‹ Voyage à PompéiChapitre 17 sur 31 · C. IVLIVM POLIBH^M II, VIR. VATIA-R · texte numérisé non relu

C. IVLIVM POLIBH^M II, VIR. VATIA-R

elle devait être fort agréable d après les dispositions des chambres que nous avons remarquées, i et à cause de son joli point de vue -j elle était d'ail- î leurs presque toute renversée. A main droite une élégante mosaïque, où est représenté le chasseur Actéon ^ sert de pavé à une petite chambre (i).

Nous vîmes ensuite la maison de Julius M quanus , comme le porte l'inscription : I. F. II , VIR. I. D. AEQVANVS^ elle paraît unie à celle de Polybe. Dans le grand vestibule découvert, il existe encore quelques colonnes en stuc, peintes eu mosaïque, qui produisent un bel effet.

Après cela, plusieurs boutiques ruinées se sont offertes à nos regards jusqu'à ce qu'arrivant , à une petite rue qui tourne au midi, on rencontre un terrain qui n'est pas encore mis à ^

( i ) M. Cassito , dans ses nouvelles fables de Phèdre, avec coumientaiie, 5™« édition de Naples i8i /, voit dans la maison de Polyhe , celle de Phèdre , qui s'était, comme Claudius, retiré à Pompéi pour éviter les persécutions de Tibère et de Séjan^ ii dit que son nom était Polybe, auquel on ajouta le surnom de Phedrus, qui veut dire joyeux. De plus, il prétend que ce Vatia qui fait un compliment à Polybe dans l'inscription , est le même que désigne Sénèque {Epitt'e 55.) , qui comn:e eux se réfugia en Carapauie sous le règne du soupçouneux Tibère.

découvert. Les fouilles cessent ici d'offrir le surplus de la ville aux regards des voyageurs.

Reprenant le côté opposé, à la distance de trois maisons, uous sommes entrés dans l'académie de musique : c'est une habitation très-grande et très-convenable, ayant une cour, au fond de laquelle uous vîmes sur la muraille une

î peinture représentant deux serpents qui s'entrelaçaient autour d'un autel placé sous un

î oratoire. Les vastes chambres à aauche sont toutes ornées de peintures, représentant des instruments de musique. Nos modernes compositeurs pourraient s'y exercer à la recherche , de nouveaux instruments à ajouter à ceux que uous possédons. Le crotulum, ( espèce de cymbale composée de deux lames en cuivre ) , le sysirum , la trompette à six trous, les flûtes , appareillées, etc. Une plaque de fer fixée en ^erre dans la salle principale, indiquait qu'elle était propre à 3' soutenir quelqu'instrument de

' Il .

1 musique, peut-être un scahillum (1)5 à droite ' : ou voit un appartement de bains.

%l (1) Au nombre des instruments dont les anciens se servaient k\ pour accompagner le chant, tel que les flûtes, les flageolets, It s W[ :guitares, les cymbales, les çobelets ou teslion; plusieurs auteurs iM'l parlent du 5c«ii7/i/7H. C'était un instrument à vent, delà niêiiie ii espèce que nos orgues, que L.s joueurs de flûtes faisaient parler avec le pied au moyen d une semelle en bois ou en fer

La maison de Suettius , SVETTIVM, qui se rencontre ensuite, n'a presque plus que son entrée debout ; près d'elle est celle de Caïus Julius Priscus y C. I. PRISCVM -, et enfin ou arrive à uue boutique qui est en face où la rue se divise en deux. La partie qui descend au midi, comme nous l'avons dit plus haut, n'est pas encore découverte, et l'autre qui regarde l'orieixt est à peine déblayée.

Une peinture faite sur le mur de la boutique piqua vivement la curiosité de la dame qui nous '^ accompagnait-, elle représentait un gros serpent ; qui mord une pomme garnie de feuilles, assez ( semblable à une pomme d'ananas ; elle induisit i" de là que cette boutique devait être d'un pharmacien. Du reste le serpent était chez les anciens non seulement le symbole de la santé, mais encore d'un bon augure , et sous ce rapport ou trouvait son portrait dans presque !

