C. POMPEIVS DIOGENES EX KAL. IVLIIS COENACULUM LOCA.T
Cneius Pompeius Diogenes , louera aux calendes de juillet , l'étage supéiieur de sa maison.
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INSVLA ARRIANA
POLLIANA GN. ALlFi. NIGIDI. MAI.
LOCANTVR EX. I. IVLIS PREMIS TABERNAE
CVM PERGYLIS SYIS ET CAENACYLA
EQVESTRIA ET DOMVS CONDYCTOR
CONVENITO PRIMYM GN. ALlFI.
NIGIDI. MAI. SER.
Le i*^ Jour des ides de juillet Gnœius Alijius Nigidius Major j louera des boutiques avec leurs étaux f ainsi que les appartements et écuries d'une maison située dans Tîle Arriana-Volliana • celui qui voudra louer , devra s'adresser d'abord à Tesclave principal de Gnœius Alijius Nigidius.
Enfiu le chevalier m'indiqua une autre proclamation trouvée ces années dernièressur lemur d'une basilique, dont nous aurons occasion de parler. On y lisait que la troupe de gladiateurs de Numerius Festus Ampliatus donnera de nouveau , un spectacle le XVI. K. juin (c'est le 16 mai), que ce spectacle sera celui de la chasse , et qu'on étendra les voiles sur le théâtre. I
N. FESTI AMPLI ATI '
FAMILIA GLADIATORIA PYGNA ITERYM.
PYGNA XYI K. lYN. YENAT. YELA. !
D'autres affiches çà et là que l'on a eu soin de transcrire au fur et à mesure de leurs découvertes, et que le temps a efiacées, n'ont plus été pour nous un objet 'de lecture. Nous regagnâmes ensuite le haut de la rue pour la suivre selon l'ordre des maisons -, les noms des habitans nous étaient tour à tour indiqués par les légendes ou d'autres formes d'inscriptions que nous y trouvâmes.
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Corso ^ principale rue de Pompe'i.
Pompéi offre au voyageur un spectacle imposant lorsque, dépassant sa porte, il dirige ses pas dans son enceinte; son imagination, électrisée à l'aspect de tant d'édifices publics et particuliers, concourt à mettre sous ses yeux toute l'antiquité : ce sont les usages du siècle d'Auguste, il en voit les habitudes, peut en analyser les arts, et son désir de voir et de connaître est d'autant plus ardent, qu'il voit, réfléchit et connaît d'avantage. Nous remarquâmes cet effet sur un voj^ageur accompagnant une dame qui entraient avec nous sous la porte de Pompéi-, il nous fut facile de nous apercevoir de leur amour pour les recherches antiques, par le soin qu'ils apportaient dans l'examen de chaque inscription, de chaque pierre, et des moindres objets qui s'offraient à leur vue. La dame développait de grandes connaissances en peinture et eu mythologie, et paraissait enchantée de ce qui pouvait y avoir rapport-, après les
log complîmeuts d'usage qui s'échangent entre ceux qui ne se connaissent pas, nous trouvâmes agréar ble de nous réunir en société, et de continuer ensemble le petit voj'age.
Nous voici en face de la première maison à main droite, immédiatement après notre introduction dans la ville: la porte en est large, suffisante pour le passage d'un char ; son seuil est sans gradin, et forme un niveau parfait avec la hauteur de la rue; beaucoup de ferrements de roues et d'ustensiles nécessaires à la confection des voitures que nous avons aperçus çà et là, et dans une chambre voisine, nous ont convaincus que cette maison était celle d'un loueur de chars ou de voitures, et pouvait correspondre à nos maisons de postes. On n'ignore pas qu'Auguste créa l'établissement des postes dans tout l'Empire, c'est-à-dire une communication de chariots de guerre ou de yoyagej et de courriers partant spécialement de toutes les stations établies sur les chemins consulaires. Il 3^^ avait à Pompéi une de ces stations.
Vis^à-vis, à main gauche, est une maison presque toute renversée ; on y distingue encore quelques parties de chambre, dans l'une desquelles on remarque ce qui constitue une salle à manger. Trois peintures trouvées sur l'enduit
da mur de cette pièce, ont mérité l'observation des voyageurs : la première représentait uue femme portant une couronne de laurier, occupée à pincer avec la main droite une îyre à cinq cordes-, une seconde offrait le portrait d'un jeune garçon qui lisait un papyrus qu'il tenait dans les mains. On le voyait assis sur uue grande muraille carrée , qui figurait peut-être les murs publics de la ville. Dans une autre | chambre on a trouvé la précieuse peinture qui j représentait en trois sections les marais de l'Egypte. Beaucoup de roseaux et de plantes aquatiques du Nil y étaient dépeints; des fleurs blanches, quelques canards, deux hippopotames et trois crocodiles, sur l'un desquels était assis un pigmée. Ces peintures détachées du mur, ont été transportées dans le Musée-Royal de j Portici , où j'ai eu la satisfaction de les admirer. Leurs dessins se trouvent dans le cinquième volume des peintures d^Herculanum.
