P. COLONIA
Valente jjlamîjie perpétuel de Néron, auguste et heureux , fils de Uecius Lucretius Valens , donnera une chasse le 5 des calendes d'as^ril , dans la colonie pompéienne i les voiles seront déployées.
Mais de toutes les annonces que nous avons pu nous procurer jusqu'à ce jour, la plus singulière est le proclamât de location que Julia Félix, fille de 5/? «m/5 , lit afficher, c'est-à-dire fit écrire sur les murs, comme cela se pratiquait alors, pour appeler à la concurrence des amo-
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diateurs de ses biens pour un bail de cinq ans. Ses biens détaillés consistaient dans une salle de bain^ ( '^ y e" a dans toutes les habitations de Pompéi), un Veiiereum , ou appartement desitiné aux plaisirs des sens , et dans neuf cents \Taveniœ y ou boutiques propres à vendre les iiarchandises , et où les artisans exerçaient eur état^ ayant toutes leurs Pergulœ ^ c'est-àiire leurs étaux sur la rue , en dehors de la liaison, et encore leur Cenaculum, ou chambre lupérieure pour Thabitatiou du marchand ou lu vendeur (i). On donnait du six au huit
, (i) Julia Ft-Iix, mettait en adjudicalion outre les bains et k- 'ertere;;/«, neuf cents tavernes, leurs étaux, et les chambres u premier étage. Par tavernes on entendait suivant Vossius , htz les anciens, des boutiques formées de travées et de tables, irlesqucUes on plaçait ce qu'on voulait vendre; c'est pourquoi on distinguait Taverna, J^inaria, Dhersoria, Olearia, Lenaria, f.rgeutaria , Libraria, et d'autres encore. Horace ne voulait pas ue ses livres fussent exposés dans les boutiques, ou près des tiers , pour attendre les acheteurs.
Nulla taberiia ineos habeat, iieqite pila libellas. Les étaux (Pergul.-B), n'étaient pas destinés pour un autre oIjt; ils étaient composés comme les échoppes qui avancent sur l;i ;8; l'étymologic de ce mot a^tpergo onporrigo , c'est une chose 1! est portée en avant au-delà du mur ; ( quasi extra muru.n rrecta ). Le fameux y^;7e/Ze au dire de Pline, livre 35. chap.io, posait aux passants ses peintures dans de semblables bouues : perfecta opern proponebat in pergiilâ ti^anseuntibiis. s lieux s'amodiaient aussi à Piome pour les écoles, comme l.; iporte Suétone du Grammairien Tm-antinus Crassititis : deimla 'jerguld docuit. Enfin on appelluit Ce«rtc;i/rt non-seulement
(lu même mois aux concurrents pour faire leurs oflres ; et l'afïiche se termine par cette formule d'usage pour de telles locations, S. Ç. D. L. \ E. N. C, c'est-à-dire : Si quis donii leuociuium i exerceat non conducito, ( Si le locataire fait | de r objet de loyer un lieu de prostitution ^ le \ bail sera résilié ). Je ne pouvais m'empêcher ! de fixer mon esprit par quantité de réflexions sur tout ce que contenait cette affiche... quelle i devait être l'étendue du commerce de cette i cité, où un seul propriétaire fait publier 1 amo- ■ diation de 900 boutiques? quel était donc le nombre de toutes les autres, comparativement? L'inscription qui nous occupe a été mise au jour eu i-^/SS -, elle était placée sur le mur d'un grand édifice, qui appartenait à cette même Julie, prés de l'amphithéâtre, et qui fut sur le champ rechargé de décombres ; et cependant, quel monument plus célèbre que cet édifice pouvait-on rechercher! Il consistait dans une grande construction carrée, dont le vestibultl
les chambres à manger, mais encore tout l'appartement supé rieur de la maison, où la chambre à manger était ordinairemeii placée. Cette portion de maison était louée par des personne pauvres; c'est ce qu'on peut induire de Juvenai. Rarus ^>eniti ceiiacula miles.
