de collines dont le pittoresque se prête mal aux nécessités militaires. A première vue, par conséquent, les appréhensions de l’Angleterre paraissent fort exagérées. Il est sage de mettre Batoum, débouché de la Transcaucasie entière, à l’abri d'un coup de main; on aurait tort de considérer ce port éminemment commercial 1 comme une place maritime

1. En 1883, il y a eu à Batoum, comme entrée, 272 vapeurs, avec 991 000 tonneaux.

Le pavillon anglais est représenté par 62 vapeurs, avec 75 000 tonneaux.

autrichien

russe

français

allemand

Je ne compte pas les navires sur lest (environ 14 000 tonnes de jauge).

Il y a eu comme voiliers :

de premier ordre el de prêter au gouvernement russe les noirs desseins qu'il n’a jamais nourris.

Au milieu d’un pêle-mêle d’indigènes asiatiques qui grouillent dans la petite gare en bois et prennent d'assaut le train de Tiflis, nous parvenons à nous tirer d’affaire tant bien que mal, et montons à notre tour dans un coupé, lestés d’un déjeuner sommaire. On peut se restaurer tout le long de la route; c’est là un point essentiel, car le climat du Caucase est chaud en cette saison, el je ne puis assez

A l’entrée, 109 navires chargés, avec 20 000 tonneaux de jauge, et 126 sur lest, jaugeant 26 500;

A la sortie, 239 voiliers avec marchandises et 8 sur lest.

L’importation de Batoum s’élève à 792 000 pouds de marchandises (le pond vaut 16 kil. 380) et 14 000 bouteilles.

La France a importé en 1883 :

Épices, 1747 pouds; bouteilles de liqueurs, 3835 pouds; bouteilles de vin, 2582 pouds; bouteilles de vin mousseux, 369 pouds; matières tinctoriales et à tanner, 11 328 pouds; asphalte, 4480 pouds; colophane, 6470 pouds; acide sulfurique, 960 pouds; colle, 923 pouds; etc.

L’Angleterre importe du ciment, du charbon; la Belgique, des fers, etc.

Les exportations de Batoum comprenaient en 1883 :

1° Froment : 22 72(1 pouds pour l’Angleterre, 6000 pour l’Allemagne, 42 400 pour l’Autriche, .38 000 pour la France, 68 000 pour l’Italie, 27 700 pour la Turquie, etc.; total : 448 000 pouds.

2° Orge : 85.30 pouds pour l’Angleterre et la Turquie.

3° Maïs : 53 000 pouds pour la France, 54 000 pour la Turquie.

4° Sel : 186 000 pouds pour la Turquie.

5° Bois de noyer : 19 700 pouds pour la France, 11 000 pour les villes hanséatiques, 6 800 pour l’Angleterre.

6° Buis (en russe samchitt) : 81 ISO pouds pour la France, 10 388 pour l’Angleterre.

7° Cocon : 3515 pouds pour la France.

8° Déchets de soie brute : 8599 pouds pour la France.

9° Soie écrue : 412 pouds pour la France, 733 pour la Turquie.

10° Laine non filée : 26 400 pouds pour l’Angleterre, 40 600 pour la F’rance.

Il" Manganèse : 608 000 pour l’Angleterre, 125 000 pour l’Allemagne, 18 000 pour la Hollande, 408 000 pour la France.

. de P 40°

CJ

Carte du Caucase.

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admirer l'exubérante végétation de la plaine ensoleillée <|ue traverse le chemin de fer, depuis le littoral jusqu’aux approches du fameux col de Souram. « Les plantes s’y entremêlent en une prodigieuse variété et s’y présentent sous leurs formes les pl us belles. » (Reclus.) Figuiers, cotonniers, indigotiers, grenadiers présentent un spectacle merveilleux, el l’immense tapis de verdure où domine le maïs se déroule à perle de vue jusqu’au pied des montagnes, dont les arêtes bleues se découpent nettement sur le ciel, couvertes par endroits de neiges éternelles1.