Nous entrâmes ensuite dans un bâtiment , désigné en latin sous le nom de Thermopolium , et qui est uue distillerie de boissons plus ou moins chaudes; sur les murs était écrit : PE- RENNINNIMPHEROIS, autant que nous avons pu lire, ce titre étant en partie effacé. C'était une maison publique, une espèce de café sem-
blable aux nôtres. Dans le fond de rétablissement ou voit un fourneau, et sur le comptoir en marbre blanc on remarque encore les taches des liqueurs que les tasses y ont laissées empreintes. 11 est probable que ces liqueurs étaient composées avec du miel, et qu'elles pouvaient avoir quelque chose de corrosif qui pénétrât dans la pierre. On voit à côté des rayons où les tasses étaient disposées. Tout prés de cette boutique il y en avait une autre semblable.
Nous retournant à main droite, nous y vîmes la maison ^Alhînus , suivant l'inscription lisible encore, ALBINUS -, elle est toute renversée-, un Priape en sculpture se voit sur une boutique placée au sommet de la porte d'entrée. C'est mal-à-propos que l'on a induit de cette espèce d'affiche que la maison contenait une nombreuse famille, ou que c'était un lieu de prostitution; ce Priape voulait simplement annoncer que ce lieu était une fabrique. C'est ainsi que nos marchands ont pour enseigne l'objet même de leur marchandise,- et en etïet dans cette maison on a trouvé beaucoup de petits Priapes en or, en argent, en corail, en bronze, que les anciens suspendaient à leur col et appelaient amulettes. Ils espéraient en faire un préservatif contre les malétices ou les euch antements. C'était donc là
une fabrique d'amulettes (i) ; le chevalier nous dit eu avoir vu beaucoup et de toutes les formes lorsque cette maison fut découverte : c'était des scarabées , des oiseaux , des tortues , des dauphins , et des poissons.
A côté de cette maison nous vîmes encore un café, semblable à ceux déjà mentionnés, avec son fourneau dans le fond, et son comptoir d'un marbre fort beau.
Vient ensuite l'habitation de Popidius RuJ'us , également renversée. Auprès de la porte on lit l'épigraphe suivante : POPIDI TM RVFVM.
AED. O. V. F. La famille Popidius devait être engrande considération à Pompéi , puisque c'est l'un des auteurs de cette famille qui, à ses dépens, releva le temple à'Isis, et que peutêtre le même Popidius était au nombre des quatre défenseurs de la colonie pompéienne , outre qu'il entretenait une école ou famille de gladiateurs.
(i) La fascination ou l'éblouisçement était surtout considéré parles anciens, C0D>me le résultat d'un charme irrésistible: pour s'en préserver /'///f«7'<yr?/eaffirnie qu'on mettait en usaç^e les moyens les plus ridicules. Parmi ces moyens étaitremploi du Phallus ou Priape, non-seulemeut les hommes, mais les femmes et les enfans le perlaient appendu à leur col ou sur des anneaux, mais encore ils poussaient l'absurde jusqu'à le porter en procession à travers les campagnes, comineTatteste St. Augustin, Tic c\y. Dei. 1.7. c, a4- Voj'cz rossiHs au mol Fascinium,
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Huit ou dix maisons renversées s'offrent ensuite à la vue avant de rencontrer celle de IMarcus Cerrenius , comme on l'apprend par la légende M. CERRINIVM-, c'est à lui qu'a été érigé un tombeau à l'entrée de la porte de la ville-, à côté était l'habitation de Cajus Nivillius, C. NIVILLIUM.
A peu de distance de là, était la maison de Caïus Ce/uS; vis-à-vis la fontaine-, on a fait de cette maison le corps-de- garde acluel; on peut encore y lire, quoiqu'à peine , l'épigraphe suivante : C. CEIVM SECVNDVM AED VENER. ROG. -, elle ne laisse pas de doute sur la qualité de Cejus : il était du collège des Vénéréens , ou du nombre de ceux qui servaient dans les bains à l'appartement dit Venereum; nous avions précédemment exploré sou tombeau hors de la porte de la ville.
Toutes les habitations déjà visitées par nous, It celles qui suivent du côté droit, ne présen- ,.|t)nt que des ruines-, nous supposons que le (iremblement de terre de 63 les avait mises dans cet état • à peine quelques-unes ont-elles conservé leur façade , toujours formée de briques, avec des chapiteaux qui représentaient des têtes d'hommes ou des sphinx. C'est ainsi que le sommet du frontispice des maisons de Pompéi
était composé. Plus loin nous eûmes occasiou de remarquer un beau pavé en marbre à quatre pans, et dans uu vestibule une élégante mosaïque, où était représenté un lion. Les souterrains de cette partie de la ville ont quelque chose de surprenant -, les anciens les appelaient Crypto Poj'ticus\ dans l'un d'eux nous vîmes un bel ordre de colonnes, peut-être pour l'ornement d'un jardin ou d'un bain , peut-être servant de décoration à un réservoir. Toute cette partie de la ville était posée sur la pente de la colline, de manière que pour élever les constructions au niveau des rues adjacentes de l'autre côté, il avait fallu faire des décombrements, et des édifices presque cachés dans la terre. Notre curiosité se borna à les examiner de la partie'élevée de la rue, et nous ne pénétrâmes pas dans leur intérieur.
Etant parvenus jusqu'à cette habitation, que* j'appellerai du lion à cause de sa mosaïque, nous retournâmes sur nos pas pour reprendre,^ du côté gauche de la porte, la visite des monuments et maisons qui s'y rencontrent à partir des deux cafés dont j'ai déjà parlé.