( Voyez Alb. Rubenius,De re vestiar chap. i^. ) Il semble q«8 1

notre Stace ait voulu parler de cet instrument lorsqu'il disait : (

Et ad inspirata rotari

Buxa ']

L'ancien Scotiaste ajoute à ces paroles: Buxa,id est Tibi<e,y£i scabilluin quod in sacris tibicines pede sonare consueverant. Ce.<! joueurs de flûtes , tout en soufflant dans ces instruments , tou-i chaient avec le pied le Scabillum , qu'ils accordaient avec i< flûte.

toutes les maisons -, mais elle rencontra juste fiurlout parce que dans cette même boutique on a trouvé des vases avec des préparations chimiques séchées, des pilules et des alambics eu quantité (i) -, un beau chandelier en bronze couronna la découverte.

Les autres maisons que nous remarquâmes en continuant notre course, nous furent inconnues, à moins que cette inscription C. I. P. II, VIR. ne voulut désigner une autre maison de Caïus Julius Vriscus , duumvir ; celle de Suetius, SVETTIVMII, VIR. D. R. P., c està-dire digne de la république ^ l'autre de Gneus Hilarius Sabinus, GN. HILARIUS SABINUS; et enfiu l'habitation de Fortunata , FORTV- NATA, à côté de laquelle était un marchand d'huile ou de vin , et dans la boutique une quantité d'amphores avec des comptoirs en marbre très-beau.

De l'autre côté de la rue, après plusieurs boutiques ruinées, on arrive à la maison de

(i) Dans une peinture d' IlercuJanuin , trois habitués de la pharbiacic étaient représentés. L'un agitait avec une cuiller une certaine liqueur placée clans un vase sur le feu; deux au- . très se fatiç^uaient autour d'un alambic d'une forme toute particulière, pour extraire de l'huile d'amande, dont ou voyait déjà une partie recueillie par extrait. Pitt. Hcrcid.voL...

Marcellus, MARCELLUM D. O. V. F. c'està-dire dignum orat , ut Jareat , et à celle de Suettius Popidius, édile, A. SUETTIUM PO- PIDIUM AED.; elles se sont trouvées presque toutes renversées.

Avant la maison de Fortuuata, dans l'angle du chemin fourchu, la principale rue de Pompéi s'unit à une ruelle du côté gauche , ruelle qui va jusqu'aux murailles d'enceinte de la ville ; une fontaine de la même forme que celle déjà ' décrite formait Tangle où se terminait l'ahgnement des maisons -, l'eau avait son passage par une pierre, sur laquelle était sculpté un aigle qui se lançait sur un singe.

A côté de la maison de Fortunata à gauche, on remarque un autre four public de la même construction que les précédents-, sur l'un des trois moulins qui sont de la dépendance de ce four , on lit ce nombre : SEX -, sur la bouche du four on a mis à découvert un Priape (i), coloré de vermillon, composé de terre cuite, avec cette légende : hic habitat félicitas .

Pénétrant dans une rue voisine qui se dirige au levant, nous trouvâmes à notre gauche la maison de Pansa, suivant l'inscription qu'elleir

1 ) Phalks.

i45 portait sur son frontispice : PANSAM AED. PACATUS ROG. Elle est remarquable par son architecture supérieure à beaucoup d'autres de Pompéi. Après avoir franchi le vestibule, ou y trouve la première cour découverte, pavée de marbre blanc taillé en carré. Les chambres qui sont sur les côtés, sont ornées de belles mosaïques.- de ces chambres on passe à une seconde cour par deux escaliers en marbre, décorés d'un péristyle fort noble qui règne autour , soutenu par quatre colonnes sur le premier plan, et par six sur les côtés. Ces colonnes sont de pierres volcaniques , recouvertes de stuc avec des chapiteaux et des cymaises d'ordre corinthien. Quelques-unes de ces colonnes sont encore debout, d'autres, renversées et cassées, sont amoncelées dans un angle du bâtiment. Le pavé et les canaux qui reçoivent les eaux sont de beau marbre blanc. Au milieu de cette cour ( impluvium ) est une grande pêcherie avec des conduits en bronze; on y remarque aussi un puits. Plusieurs chambres à l'entour embellies de peinture, et surtout deux chambres à coucher à gauche , mettaient cette maison au nombre des plus commodes et des plus vastes. Nous nous arrêtâmes dans la cuisine, et observâmes avec attention le foyer qui était sembla-

hle aux nôtres-, on y avait trouvé beaucoup de vases en terre et eu bronze , et dans le foyer même la cendre que Pansa y avait laissée. Une chose encore plus singulière, c'est une grossière peinture qu'on voit sur le mur, représentaut un jambon j une broche, une anguille et autres objets à manger qui sont du ressort de la cuisine. Sur un des côtés est le passage pour aller à la cave, et plus loin aux latrines. Au fond de cette seconde cour on voit une terrasse ouverte, terminée par un escalier de marbre qui conduit à un petit jardin par un long rang de colonnes bien conservées.