12° Graisse minérale, huiles de naphte à graisser:29 800 ponds, dont 9300 pour la France, 15 300 pour l'Angleterre, 5000 pour l’Allemagne.

13° Kérosine, photogine, huiles lampantes : 5 3*3 000 ponds, dont 211 225 pour la France , 349 000 pour l’Angleterre , 50 000 pour l’Allemagne, 636 000 pour l’Autriche, 647 900 pour l’Italie, 2 368 700 pour la Turquie.

14° Huiles de graissage rectifiées : 403 000 ponds, dont 93 000 pour la France, 190 000 pour l’Italie, 90 000 pour l’Au- I riche, 27 000 pour l’Angleterre.

15° Huiles de graissage non rectifiées : 388 000 ponds, dont 20 5000 pour l’Angleterre, 140 000 pour la France, 32 000 pour l’Autriche.

16° Résidus de naphte : 130 000 ponds, dont 37 300 pour l’Angleterre, 39 700 pour la France, 41 000 pour la Turquie, 15 000 pour l’Ilatie.

17° Tissus de soie : 247 ponds pour la France, 292 pour la Turquie.

18° Étoiles de laine : 1903 pouds pour la France, 1136 pour la Turquie.

19° Tapis de laine : 1 537 pouds pour la France, 4 455 pour la Turquie.

1. La hauteur moyenne du Grand-Caucase entre l’Elbrouz (5646 mètres) et l’Adaï-Kobh (4646 mètres) est évaluée à 3800 mètres.

L’eucalyptus, l’oranger, l’olivier, le citronnier manquent à la série forestière de ce beau pays, et cela tient à la rigueur des hivers caucasiens. Cependant, « grâce à l’abondance des pluies et à la protection que la haute arête du Caucase offre aux arbres contre les vents desséchants du nord-est, les diverses essences forestières et cultivées montent beaucoup plus

DE PAHIS A BAKOU

La Transcaucasie constitue, à proprement parler, une vallée longue de 900 kilomètres, et de largeur variable entre 100 et 400 kilomètres, qui s’étend de la mer Noire à la mer Caspienne et s’appuie au nord sur le Grand-Caucase , au sud sur le soulèvement parallèle connu sous le nom de Petit- Caucase ou A Anti- Caucase. Le Petit-Caucase, je m’empresse de le dire, n’est pas une chaîne médiocre, comme son nom semblerait l'indiquer; il possède beaucoup de sommets dont l’altitude dépasse 3000 mètres et peut soutenir la comparaison avec les Alpes. La Transcaucasie russe occupe une assez grande étendue de ce pâté montagneux (districts de Kars, Alexandropol, Érivan) ; sa population est évaluée à 3 700 000 habitants; sa superficie atteint 240 000 kilomètres carrés, dont le quart environ forme la vallée, le fossé qui sépare le Caucase et le Petit - Caucase.

Celte vallée est à double versant ; l'un, dirigé vers la mer Noire, est occupé par les bassins du Rion, de l'Ingour et du Tchorouck, la rivière de Batoum, et il comprend les anciennes provinces ou États de Mingrélie, Imérie, Svanie, Lazie; l'autre, plus étendu, forme le bassin de la Koura (Kour) et de ses principaux affluents, le Kliram, la Yora, l Alazane, l’Araxe; il embrasse l’ancienne Géorgie, une partie de l’Arménie et des débris de la Perse.

Nous remontons le cours du Rion, à travers des plaines où l’eau ne fait jamais défaut, même en été : là est le secret de leur richesse. La Transcaucasie occidentale, qui appartient à la zone tempérée, n’a pas besoin d’irrigations artificielles ; des dessèchements et des drainages y seraient utiles,

haut sur les pentes méridionales des montagnes qu’on ne pourrait s’y attendre, en les comparant à d’autres contrées ayant la même température moyenne. Ainsi, le noyer croît dans le pays des Svanes jusqu’à plus de 1650 mètres d’altitude..., le mûrier blanc et la vigne croissent entre 600 et 1100 mètres; le cotonnier se trouve encore à 600 mètres. » (Reclus.)