C'est là que nous trouvâmes une des plus belles maisons de Pompéij elle embrasse trois enceintes d'appartements, ou plutôt elle est |
ii5 composée de trois maisons sur le même plan , deux d'acquisition et celle du propriétaire. Elle a en conséquence trois cours avec le portique d'usage, soutenu tout autour par des colonnes , et outre l'unique entrée, conservée jusqu'à ce jour, elle avait une issue dans la partie opposée sur une ruelle. Nous nous arrêtâmes nn peu poiv la visiter.
Un Cicérone accoutumé à conduire les voyageurs dans Pompéi, nous assura, avec cet air convaincu qui ne doit pas laisser de doute , que c'était là l'habitation des Vestales: puis il nous raconta le devoir qui leur était imposé , de conserver en même temps le feu sacré et leur virginité; et il n'oublia pas de nous dire de quelle peine rigoureuse elles étaient punies lorsqu'elles y manquaient. Nous le laissâmes débiter sa science et passâmes outre.
Nous voici sur le seuil de la porte . Le chevalier nous fit remarquer qu'en général les portes sont élevées à Pompéi, et qu'elles paraîtraient hors de proportion avec les toits des habitations, s'il n'était notoire qu'une partie de ces portes était destinée à servir de fenêtre et à éclairer le vestibule. Cette porte-ci au contraire était très petite, tellement que peu de personnes pouvaient y passer à la fois. Mais
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entré dans le vestibule, toutes les portes d'une hauteur démesurée , ayant leur partie supérieure en forme de croisée pour communiquer la lumière, frappèrent d'étonnement notre étranger. Il me semble, dit-il, me trouver dans un couvent de Moines , où toutes les cellules, les unes à la suite des autres correspondent également à une cour, et au milieu en^pore est une citerne comn::e j'en vois une ici. On peut bien dire que les Moines sont d'exacts imitateurs de l'antiquité , car ils n'en ont pas conservé seulement la tunique et la toge, ils en ont encore conservé l'architecture. Tandis que nous étions appliqués à examiner une à une les chambres de cette belle maison , c'est-à-dire XexedruTïiy ou salle à recevoir, qui est sans porte et en face de l'entrée de la cour; le cuhiculum avec son alcôve; le halneum y ou^ appartement de bain, et le puits qui l'accompagne-, la culinay ou cuisine à l'écart; le dispensorium y ou la dépense avec son moulin à grain; le lararium, ou l'oratoire avec des niches comme dans nos chapelles , et jusqu'à la toilette où les dames allaient se parer ; celle I qui était dans notre compagnie ne fixait ses regards que sur les tableaux qui embellissent cette habitation ; elle parut examiner surtout
certaines figures de femmes nues, peintes dans la chambre à coucher, et dont elle louait le dessin j de là portaut la vue sur d'autres peintures qui sont dans la chambre à toilette, elle remarqua que les dames avaient dans l'antiquité l'habitude de se faire parer par des femmes. Diverses autres peintures furent encore lobjet de ses observations. Le chevalier nous raconta à cette occasion qu'on avait enlevé de dessus le murui'une de ces chambres pour la transporter au Musée-Royal, une peinture fort belle représentant un fleuve sous la forme humaine avec son urne et ses roseaux. Les pavés en mosaïque , dont ces appartements sont ornés , n'excitaient pas moins notre admiration-, les figures qu'ils représentent ont donné lieu aux différentes dénominations des chambres. Il y a celle des serpents , à cause d'une mosaïque où ils sont figurés-, celle du labyrinthe ^ des cimiers ^ de la corne d'abondance y des /leurs , et tant d'autres encore dont les mosaïques diffèrent entre elles par leurs compartiments ou tableaux, leurs contours et leurs capricieux effets. Il faut convenir, dit la dame, que le goût des anciens pour ces espèces d'ouvrages, demarquetterie sétablissaut par compartiments, et composés d'uue ou de plusieurs couleurs, a
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été porté à la perfection. Tous les pavés de leurs chambres, suivant leurs destinations, eu étaient plus ou moins embellis, comme nous le ■voyons dans cette maison : le dessin en était yarié et élégant, et l'exécution bien entendue. Arrivés à la porte qui donne dans la ruelle sur le derrière de lliabitation, le vestibule nous otîrit un pavé en mosaïque d'une construction toute particulière ; il y était écrit en gros caractère : Saline. (Je vous salue. )
Dans cette maison, parmi les découvertes qui s'y firent, on put remarquer le squelette d'un homme dans une chambre, celui d'un petit chien dans une autre, et quantité d'ornements d'or, destinés à parer les dames, qui étaient placés dans la chambre à la toilette.
Mais à qui avait appartenu cette maison ? aucune inscription n'a été aperçue sur elle; et' s'il s'en rencontrait une, je ne serais pas surpris qu'elle indiquât Claudius , qui fut ensuite empereur, comme y ayant fait sa résidence. Suétone nous apprend dans la vie de Claude, ( chap. 5 et 27 ), que, haï de Tibère, il avait renoncé aux dignités , et s'était réfugié dans la .Campanie pour vivre avec sécurité et tranquillité. C'était à Pompéi, ajoute l'historien, qu'il avait fixé sa demeure, et c'est dans cette
ville qu'il perdit sou fils Driisus, étouffé par une poire qu'il avait jetée en l'air par forme de jeu, et qu'il essayait de recueillir avec la bouche.