En face de la maison de Pansa, dans la même rue, est une file de maisons presque toutes renversées, dans une desquelles on remarque les traces d'une boutique de marchand d'huile ou devin : on y voit des bouteilles à longs cols, et une large porte qui était celle à'EpidiusSabinus, suivant l'inscription EPIDIVM SABINVM.

Viennent ensuite des ruines (i).

(i)Dans celle étendue de maisons, on découvril en iSog, celle d'un marchand de couleurs, dos échantillons de ces couleurs,au nombre de sept, furent envoyés à M. Chaptal , à Paris, pour être assujettis aux épreuves de la chimie. 11 en est fait mention dans l'esprit des journaux, mois de mai 1809, vol. V, Bruxelles. M. Chaptal en désigna quatre qui n'avaient pas reçu de préparation de la ma'n des hommes ) c'était une argile

Repassant à la voie romaine, nous vîmes eiï y allant quelques autres maisons que l'on venait de rendre au jour, et l'emplacement de celles qui n'étaient pas encore décombrées. Sur le pilastre d'une d'elles nous lûmes l'inscription ALFIVS NICIDIVS, dont nous avons déjà parlé.

verdâtreet savonneuse, un ocre d'un beau jaune, un brun roago qu'il pensa être produit par l'ocre jaune calciné, et une pierre ponce légère et blanche ; les trois autres offraient des couleurs composées, entre autres, l'un de ces échantillons était un brun vif, sur lequel le nitre et l'acide muriatiqiie produisaient une légère effervescence. 11 jugea que c'était un composé d'oxideds cuivre, de chaux et d'alun ; le second était un gravier d'un bleu pâle, qu'il trouva composé des mêmes principes; dans le troisième on remarquait une teinte rosée qu'il considéra comme un vrai lac, dont le principe colorant dérivait de Valuinine. Toutes ces couleurs étaient destinées à la peinture et spécialement à vernir des vases , après avoir subi un alliage avec des corps goraeux. Car les anciens ne connaissaient pas la fusion des métaux dont on use aujourd'hui pour vernir et vitrifier la superficie cTes vases. M. Chaptal en excepte la seule couleur noire qui dans les vases anciens, présente des caractères de vitrification.

Réflexions sur les maisons de Ponipe'i , et sur les objets qui y ont été trouvés.

Etant revenus à la m^son de Fortunata, dans l'embranchement de la rue , vis-à-vis la fontaine , la dame voulut s'asseoir sur un pan de mur et prendre un peu de repos. Quel jugement , lui dit le clievalier, portez-vous^ madame, sur les maisons de Ponipéi^ après eu avoir fait un si minutieux examen? Elles sont belles, réponditelle, et par ce qu'il en reste, elles paraissent avoir été plus ornées que les nôtres, mais elles ne sont pas aussi magnifiques et leur structure n'a pas le même grandiose.

Les anciens aimaient la grandeur et la magnificence dans leurs édilices publics, priucipalem.ent dans ceux qui étaient destinés au culte de la divinité, ou ;\ l'usage du public-, mais ils voulaient, dans leurs habitations particulières, qu'on rencontrât seulement ce qui est nécessaire et décent. Qui ne sait quelle était la magnificence du portique et du théâtre de Pompée à

'49 Rome ; taudis que la uiaisou de ce guerrier u'avait rien de remarquable , rieu qui la distinguât de celles des autres habitans? bien plus, un Romain dont je ne me rappelle plus le nom, aj'ant voulu faire construire sa maison avec plus d'élévation que celles de ses voisins, fut accusé de vouloir affecter un air de domiualion et condamné comme un rebelle.