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au contraire, pour assainir le climat et faire disparaître les fièvres qui rendent assez pénible le séjour de certaines villes, en particulier de Batoum, et rendent la région côtière si malsaine, même pour les animaux, que l’élevage des poules est presque impossible en Mingrélie. Tous ces travaux, n’en doutez pas, s’exécuteront à la longue; les Russes eu apprécient parfaitement l’importance et ne reculeront pas devant les difficultés.

Koutaïs, chef-lieu de la Transcaucasie occidentale, est une jolie ville de 15 000 âmes. Ici la contrée semble atteindre son maximum de richesse; je ne sais ce qu’il faut admirer le plus, des vignes luxuriantes ou du rempart vertical, haut de 4000 mètres, que présente l’arête caucasienne, au fond de la vallée de l’Ingour, ou de la longueur démesurée, fantastique... des nez indigènes. Cet excessif développement de l’appareil olfactif est caractéristique de la race.

Station de Kvirilhj , deux heures vingt-six de l’aprèsmidi. La plaine vient mourir au pied du seuil qui réunit les deux Caucases et sépare les Transcaucasies orientale et occidentale. Le chemin de fer remonte une vallée magnifique; la Suisse n’en possède pas de mieux boisée, plus verdoyante, plus pittoresque. La rampe de la voie augmente progressivement ; elle atteint 40 millimètres par mètre, déclivité inconnue sur les lignes européennes; il faut atteler deux machines à double cheminée, à l’avant et à Barrière du train, et néanmoins il n’avance qu'a» pas. On atteint le col de Souram à six heures quinze du soir, n’ayant franchi que 60 verstes en quatre heures (la versle vaut 1067 mètres). Certes le percement d'un tunnel abrégera de beaucoup la durée de ce trajet ainsi que les frais de traction; les études faites ont démontré que le passage souterrain mesurera environ kilomètres de longueur.

Changement de décor quand on débouche dans les plaines de la Transcaucasie orientale. Plus on approche de la Caspienne, plus la verdure devient rare, la culture clairsemée,

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l’aridilé générale et implacable. Cet étal de choses transitoire est dû au manque d'irrigation. Le débit de la Koura et de ses affluents est proportionnellement beaucoup plus faible que celui du Rion et du Tchorouck. La moindre abondance des pluies et l’activité de l’évaporation sur le versant caspien expliquent ce contraste. Autrefois, cependant, cette Transcaucasie, abandonnée aujourd'hui par l’homme el envahie par la fièvre, comptait parmi les plus riches contrées du monde. Admirablement cultivée, sillonnée de canaux d’arrosage dont on voit encore les traces el qui demeurent les derniers témoins de l'art des anciens agriculteurs persans, ce pays, plus grand que le tiers de la France, nourrissait, il va trois ou quatre siècles, une population nombreuse, possédait des villes florissantes, et jouissait d’une telle prospérité que M. Elisée Reclus l’appelle à juste litre « le grenier de l’Asie antérieure ».

Je demande ici — comme je le ferai plusieurs fois encore dans le cours de ce récit — la permission de citer textuellement l’éminent géographe , et cela pour deux motifs :

D'abord je sens que j’ai besoin, pour éviter le reproche d’exagération inconsciente ou voulue, d’appuyer sur son témoignage une foule d’assertions qui démontrent le magnifique avenir de l’empire russe.

El d’autre part, ce témoignage doit être considéré comme tellement irrécusable qu’un illustre général, pour lequel la géographie du Turkestan n’a plus le moindre secret, me disait — ou me dira bientôt, à Merv :

« Je déleste les idées politiques de votre compatriote el je suis presque furieux de ne pas pouvoir trouver la plus petite erreur dans sa grande oeuvre. »

Ceci dit, el connaissant le but de mes emprunts, le lecteur, comme M. Reclus lui-même, voudra bien me les pardonner. Je continue.