Avant de reprendj-e notre cours d'observations sur la voie publique de Pompéi, nous jugeâmes à-propos de nous entretenir un peu de cette ruelle, où aboutit l'une des portes, et dont les décombres enlevés nous facilitaient l'entier examen. Elle commence au mur public derrière les maisons de la grande voie consulaire, et se termine à la fontaine dont nous aurons occasion de parler -, sa largeur n'est pas de plus de six pas,- elle a deux élévations latérales avec sa pierre au milieu pour les franchir.
Différentes maisons ont été découvertes du côté de la ligne orientale'de cette ruelle ; parmi elles, trois méritent d'être visitées-, aujourd'hui elles sont fermées avec une barrière en bois. Dans la première, du côté de la fontaine, il existe dans le vestibule des peintures fort belles représentant des constructions d'une architecture bizarre, et d'aimables nymphes dans de gracieuses attitudes. On y remarque la cour qui reçoit l'eau des toits avec son réservoir en marbre : elle est au fond de l'habitation, vis-àvis la porte de la maison. Les petites chambres
latérales sont oruées de beaiii pavés eu mosaïque -, à cause de deux figures d'Isis et â! Os iris qui sont peintes sur le mur intérieur de cette maison, et qu'on aperçoit dés qu'on y entre, nous lui avons donné le nom de maison à'Isis et à^Osiris.
L'habitation suivante possède encore plus d'ornements -, tous les appartements sout décorés de peintures gracieuses -, au milieu est une cour découverte, entourée d'un péristyle que soutiennent des colonnes de stuc ^ l'eau qui découlait de dessus son toit, à présent renversé, courait par un petit canal qui circulait à l'entour et se réunissait dans des citernes souterraines dont les profondeurs sont encore visibles, ou da moins les margelles qui sont en pierre de travertiue. A l'un 'des côtés de cette cour, on voit dans le mur une chapelle dont l'architecture offre un frontispice à trois pans, soutenu par deux petites colonnes de stuc. On y trouva le bel Appolloii à la lyre, statue de bronze, dont la lyre portaittrois cordesd'argent; ou la voit au Musée-Royal. Cette découverte nous a fait appeler cette maison du nom à'Apollon. Ses murs sont intérieurement couverts de figures à fresque, qui représentent des objets d'ornements militaires, tels que des boucliers,
des cuirasses ; les appartements sont pavés de belles nîosaïques. Dans l'une des chambres est une peinture détachée d'un mur, et suspendue comme le sont nos tableaux-, elle représente une nymphe ailée, avec un rameau d'olivier dans une main, et une corne d'abondance dans l'autre. Aujourd'hui elle concourt à l'ornement du Musée-Royal. On a trouvé dans l'une des parties de cette maison quantité de pièces de
i marbre et de tuiles , indication certaine de la restauration qu'on était occupé à faire depuis le tremblement de terre. On découvrit encore ici des serrures en bronze et en fer -, une balance ayant un bassin en bronze attaché par trois mailles bien travaillées, dont le contre" poids représentait une tête avec un petit casque ; un beau chandelier en bronze de la hau-
. teur de quatre palmes et demi, qui était supporté par trois pieds terminés eu têtes d'animaux et pattes de lion-, et enfin beaucoup de vases de cuisine en bronze, dont la forme était fort élégante. Toute cette belle et riche collection d'ustensiles à l'usage des anciens, se retrouve aujourd'hui dans le Musée-Royal.
Dans la troisième maison remarquable, toujours du même côté, on a trouvé, comme dans les précédentes, quantité de belles peintures,
et en outre de fort beaux vases de cuisine en bronze, et beaucoup aussi en verre; parmi ceux-ci les verres à boire méritèrent d'être remarqués : le pourtour en est uni de la largeur d'un pouce , et au-dessous descendent jusqu'au fond du verre six cannelures qui le terminent régulièrement. Lalougueur du temps, pendant lequel ces verres ont été enfouis sous un terrain humide, ayant décomposé leur superficie, y a fait uaîlre des écailles qui brillent de couleurs diverses comme l'Iris. C'est encore t dans celte chambre qu'on fit la découverte d'une caisse en bois qui contenait une grande quantité de fèves de la petite espèce, et qui étaient transformées en charbons; peut-être était-ce la provision destinée par le maître à la nourriture des bètes de somme ? Ayant lu sur le mur extérieur de cette maison , du côté de sa porte, le nom de ilf. PVPIVM AED.
B.OG. j quoiqu'en partie effacé, nous appelâmes du nom de Pupius cet édifice.
Le chevalier remarqua, tant dans cette rue de Pompéi que dans les autres, différentes maisons qui avaient été restaurées par leurs anciens habitaus, plusieurs peintures refaites, des pavés replacés, des murs recrépis. Il §st probable que ces restaurations datent du trem-
tiement de terre que l'on peut appeler la première affliction de cette cité. L'éruption du volcan qui la couvrit de cendres étant arrivée peu de temps après, les restaurations faites dans cet intervalle, ont été si bien conservées, qu'on les trouve dans un état parfait de fraîcheur.
Revenus à la rue principale, nous entrâmes dans la maison qui suit celle de Claude , et qui é^it une école de chirurgie y ou un amphithéâtre d'anatomie. Nous n'hésitâmes pas à la désigner de la sorte en y trouvant des instruments de chirurgie au nombre de plus de quarante •, la plupart étaient semblables aux nôtres, d'autres étaient d'une forme difiTérento , et peut-être aussi pour des usages dont nous ne connaissons pas la pratique -, on les a tous déposés au Musée- Royal. La maison est noble et spacieuse, ses pavés sont en mosaïque , et l'on y voit des peintures gracieuses; un parvis découvert avec un parterre «mbellissent le fond de cet édifice. On a mis au jour les anciennes allées du jardin, et on y foule le terrain antique dont se composait sa surface.