Ce qui m'a le plus surpris, dit l'étranger, c'est dé voir à chacune des maisons un vestibule ou cour découverte, entourée d'un péristyle, ce qui forme une espèce de cloître, au moyen duquel vous vous introduisez à l'abri de la pluie daus les appartements-, et cette construction indique qu'en général l'architecture pratiquée ici était étrusque et. non pas grecque, car les Grecs n'avaient pas ainsi une galerie couverte au milieu de leurs corps de bâtiments -, c'est ce qu'atHrme Vitruve , ( Liv. VI, chapitre lo )j l'ordonnance en était ditlérente. Les uns étaient d'un ordre d'architecture qu'on nommait tetvastyle , et présentaient quatre colonnes de face de chaque côté; d'autres de l'ordre toscan, soutenus par de 'simples solives-, d'autres à deux goutiôres, c'est-à-dire avec un toit incliné et irejettant les eaux de' deux côtés seulement; iïautres en forme de tortue ^ parce qu'ils étaient

eiitièremeut couverts par le toit sans que la lumière y pénétrât. L'observation que fait naître à Pompéi la vue de ces cours ouvertes, entourées de portiques, nous fait parfaitement comprendre ce que dit Vitruve dans son VI^ Livre, et que les commentateurs n'avaient pas pu éclaircir jusqu'à ce jour. La vue des puits situés dans ces cavœdea, où l'on rencontre de l'eau sous la main, n'est pas moins intéressante à mes yeux. La salle de bain se trouve presque toujours placée près de là, ainsi que le parterre -, je remarque aussi l'uniformité générale dans la distribution des chambres et dans leurs décorations et le goût général pour les peintures. Certes, nous sommes loin d'avoir un goût semblable, et s'il se rencontre chez quelques-uns des modernes, les peintures et les attiques qu'ils possèdent , sont inférieures à ce qu'on voit dans ce genre à Pompéi : par exemple on ignore encore parmi nous l'art de composer des couleurs aussi admirables que celles dont les anciens ont fait usage pour transmettre leurs chef-d'œuvres jusqu'à nos jours. Ces couleurs ont encore la transparence du cristal. Quelle régularité dans les dessins.... quelle grâce dans les mouvements.... quelle variété dans l'expression! Et cependant je vous affirme, lui dis-je, que.

vous n'avez pas vu ce qu'il y a de plus remarquable daus les peintures découvertes à Pompéi. C'est dans le Musée-Royal de Portici qu'il faut aller voir ce trésor ; c'est là qu'on l'a transporté : si vous les voyiez, vous seriez forcé de convenir que les anciens avaient aussi leur Raphaël pour les portraits, \euv Saluator-Rosa pour les paysages, et leur Viuiani pour les dessins d'architecture : et il est douteux que ces célèbres peintres aient jamais égalé le mérite des anciens. Il n'y a pas d'expression pour représenter la surprise des amateurs de peinture et surtout de notre Solimena qui était présent aux fouilles, lorsqu'on détacha d'une chambre de Pompéi douze peintures et treize autres fragments, c'est-à-dire six bandes d arabesque, avec un Cupidon au milieu et sept voltigeurs qui dansaient sur la corde ; le tout d'un dessin et d'une exécution admirables : les douze figures représentaient douze jeunes nymphes daus les attitudes les plus immodestes-, ce qui porta à croire que la maison, d'où on les avait tirées, était uu lieu de débauche ( triclinium venereum ). On en voyait dansant, couvertes d'un vêlement léger-, d'autres avec un disque à la main -, d'autres en bacchantes , agitant des cymbales retentissantes -, d'autres avec des corbeilles de

fleurs. On 3"^ voyait un Cenlaure qui portait sur sa croupe une Bacchante demi-nue-, une Cenlauresse qui , d'une main , touchait les cordes d'une lyre, et de l'autre, tenait embrassé un jeune homme-, entîu, il y avait des joueuses de cymbales et de tympanons dont les formes étaient enchanteresses.

A quel tableau de nos artistes, depuis la renaissance de la peinture à dater de Cimabiie , comparerez-vous ou \ Ariane abandonnée clans l'isle de Naxos , un petit Amour désolé, et une suivante montrant avec la main le vaisseau du perfide Théséel ou XAppollon avec les neuf Muses dans différents tableaux ? tous ces personnages avec leurs attributs caractéristiques et avec des inscriptions grecques-, ou le célèbre tableau qui représentait les symboles et les mystères de Bacchus j qui fut trouvé suspendu à un mur par un crochet en fer, ayant été, à cause de sa rareté, enlevé précédemment, par les anciens, de dessus la muraille où il avait été peint? ou la Minerve qui tue P allante , et une Victoire ailée qui verse de la liqueur sur un autel, où brûle un feu sacré? ou enfin Hellé , vêtue d'une robe couleur de vert-marin, déjà tombée dans la mer Egée , élevant une main pour demander du secours au jeune Phrj.rus ,