« Les steppes de Karabagh, Tchirikoum, Mougnne,

furent autrefois des plaines cultivées et populeuses... O11 y retrouve partout les traces de nombreux canaux... Un canal creusé, il y a quinze siècles, à travers la steppe de Karabagh, avait sur ses bords la grande ville de Bilgan, que détruisit Djengis-Khan. Lorsque Timour fit recreuser le canal, deux siècles plus tard, la ville reparut, et jusqu’au dernier siècle elle existait encore... Un autre ancien canal n’a pas moins de 150 kilomètres de longueur, et sur ses bords s'élèvent d’énormes amas de débris qui furent une ville considérable. Des restes de caravansérails, des citernes comblées, indiquent aussi que des routes actuellement abandonnées étaient ulilisées par de nombreux voyageurs; des buttes funéraires s’élèvent çà el là dans la plaine, et dans toute la péninsule formée par le confluent de la Koura et de l’Araxe se prolongent de multiples lignes de retranchements, portant de distance en distance des monticules de guet el flanqués de réduits. Quelques-uns de ces retranchements rompent l’uniformité de la steppe sur une longueur de 10 et de 15 kilomètres : le peuple qui les éleva pour protéger son territoire y possédait certainement d’autres richésses que des roseaux, des salines el des sables. » A l’époque actuelle, à la suite de 1 invasion des peuplades asiatiques et d’interminables guerres entre les Géorgiens et les Persans, la steppe aride a remplacé presque partout les campagnes cultivées. « La dépopulation générale du pays date de l'invasion des Mongols au commencement du xmc siècle; alors ceux des habitants qui ne furent pas obligés de servir dans l’armée du conquérant Balou-Khan abandonnèrent leurs villes et leurs champs pour se réfugier dans les montagnes. Les canaux de la région devenue déserte s’emplirent de vase ; les eaux de l’Araxe et de la Koura, déversées par les inondations, s’amassèrent dans les dépressions du sol en marécages insalubres; de véritables lacs, tels que le Mahmoud-Tchalassi, se formèrent dans les endroits les plus bus, où viennent aboutir des rivières trop

DE PARIS A DAkOU

l'aibles pour rouler leur flot jusqu’à la mer... Dans ces régions jadis parcourues dans tous les sens d’eaux fertilisantes, les pâtres sont obligés de se creuser des puits où suinte une eau saumâtre 1 ... »

Rien n’est changé pourtant dans les conditions climatériques, hydrologiques et géologiques de la région; les étés chauds et fécondants ne se sont pas refroidis : la même quantité d’eau coule toujours dans les rivières, et cela aux époques de l'année où l’agriculture en a le plus besoin; le sol est encore recouvert, parfois sur plusieurs mètres d’épaisseur, d’un limon aussi fertile que celui du Nil.

Les Iraces de la fertilité passée n'ont même pas entièrement disparu; on compte plus d'un million d'hectares irrigués le long des petits affluents, par les anciennes méthodes. « Au sud du Caucase oriental, entre Noukha et Chemakha, les populations tartares restées en possession de leurs terres montrent encore aux Russes comment l’eau bien utilisée transforme le désert en un jardin. A son entrée dans la plaine, chaque torrent qui descend des gorges du Caucase est arrêté par un barrage qui le divise en de nombreux blets d’eau, se subdivisant eux-mêmes eu rigoles d'irrigation, jusqu’à ce que la dernière goutte du cours d’eau soit épuisée. L'ensemble de ces canaux, s’échappant d’un long défilé pour arroser en demi-cercle toute une vaste région, représente le réseau des artérioles qui se ramifient dans un organisme pour lui porter le sang et la vie "2. »

Le passé d’un pays ne répond-il pas plus ou moins de son avenir? Depuis le milieu de ce siècle, la Transcaucasie orientale appartient sans conteste à l’empire russe, et personne ne saurait douter qu’entre les mains de ses nouveaux maîtres elle reprendra promptement sa splendeur d’autrefois.

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