Passant sans examen plusieurs maisons en ruine qui suivent celle-ci, nous arrivâmes au ponderarium , c'est-à-dire l'hôtel public du
pesage, dont le pavé est en mosaïque, dont la porte a trente pieds de large , édifice tjui correspond à notre douane. En ejïïet quantité de poids en marbre, la plupart ronds et de différentes grosseurs, d'autres en basaltes, différenciés par des trous, et ayant des angles relevés , y étaient réunis ; on lisait sur quelques-uns rindication C. PON , c'est-à-dire cent uni pondo j poids de cent livres ou simplement PON , poids: et sur d'autres TA, Talentum , talent. D'autres petits poids carrés en plomb portent d'une part le mot E3IE , de Yauire HAJ3BEBIS , c'est-à-dire «c/ze/e:;, vous aurez -j on y trouva aussi des balances avec des doubles bassins et dos Jléaux ou pesons semblables aux nôtres. Sur la flèche étaient marqués les nombres /, //, ///, /^, F, f^f, VII, VIII , avec un poids pendant, de vingt deux onces, ayant la forme d'un Mercure; sur d'autres fléaux ou pesons on remarquait le long de la verge, du côte opposé aux numéros simples, V, X, XV, XX, XXX. Au fond de la salle, nous vîmes le piédestal en marbre dune statue qui n'y était plus.
L'édifice suivant était une manufacture de saçon. Nous observâmes que la première pièce contenait des tas de chaux, qui servaient à sa
composition-, dans la suivante, il y avait cinq cuves oblongues, d'un enduit très-dur, où on mettait refroidir la matière.
Deux cafés, ou boutiques de restaurants, se présentent ensuite au vojageur. Les anciens avaient beaucoup de ces établissements, comme aujourd bui nous en avons nous-mêmes quantité dans nos grandes villes.
Cette ligne de maisons est terminée par un réservoir d'eau , et finalement par nue fontaine. Elle consiste dans un vaisseau carré de pierre du Vésuve , dans lequel l'eau découlait par un conduit supérieur, dont on voit encore la trace. A cette extrémité, la ruelle vient aboutir en pointe à la rue principale, et celle-ci donne naissance à deux passages inverses à droite et à gaucli^.
i Continuant notre cbemin, sans quitter la grande route qui traverse la ville et en fait la rue principale, nous trouvâmes à gauche, plus loin que la fontaine , le four public ; notre admiration s'étendit sur la construction favorable de la voûte qui pouvait être échauffée avec peu de matière combustible; à la bouche de ce four était encore son couvercle en fer, et çà et là des vases de terre cuite , assez grands pour contenir de l'eau. Il y a également dans cette
chambre trois moulins à grains ; chacun de ces moulins a une base circulaire de terre dure, du milieu de laquelle s'élève une pierre en forme de cône ^ sur sa surface est appliquée une autre pierre, percée de deux trous, et ayant outre cela un passage arrondi à son sommet, par où ou fait descendre le grain. Le chevalier dit à la dame, qui était dans notre compagnie : Il suffit de deux personnes qui placeront chacune uu levier dans les deux trous pour faire mouvoir cette machine : ils feront tourner avec vitesse la pierre supérieure, qui broyera le grain après l'avoir fait introduire petit à petit par sou mouvement entre la pierre inférieure; puis le grain, réduit eu farine, tombera sur l'aire que vous voyez au-dessous. On en a fait plusieurs fois l'essai, et le résultat a été celui que je vous indique. Alors cette dame témoigna le désir d'avoir un modèle de ce moulin à bras , et le chevalier promit de le lui procurer.
Nous vîmes ensuite une boutique de marchand d'huile et de vin. La ville en contient beaucoup de semblables-, on en peut tirer uu argument pour démontrer que sa population était considérable. De grands vaisseaux en terre cuite, au nombre de six, ont été trouvés prés de là | enfouis sous les cendres, et des fourneaux dont
nous ne connûmes pas l'usage, construits dans le môme emplacement, tendraient à établir la même preuve.
Nous voici prés d'une des plus nobles habitations de Pompéi; c'est la maison qui appartenait à CaÏLis SaUustius , suivant l'épigraphe C. SALLVSTIVM. M. F. Après avoir franchi le vestibule, large de dix palmes et long de douze (i), nous entrâmes dans l'avant-cour qui, contre l'usage ordinaire, n'était pas entourée d'un portique -, six portes latérales qui conduisaient à six appartements différents, prenaient jour sur elle. C'est de là qu'on peut remarquer l'élégant travail des chapiteaux, des bordures, et des corniches, composés des stucs les plus beaux; et parmi ces ornements si distingués, une rose attache surtout les regards. Au milieu de cette avant-cour, où est situé le bassin ordinaire qui reçoit les eaux pluviales, s'élève un grand piédestal sur lequel on a trouvé placée une biche de bronze-, un ^e/'cw/e jeune encore, de la forme la plus parfaite, était assis sur cette biche (2)-, de la gueule de l'animal l'eau tombait
(O Douze iialnies font à peu prèî huit picd'i.
(3) Parmi les travaux J'Hercule , on sait que celui qui lui avait été imposé par Eitristée, consistait à se saisir, sur le mont Menalaus , d'une biche aux pieds de brouzc et aux cornes dor.
