Heyfelder, Transcaspien und seine Eisenbahn
I)E HAkOU A GHÉOK-TÉPÉ
n'est nouveau sous le soleil. L’artillerie russe, amenée à grand’peine, ne put entamer ces retranchements primitifs, malgré le feu incessant de 69 canons. Vous voyez encore les trous des obus, semblables de loin à des trous de rats ; le projectile entrait comme dans du beurre et ne* produisait aucun effet. 11 fut absolument impossible de faire la brèche, et, n’ayant pas assez de monde (moins de 15 000 hommes) pour bloquer la place, Skobelefï eût dû renoncer à un siège régulier que les fréquentes et intrépides sorties de l’assiégé rendaient fort incertain, s’il ne s'était avisé d’employer la mine L Ce genre d’attaque, inconnu aux Turkmènes, réussit à souhait. On raconte que ceux-ci, entendant des travaux souterrains, s’attendaient à voir les Russes sortir un à un de dessous terre près du bastion miné, et s’y tenaient nuit et jour, sabre en main, pour leur couper la tête. A onze heures vingt du matin, le 12/24 janvier 1881, les mines firent explosion; d’énormes morceaux de terre, provenant des murs de la place, furent projetés jusque dans les tranchées de l’assiégeant, les défenseurs sautèrent en l’air avec les murailles, et l’infanterie russe en masse compacte, au cri de « Hourrah! », s’élança à l'assaut. « Reçue par une grêle de balles et de pierres, ainsi que par une masse d’ennemis, elle dut se cacher au pied de l’éboulement ; la montée de celle-ci étant trop rapide et ne pouvant être franchie, elle engagea avec les Tekkés une fusillade à bout portant...
« ... Puis l’ennemi se précipita dans l’entonnoir de la brèche et engagea avec les Russes un violent combat à la baïonnette, à la lance et au sabre 1 2. » Skobelefï, à cet
1. SkobeletT, parlant de la sortie du 4 janvier, dit dans son rapport :
« Partout les Tekkés furent mis dans l’impossibilité de s’approcher des tranchées, à l’exception de quelques braves désespérés qui se jetèrent sur les baïonnettes des soldats de Stavropol. »