qu'un mouton à la nage transporte à l'autre bord? Dans quelle école de peinlore moderne trouverez-vous quelque chose de comparable à ces groupes disies délicieuses, de paysages et de campagnes charmantes qui font partie des peintures de Pompéi? à ces vaisseaux de différents rangs de rameurs qui se présentent au combat? à ces fragments si étonnants d'architecture dont on ne rencontre sucun exemple dans les cinq ordres qui nous sont connus? Il ' Les plaisirs naïfs des pasteurs sont représentés dans quelques tableaux,- d'autres nous offrent des génies, des chasseurs; quelques-uns retracent les divertissements de la pêche à l'hameçon; ? d'autres des jeux d'enfants les plus gracieux et les plus naturels qu'on puisse voir. Je ne vous nomme, pour ne pas fatiguer A'otre attention, qu'une partie des sujets traités par les peintres anciens. Vous serez ravie, madame, envoyant leurs tableaux, et un jour ne vous sufhrait pas pour en bien examiner quelques-uns... Je vous pTomets , répondit-elle , que je me dispose à les h'iei. voir en détail.

Ce sont là des monuments sans doute intéressant-.^ dit l'étranger ; la collection en surpasse le nombre de i58o, provenant tant de Pompei qu» d'Xîerculanum et de Stabie, exposés

-dans seize salles au Musée de Portici. Ce Musée est unique sur la terre-, la valeur en est incalculable... Mais indépendamment des peintures^ ou dit qu'on a trouvé à Pompéi bien des objets curieux et intéressants — Cela est vrai réplîquai-je ; on y a trouvé des bronzes, de l'argent, de l'or, des verres qui, par leur emploi, présentent le plus grand intérêt... Des bas- reliefs en argent massif ou en feuilles d'argent du travail le plus exquis. Ceux d'argent massif représentent Cléopâtre mourante ; elle est placée sur un siège avec un amour qui pleure auprès d'elle; et deux de ses suivantes, tristes et affligées, lui portent les secours que réclame son état 5 on trouva ces bas-reliefs suspendus au mur par un crochet d'argent. J'ai vu dans le Musée-Royal , provenant des mêmes fouilles, les bas-reliefs en laminettes d'argent : ce sont trois portraits de la Fortune , chacune ayant sur la tête un modium y ou boisseau à mesurer du grain, à la main droite un gouvernail, et dans la gauche une corne d'abondance -, au-dessus est la lune qui se lève. Les académiciens d'Hfrcu- Jl lanum ont retracé ces figures dans le premier volume des bronzes.

On trouva encore dans une cb'DJbre un reste d'armoire eu bois, dans lao'^^l® on dé-Bjji

couvrit quantité de pièces d'or, et parmi elles UQ médaillon d'Auguste, très remarquable et peut-être unique, de quatorze lignes de diamètre , avec la légende CAES. AVG. DIVI F. PP. IMP. XV. avec l'exergue SICIL. On y trouva aussi plusieurs tablettes pour écrire, avec les écritoires en terre cuite qui avaient encore conservé l'encre qui s'y était calcinée : ces objets curieux sont aujourd'hui placés dans le Musée-Royal dans la salle des Papyj-usj et enfin cette armoire contenait aussi différents bronzes, des Sphinx j et im Osiris qui servaient de poignées à des clefs.

Combien de figures en bronze qui s'adaptaient aux canelles d'où découlaient les eaux des fontaines I Combien de petites statues à^ Hercule, de P allas j de Jupiter l combien àQ Sera pis ou Mei'cures ou Vriapes en forme àiHermès que les Anciens plaçaient au-devant des portes de leurs maisons ou dans les gymnases, ou comme limites de leurs héritages ! combien d'autres statues enfin de terre cuite, des Isis , des Priapes , des Esculapes et un Jupiter et une Junon qu'on peut voir à présent dans le Musée- Royal? On ne finirait pas si l'on entreprenait de nommer toutes ces statues; vous pouvez juger, par ce que j'en cite, à quel point les