« Le soldat vient rarement visiter les habitons des chambn. supérieures, a
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était composé d'uue quantité de pilastres, d'une disposition agréable , ayant leurs bases et leurs chapiteaux d'ordre corinthien; des figures grotesques en ornaient le frontispice , et de côté on voyait dans des niches diverses statues de marbre ou de terre cuite ; telles qu'un Hercule couronné de chêne , un roi barbare avec la clamide, une autre figure revêtue de la robe prétexte, ayant un globe d'or sur la poitrine, des tablettes à stilets dans une main, et divers autres attributs. Toutes ces statues étaient vides , avaient des anses au dos, et derrière la tête des tubes; il est très-probable qu'elles étaient desaii tinéesà contenir de l'eau, comme les cruches ou uEi fontaines dont uous fesons usage dans nos maiiMJsons. Cet édifice renfermait des thermes, des bains froids , des appartements sous une seule clef, et de plus un petit temple fort élégant , consacré probablement à la déesse Isis , ayant au milietf de sou enceinte un trépied en bronze ituk^vec un fo3'er de brique soutenu par trois Sa- — -fyres nuds (i). Le petit temple, le trépied ,
""*' (i) Ce Saeelluni { petite chapelle ), monument antique des i""*')lus rares, est bien encadré dans une châsse en bois, et placée '"'"lans une des salles du musée Portici. Il a trois côtés et un somlet en stuc; chaque côlé n'a pas plus de sept palmes d'étendue; ur le devant on voit la déesse /sis , un sistre à la main, aj'ant sa àvoXiùAnubis, avec une tête de chien, et à sa gauch j Osiris;
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l'iuscriptiou détachée du mur, ont été transportés dans le Musée-Rojal de Portici. Voici la copie de cette inscription (i) :
IN PRAEDIIS lYLIAE S P. F. FELIGIS
LOCANTYR BALNEYM YEiNERIYM ET
NONGENTYM. TABERNAE PERGYLAE
COENACYLA EX IDIBYS ÂYG PRLMIS IN
IDYS AYG. SEXTAS ANNOS CONTINYOS
QYINQYE S. Q. D. L. E. N. G. . . .
Julîa Félix j fille de Spurius, pi'opose à loyer, du i^'^ au Ci des ides daoût, la partie suivante de ses biens : un appartement de bains, un
au côté droit de cette petite chapelle est Jgée, qui porte à manger aux serpents. Le côté gauche est entièrement ruiné. Ces différents côtés du monument sont entourés d'une console ou tablette de marbre blanc avec des appuis qui étaient incrustés dans le mur. L'admiration fut grande à la vue de la quantité d'aimdeues qui suitîhargeaient ces tablettes. J'en mentionnerai quelques unes : il y avait une demi-lune en argent percée de deux trous pour y passer un cordon ; un Harjjocrate du même métal avec le doigt sur la bouche, ayant des fleurs de Lotos autour de la tête, et des ailes aux épaules. Il y avait une agraffi d'or, ronde, à laquelle était suspendue un fil d'or qui supportait j son extrémité une lame d'or qui faisait attache avec une autni agraffe. On y voyait une petite statue, entièrement nue, di Priape ; il avait de la barbe , les oreilles d'une chèvre , un ai sauvage mais riant, son doigt reposait sur sa bouche : tout cel; était d'une grande perfection; il y avait enfin d'autres statue votives, quelques unes fa tes d'ivoire. Voyez les lettres de Cam pallia Paderni , dans le recueil des transactions philosophique par Gebeliu. Antiquités, vol. 3.
(i) L'époque solennelle des ventes, chez les Romains, état fixée aux calendes de Juillet : Cicévon nous le fait connaître a
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Venerewn, neuf cents boutiques et étaux , et l appartement du ler étage pour cinq années consécutives , avec la condition que si on y établit un lieu de prostitution, le bail sera résilié.
Nous trouvâmes une semblable affiche de location sur un pilier d'une maison nouvellement découverte à l'extrémité de la ville, du côté gauche. On y lit que dans l'île ^ Arriana-Folliana (j'ai compris que cette île n'est qu'une' maison isolée ), appartenant à Gnœius Alifius Nigidius Major, aux premières ides de juillet ( c'était le huit de ce mois ), on donnait à loyer les tavernes, ou boutiques avec leurs pergulŒf ou étaux, et les écuries avec indication, que l'amodiateur devra traiter des con- -ventions avec ledit Gnœius Alifius Nigidius \ Major. Cette affiche est inscrite sur un enduit carré ; les caractères en sont de couleur noire , et l'on aperçoit que sous elle, il y en avait eu une autre.
, tU. a. Epist. 3. ad fi: et i3 Epist. 2. Heinesius le confirme parla découverte d'un marbre? ( class. VII, page 307), portant cette inscription :