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dans une belle conqne de marbre grec; derrière la base de la statue, on trouva une table en chipolin y dont les pieds, de jaune antique, représentaient les serres d'un aigle. A gauche étaient deux chambres peintes à compartiments de différentes couleurs, avec des tableaux variés, représentant des grotesques comiques, ou des oiseaux, ou des quadrupèdes. Au fond de l'habitation, vis-à-vis l'entrée, est Yeocedra , ou salle de compagnie, pièce de grande dimention et sans fermeture -, derrière est la terrasse , ou parterre, local délicieux, embellide différentes colonnes en stuc. Là se trouvaient réunis d'un côté le nymphçum, ou petite salle de bain, et la fontaine qui y versait sou eau; et de l'autre un réservoir en forme de puits , servant à un jardin qui devait être orné de fleurs; situé au centre de cette belle galerie , il était destiné à • ajouter par son parfum à tant de délices. Dans ce parterre on reconnaissait les anciens dessins et allées sur le terrain découvert -, le mur qui y fesait face eu accroissait encore le charme par la variété des figures qu'il offrait aux spectateurs-, c'était des arbres, des bosquets, des oiseaux , des poissons, des lièvres et des volailles, peints dans différents compartiments. L'étranger nous fit l'observation qu'il devait y avoir eu
autrefois dans cet endroit une espèce de garenne, où les lièvres et les autres quadrupèdes représentés trouvaient leur nourriture. Peutêtre la volière, ou X ornithotropliium des Grecs, qui renfermait différentes espèces d'oiseaux et une cage à loirs, étaient-elles placées dans cette partie du logis? La cage à loirs était composée d une réunion de niches en terre cuite disposées en rond, où les anciens élevaient ces animaux pour servir à quelques usages bizarres , dont nous ne pouvons pas rendre raison ; car il n'est pas venu à notre connaissance qu'ils les aient jamais mis au nombre des mets dont ils se nourrissaient, (i)
Du côté de la salle de bain on a découvert, il y a peu de teD:!ps , une table en marbre blanc, soutenue par un seul piédestal , que les Grecs iappelleut monopodium) autour étaient trois sièges. C'était peut-être là le tricliiiium des
( 1 ) Varron, dans son traité J)e re rusticâ, livre III. a Glires îagirantur in doliis, quœ etiam in viilis liabent multi , quac Iguli faciuot. In hoc dolium addunt glandem , aut nuces uglandes, aut castaneam. Quibus in tenebris fiunt pingues »
« Les Loirs sont engraissés dans des niches en terre cuite
> que fabriquent les potiers ; on en voit beaucoup dans les • maisons de campagne. On leur donne pour nourriture des
> glands, des noix , ou des châtaignes , et on les tient dans < l'obscurité pour les engraisser. » Dans la cour du Musée- Elcyal on peut voir quelques-unes de ces cages à loirs.
anciens^ demanda la dame... précisément , répondit le chevalier. Les anciens avaient leur table à manger pour deux, trois, six personnes, comme nous avons aujourd'hui nos caresses : suivant le nombre des convives., on était introduit dans le hiclinium ^ le iricîinium , Vhexaclinium , \ heptaclinium , et les mets étaient apprêtés pour deux, trois, sept personnes plus ou moins, et servis sur une table ronde. C'était alors que Ton usait du sigma..., lit pour s'asseoir à table.
Ah ! quelle mode insupportable était celle de se placer sur des lits, trois ou quatre l'un à côté de l'autre , le coude gauche posé sur la table, les jambes étendues sur ce lit, ou banquettes? et surtout pour les dames! Telle était pourtant la mode, lui répliquai-je , que les Romains apportèrent des peuples d'Asie qu'ils avaient vaincus , alors qu'avec la conquête s'introduisirent chez eux les richesses et les coutumes orientales, que C aton-le-Sévère disait être la ruine de la république. Dans les siècles anciens où la vertu était en honneur, les couvives s'asseyaient à table comme nous. C'est de la sorte qu Homère fait asseoir ses héros et ses ^ dieux. Tout dégénéra ensuite et tendit à la mollesse. Vous seriez étonnée si je vous répétais l
ce que plusieurs observateurs, et entre autres le père Monjaucorij ont dit à cet égard. Ils attribuent cette coutume de se coucher pour manger, à l'usage immodéré du bain. Gomme on se mettait à table immédiatement après être sorti du bain , plein de langueur et de faiblesse, on trouvait fatiguant de se tenir assis ou debout ; et pouvait-il y avoir une mollesse plus recherchée? Ajoutez que ces efféminés, dés qu'ils étaient rassasiés ou enivrés, s'étendaient toutà fait couchés sur leur dos ou sur leur ventre, appuj^ant la tête sur un oreiller ou coussin, et dans cet état continuant à manger. Mais ue 1 croyez pas que leur délicatesse reposait sur le marbre ou le bois, ils avaient sous eux un lit de plume recouvert d'une courte-pointe de pourpre , ou d'autre étoS'e en soie , ou d'étolFe en or, qu'ils appelaient stragula-^ à leurs pieds étaient placés les parasites qu'ils admettaient pour se récréer et les ombres , c'est-à-dire ceux qui dépendaient d'un patron ou qui étaient introduits par quelques amis invités. Rome abondait du temps d'Horace en gens de cette espèce -, on disposait pour eux des places aux banquets, locus est et pluribus umbris. Nos villes ne sont pas non plus dépourvues de ces convives. J'ai eu le plaisir de voir à Portici ^ dans le Musée-
Royal, uue peinture que Ton avait détachée de dessus un mur à^Herculaniim, et qui représenle très-bien un bicUnium , table à deux couverts. On y voit un jeune horanae étendu sur un lit, recouvert d'une courte-pointe blanche j il a le coude gauche appuyé sur la table , et sans chaussure (soleœ) à ses pieds-, car jamais les { anciens n'en conservaient alors ; il porte un habillement qu'on appelait sintesi ou cenatoria , habillement de table. Sa main, qui est libre, tient uue corne pleine de viu, dans Tattitude.», d'un homme qui veut boire, sans cependant approcher encore le vase de sa bouche -, à côté de lui est étendue une jeune dame ayant un filet en or autour de la tête -, une de ses mains est appuyée sur la table, et avec Tautre elle indique un esclave qui vient et qui apporte une petite caisse contenant probablement des liqueurs; devant eux est uue table soutenue par trois pieds, et sur laquelle on remarque trois couverts-, la table et le plancher sont jonchés de fleurs. Cette peinture fut considérée comme j une des plus curieuses qu'aient offert les fouilles-, c'est ainsi du moins que l'ont appréciée les académiciens àHerculanum, qui en ont publié le dessin dans le premier volume des^ 1 autiquités de cette ville.