Ancieus cultivaieul les beaux arts, et combien ils les avaient perfectionnés.... Je n'en doutais pas, reprit l'étranger, mais je suis satisfait de

voir sur ce point mon idée confirmée

Il est bien vrai, reprit le chevalier, que beaucoup de choses curieuses, dont vous ne parlez pas, ont été encore trouvées dans les maisons de Pompéij telles que des candélabres et des lampes de diverses formes ; une multitude de vases ou d'argent ou dorés , soit en bronze, soit en terre cuite , soit en verre , à Tusage des temples ou des particuliers, que les Anciens nommaient hjdriœ , sjphones , cjaihï , iralJœ, ollœ , cojigii , amphorœ , diotœ , copides : Hydries , sjphons, coupes, vases à deux anses à large ouverture , congés , amphores , lacrymatoires , etc. Plusieurs de ces derniers vases en sardoine , et parmi tous un superbe vase en marbre de Pa/'os , sur lequel étaient sculptées des fêtes en l'honneur deBacchus. De plus , tout ce qui était consacré à l'usage des temples et principalement dessacrifices : accerœ, prœfcricula y liguîœ , paterœ , capuîœ, litui^ bipennes. Des cassolettes, des bassins, des spatules , des coupes , des gobelets à une anse , des crosses, des lames à deux tranchans, et autres ustensiles semblables. Tous les instrumens que

i57 les arts faisaient naître •: des tablettes enduites de cire^ des écritoires à cylindre, des stylets, des plumes en bois de cèdre , des instruments à deux lames en cuivre, des sistres, des flûtes, des cymbales, des luths en fer avec un manche, des compas, des houes, des acettes , des pics avec deux pointes en fer , des coutres en bois , des marteaux \ enlin on a trouvé tout ce qui compose la batterie de cuisine : des écuelles, des pots-au-feu, des moules à pâtisserie, des lèchefrites, des broches, des cuillers d'argent, (maispoint de fourchettes), des fourneaux portatifs en bronze assez ingénieux, des marmites incrustées en argent, des poêles, des pelles, des trépieds • et à Herculanum , des pâtés , des noix, des amandes, des œufs, du pain avec des inscriptions dessus (i), des figues, de Thuile desséchée et autres comestibles.

(i) Sur quelques pains on lisait 5i%o C.'/rt«Hj et sur d'autres E cicera , les premiers étaient tle seigle , les seconds de pois' chiches. Lablsc Farthélemi -ÇYOuve que ces marques étaient ordonnées par la police, pour désigner l'espèce de farine doiit on se servait. Ces mots étaient formés avec des lettres séjjarées, et non pas avec un moule unique; elles devaient être gravées sur l'extrémité d'un morceau de métal comme les caractères de nos imprimeries. Wesl-il pas visible qu'il ne restait qu'un pas à faire aux anciens pour trouver l'art de la Typographie ? si ces lettres ou catactères avaient été unis ensemble, et qu'on les eût enduits d'encre, n'auraient ils pas pu servir à faire un*;

Vous trouverez dans le Musée de Portici quantité de ces fragments avec des comestibles calcinés ; vous en trouverez aussi dans nombre d'armoires placées dans la galerie des bronzes du Musée-Royal de Naples. Vous verrez li beaucoup de balances à deux bassins, dont la flèche est suspendue à un anneau au lieu d'une languette qui, chez nous, sert à eu marquer l'équilibre -, une collection de poids de petite dimension en bronze et en plomb ; la livre correspondant exactement à la nôtre ; un bon nombre de serrures avec leurs clefs, beaucoup de candélabres-, l'un d'eux s'abaisse et s'élève à volonté -, un autre est fait en cjlindre de la hauteur d'un palme et demi, reposant sur une base élégamment travaillée -, à son sommet sont trois branches qui soutiennent trois lampes-, f enfin on voit dans ce Musée un lectisternium ( espèce de Ht où on plaçait les statues des dieux pendant les festins ) eu bronze avec des franges d'argent.

Vous me faites tressaillir, dit la dame 5 tout ce que l'antiquité possédait est donc sorti de'

véritable impression sur des écorces d'arbre, du parchemiD,i i

de facilité qu'ils en faisaient I

ou sur de la toile , et avec autant de facilité qu urla pâfe.

ces fouilles?... il n'y a que ce qui faisait l'attribution de notre sexe qui ne se rencontrait pas dans Pompéi?... Détrompez-vous, répliqua le ehevalier-, l'attirail du beau sexe y a été aussi découvert ; les dames de cette ville pratiquaient la coquetterie peut-être plus qu'on ne la pratique aujourd'hui... IN'avez-vous pas vu les cabinets de toilette de ces dames? hé bi^n, quand on les a découverts ils étaient chargés de bracelets \ d'or y de pendans d'oreilles , de joyaux qui \ s'attachaient au col, de chaînes , de cordons , \ d'anneaux a^ec des perles, de miroirs de i métal, de grandes épingles d'or et d'argent , de {petites cassolettes, de cure-dent, de cureoreille , de gallons d'or pur , de ciseaux , d'aiguilles , àejluseaux d'i^oïre a^ec de petites roues \ et ce qui vous surprendra davantage, des petits vases de cristal de roche, remplis de Youge assez bien conservé C'était probablement pour rajeunir le visage?... Précisément... Oh! c'en est trop! je ne croyais pas les dames de Pompéi si recherchées , quoique je susse bien qu'elles se costumaient à la manière des Romaines— soit que celles-ci leur aient infligé leurs modes, soit qu'au contraire celles de Pompéi leur aient servi de modèles (i).

(i) La loilette { mundus muliebris ) , fournissait aux clames

Je suis vraiment ravie ^ dit la dame; j'ai! appris mille choses intéressantes dans l'entretien que nous venons d'avoir sur la vie privée et publique des anciens... Avant de continuernos promenades dans Pompéi , je vous témoignerai o désir que j'aurais de posséder le plan d'une de ces maisons que nous avons visitées, soit celle de Diomédes , ou de Claudius, ou d'isis, ou d'Apollon, ou de Puppius, ou de Salluste , ou de Modestus, ou de Pensa. Vous savez que non seulement les artistes d'au-delà des Alpes, maisencorelesanliquaires, ont lemémedésir que moi, et s'étonnent de ce que jusqu'à cette heure on n'ait dessiné ou sculpté aucun plan de maison d& Pompéi pour qu'on puisse, d'un coup-d'ueil, en voir toute la disposition et l'architecture, le

tout ce qui pouvait réparer les défauts de la nature ; on connaissait dès lors les faux cheveux, les faux sourcils, les faussesdents, les eaux odorantes, les ponimadcs, les parfums et les fards que les anciens appellaient Piir])ur{ssiininn, ou Fucus. Martial a décrit avec l'originalité piquante qui le caractérise, la toilette de Galle, dans son livre TX, cpirrrninnic 37. « Les daines pns- « saient du lit au bain, et du baiu àla toilette, vêtues d'une robe « dont le luxe et la galanterie déterminaient les ornement». <i Avec cette robe elles se laissaient voir à leurs amis particu- « lier?, et aux personnes qui leur étaient clicrcs, entourées « de suivantes qui sous les noms d'o?'iiatrices , cosmetœ et « psecadcs, n'étaient occupées qu'à les parer de la manière la <i plus aiiiiable et la plus piquante, ayant toujours entre les « mains un miroir, afin de déterminer le mode de leur coiffure,

vestibule yXimpluvium, \e péristyle , \q jardin y la salle à manger, la chambre à coucher y la cuisine, \e puits , et enfin tout ce qui constitue l'intérieur d'une habitation antique ; celle de Salluste, par exemple^ que vous nous avez décrite avec tant de détail, réunissant tons les genres d'appartement, son plan serait un objet intéressant de curiosité... Le chevalier qui avait pour son usage particulier fait dessiner quelques-unes de ces maisons avec une minutieuse exactitude , se fit alors un plaisir d'offrir à la dame le plan qu'elle désirait de la maison de Salluste, appelée vulgairement àHActéon-^ c'est celui qui est joint à cet ouvrage. La dame le reçut en faisant mille remerciements obligeants pour le chevalier dont, elle loua le goût éclairé pour les antiquités.

Après cette conversation , nous nous levâmes et franchîmes un espace de soixante pas qui n'est pas encore fouillé et qui sépare les maisons que nous venions de visiter de la partie de la

« le mouvement fie leurs yeux, le sourire de leur bouclie , la (1 grâce de leurs altitudes. » C'était enfin quelque cboso de si considérable et de si important que la toile'te d'une femme , que JiwenalÏA compare autribunal rigoureux de Denis le îyran j ou il s'agis?ait de la réputation ou de la vie.