Après avoir terminé nos observations sur la manière dont mangeaient les anciens, nous retournâmes au vestibule , afin de nous introduire dans les chambres à coucher; nous en trouvâmes la porte fermée par une barrière en jbois. Différentes chambres composent cette partie de la maison -, elles tirent leur jour d'un jardin ouvert, entouré d'un péristyle. Les colonnes à huit pans qu'on y remarque sont, ainsi que les chambres , peintes du rouge le plus éclatant. La dame tourna aussitôt ses regards vers une peinture qui occupe tout le mur qui Ifait le fond du péristyle, où est représenté Actéon déchiré par deux de ses chiens ; et non loin de Xk Diane nue et pudique, aperçue par lui dehors du bain. L'art du peintre y a vivement exprimé les différentes émotions dont étaient saisis les personnages de ce tableau. [Elle passa à l'examen de deux autres qui sont [situés à la partie opposée de la salle -, le premier ^présente l'enlèvement àEu/'ope ; le deuxième, HELLEE , tombée dans la mer Kgée j et PHRYXJ^S qui passe le détroit à la nage sur un mouton. Nous eûmes le plaisir de lui entenidre expliquer le sens allégorique de ces fables, et particulièrement rétablissement des colonies phéniciennes en Europe.
De l'iui et de l'autre côté du péristyle décoré de peintures, se trouvaient deux chambres à coucher ; celle à droite est ornée d'un riche pavé de marbre africain le plus rare , et dont les compartiments offrent un agréable dessin. Le plafond représente Vénus , Mars et Cupidon^ au côté droit du mur on vcit un oratoire ou une niche avec un frontispice. On y a trouvé une petite idole de métal, une cassoIeLte en or du poids de trois onces, et une pièce de monnaie M en or, douze autres en bronze, frappées sous ; le règne de l'empereur Vespasien. Dans la i chainbre à coucher, à gauche , on a remarqué i huit petites colonnes en bronze, dans lesquelles étaient incrustées des pièces de bois doré, ser- J vaut de décoration au lit; on a trouvé aussi i dans des niches des tables peintes , dont il ne reste plus que des fragments.
Nous ne négligeâmes pas de voir la cuisine , les lieux d'aisance et la dépense, où l'on s'introduit par le même vestibule découvert : ces pièces sont situées à droite, après la chambre à^ coucher dont nous avons parlé. On y a décou-|. vert quantité de vases en bronze, coupes, pots!' à mettre devant le feu, etc. Et à travers cesj ustensiles de ménage, un anneau d'or dont le ri chaton estuneagathe trés-brillaute , sur laquelle
un chevalestsculpté. Nous consacrâmes plusd'une heure à Texamea de ce bel édifice, et notre curiosité s'attacha surtout à des peintures , des stucs, des pavés dont il serait trop long de donner le détail. Vis-à-vis de cette maison, du côté de la petite rue, on a trouvé, en décombrant, quatre squelettes, et parmi leurs os, cinq bracelets, deux anneaux surmontés de pierres, deux pendans-d'oreilles et un lacet à mailles, le tout en or; et en outre trente-deux pièces de monnaie et un plat en argent avec un chandelier et des vases en bronze.
Sortis de la maison de Caïus Saîlustîus , nous visitâmes celle de Julius Cecilius Capella suivant son indication J. C. C. BVFMVIR; elle est entièrement en ruine. Outre cette inscription nous eu vîmes encore sur son mur une autre en caractères osques ou samnîens , qui fut lue par les académiciens d'Herculanum ainsi qu'il suit : EKSVC AMVIAINVR EITVNS ANTER TIVRRIXII INIHEL SARINV PVPH PHAAMAT MR. A. ARIRIS. V., c'est-à-dire: Ex hinc viaLor iens ante tuivi XII y inibi Sarinus Publii^cauponatiir , ut adirés, vale. « Voyageur, en traversant d'ici jusqu'à la fl'ouziéme tour, là, Sarinus , fils de Publias , tient auberge. Porte-toi bien.
Ce serait uue épigraphe pour indiquer au Yoyageur que de là pour aller à la douzième tour, on passera par l'hôtellerie de Sariuus. Ce pourrait bien être aussi l'indication du mont Sarus , d'où découle la rivière de Sarus , suivant Vihius Sequester -, ou l'annonce qu'à douze milles de distance on trouverait une hôtellerie. Les anciens pour l'utilité des voyageurs fesaient placer sur leurs routes de semblables inscriptions.
Une boutique de marchand d'huile ou de vin se présente à la vue après cette maison délabrée. On y voit encore , comme à toutes les autres, des rayons surchargés de vases.
' Arrivés là , au lieu de suivre la voie romaine , nous entrâmes à gauche dans une ruelle-, à l'entrée de cette ruelle , était la pierre qui sert à enjamber d'un trottoir sur un autre. Le mur de la partie droite de cette ruelle est entièrement neuf-, il date de la restauration que le propriétaire du terrain a fait faire à la suite du tremblement de terre de. Tan 63.
Par ce chemin nous sommes arrivés à la maison de Modestus , suivant l'épigraphe que porte cettï partie de muraille MODESTVM AED. R^ ici la ruelle, tournant au nord, se termine aux murs publics, d'oà partent deux rues se
dirigeant l'une à l'orient, l'autre au midi-, c'est dans ces rues que l'on emploie les ouvriers pour la prolongation des découvertes.
En face de la maison de JModestiis , sur l'autre ligne de la ruelle , il n'y a pas long-temps que l'on a découvert une maison dont l'architecture paraît fort belle. On a eu lieu d'y observer, parmi les autres particularités, qu'elle avait un étage supérieur-, ce qu'on distingue bien par la disposition dans laquelle ou a trouvé les poutres. Autour de Ximpluvium de cet édL- 1 fice, c'est-à-dire du réservoir carré où venaient aboutir les eaux pluviales, on voit plusieurs compartiments en maçonnerie, dans lesquels on cultivait sans doute des fleurs ou des plantes odoriférantes. \.q vieux terrain qui les avait vus croître existe encore. Sous l'escalier en ruine qui conduisait à l'étage supérieur, on a I trouvé des fioles de verre en grande quantité, , et dans les murs du vestibule et des chambres latérales , différents dessius d'architecture élégante , de gracieuses nymphes suspendues en l'air sur un fond rouge, portant agréablement, dans des tabliers, de belles fleurs et de beaux fruits -, voilà pourquoi nous avons donné à cette maison le nom de maison des fleurs.
Poursuivant nos recherches dans la même
direction et du même côté, uous avons trouvé la boutique d'un forgeron (r). La quantité de. fer découvert dans cet endroit et parliculiéredes roues et des axes de roues, des instruments,, eu fer,. ek que des tenailles et des, marteaux ,t ne nous ont pas laissé de doute sur la désignation de cette boutique. Elle n'occupait qu une chambre du devant de l'habitation qui était composée de plusieurs pour dififérents usages -, à droite on aperçoit les vestiges d'un appartement de bain, et à gauche, une cave, reconnaissable par quantité de bouteilles à long col qui y étaient déposées. Au fond de l'entrée de cette maison, nous vîmes avec plaisir un four public, mais plus ingénieux et plus solide que
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(i) Ces boutiques avaient toutes extérieurement une enseigne |,, en peinture; nous avons indiqué que le marchand d'amulettes, ■ j avait sa montre en relief et en terre cuite. AuMnseum de Portici, iJ et principalemunt dans la salie où est déposé le petit Autel d'Isis , on en peut observer plusieurs d'un travail médiocre , et dans le goût des enseignes de notre rue Catalane. On y voit les fabricants de chaudrons et d'autres ustensilcs-tle cuisine ; dans toutes les postures qu'exige leur fabrication ; la boutique du savetier et du cordonniery est représentée , l'attelier du potier, celui du forgeron ; et enliu on y voit l'enseigne du pédant qui montre à lire : il y est en peinture , fouettant un malheureux enfant qui n'a su décliner un nom; les auberges, les cafés cl les différentes tavernes , ont tous leur montre en peinture ; rélalage du vendeur et la jcie de ceux qui y viennent boirei n'y sont pas oubliés.
celui que nous avions vu déjà-, on y remarquait enlr'autres, la chambre où l'étuve où se pétrissait le pain, et une petite ouverture par laquelle on passait ensuite ce pain dans le four -, une quantité de vases d'argile, propres à contenir l'eau , et quatre moulins à grain. Les Anciens portaient le grain au four , et là ils avaient la commodité de trouver le moulin nécessaire pour le broj^er , les pétrins pour le préparer et le four pour le cuire. La grande entrée de ce four était du côté de la ruelle. Lorsque nous fûmes sortis de cet établissement public, l'étranger se rappela que vis-à-vis devait correspondre la maison, appelée du lion ^ qui fut la dernière que nous observâmes dans cette partie de la ville du côté droit. Recommençons , nous dit-il, le trajet que nous venons de faire en examinant l'autre côté de la rue tant que les fouilles nous le permettront.
En suivant son avis, nous attachâmes nos regards du côté droit en partant de la maison du lion, et après avoir passé rapidement devant quelques habitations en ruine, nous arrivâmes à celle àe Si'etfius Herennius , d'après son épigraphe : SVETTTVM L F. HERENNIVM.
La maison de Julius Polybius est contiguë à celle-ci-, une annonce l'indique eu ces termes :