. . . Tanrjaam fauire discrinien a2,atur, Auî animcC.

ville qui est au midi ; l'antique chemin étant perdu sous les décombres qui ne sont pas enlevés^ ou a frayé un passage à travers une maison ruinée qui, dés qu'on l'a dépassée, vous laisse apercevoir une rue qui va de l'est à l'ouest de la cité. Deux rangées de maisons renversées , à l'exception des frontispices , bordentce chemin. Ony fouillait, lorsque saMajesté notre Roi Ferdinand 1er voulut visiter les ruines de Pompéi, en y apportant ce goût exquis et cette intelligence supérieure avec lesquels il connaît, aime et encourage les beaux arts et les découvertes utiles-, le prince et la priucesse de Salerne accompagnaient sa Majesté-, Tambassadeur d'Espagne, Don Pedro Cevallos, si connu par ses mœurs austères et sa grande instruction, ainsi que d'autres gentilshommes et seigneurs de la cour, étaient à la suite du Roi. Alors pour récréer et satisfaire la curiosité de l'auguste compagnie, on vida une maisonnette de la petite rue qui est derrière Thabitation de Salluste dont nous avons parlé. Dans cette maison, outre les effets précieux d'or et d'argent que l'on rencontre ordinairement et que nous avons énumérés, on trouva deux beaux vases , une coupe, xxvie forme pour faire de la pâtisserie qui représentait une conque et était

très-bien travaillée^ quatorze pièces de monnaie ^ et trois espèces de râpes de celles dont on faisait usage dans les bains, le tout en bronze ; on découvrit encore du même métal deux autres vases y hauts d'un palme, une mesure ^ avec des manches délicalement faits, une lanterne , une écritoire cylindrique y une grande chaudière , une clef de fontaine , ou robinet, et une petite tête de porc. On y découvrit aussi une belle tête de marbre jaune antique , une grande quantité de belles carabes de différentes formes auxquelles l'action de la chaleur avait fait subir des impressions remarquables , faussant les unes, reployant les autres-, ce fut un grand objet de curiosité que trois fuseaux en os de la même forme que ceux dont on se sert à présent \ il 3^ avait aussi parmi ces raretés un peigne ^ mais très-endommagé par suite des ravages du temps qui ne l'avait pas épargné sous la terre ; et encore des lampes en terre cuite, quelques poids en plomb et une bêche en fer en partie oxidée, qui fut la dernière pièce de cette heureuse découverte. Cette fouille avait été indiquée au hasard et dans le moment même par le chevalier Arditi y directeur de ces travaux, et l'on n'avait pas d'espoir fondé d'en attendre ■ tant de réussite -, néanmoins comme si le terrain

de celte ville antique eût voulu rendre hommage au monarque protecteur des beaux arts qui n'épargne point les soins et les dépenses pour son illustration, et lui eu témoigner sa reconnaissance, il otîrit à ses yeux ce nombre de merveilles que nous venons de détailler.

Arrivés à la rue , ce fut pour nous un spectacle curieux de voir que les murs intérieurs des maisons avaient été forcés par des instruments en fer, au moyen desquels on sy était introduit. Cette investigation intérieure fut sans doute l'ouvrage des Pompéiens qui, lorsque l'éruption volcanique eut cessé, visitèrent et saccagèrent les habitations de leur ville , passant d'une maison dans une autre en fesant brèche aux murs de communication pour s'épargner la peine de pénétrer par les toits eu les découvrant.

Nous commençâmes ensuite à observer toutes' les maisons de cette rue qui ont été découvertes, depuis la première à pein^ décombrée à main droite en entrant. Nous lûmes sur celte maison , écrit en grand caractère rouge , CVSPIVM PANSAM; en face est celle de Marcellus , suivant son inscription : C. MAR- CELLVM AED. V. B. D. R. O. , c'est-à-dire Viruin honuni dignurn reipublicœ orat , ( sup-'

pllqne adressée à Marcellus, homme bon . digue : républicain ), un autel en pierres couvertes de stuc s'est ensuite offert à la vue. Sur cet autel a été représenté un sacrifice avec différents personnages -, d'un et d'autre côté de l'autel est une élévation ou un gradin propre à s'asseoir. Nous y prîmes un moment de repos. Vis-à vis de nous, à main gauche, a été découverte une boutique de marchand d'huile ou de vin, reconnaissable par ses grandes bouteilles de gré, placées sur des rayons. Du côté droit nous observâmes une maison qui était en réparation, ; et qu'on embellissait lorsque le dernier désastre est arrivé à Pompéi-, à gauche, à la suite de celle-ci, est la maison d'un cafetier : on y voit le fourneau et le comptoir sur lequel on plaçait les tasses, La rue où nous étions fait ici ernbran- ;Cheraent avec la grande rue qui conduit directeoient à l'autre partie de la cité déjà découverte, où se trouve la maison de Forlunata ; il y a deux pierres pour faciliter le passage 'd'une rue à l'autre; mais cette partie de la rue «'est pas décombrée -, il paraîtrait bien avantageux qu'elle le fût ; car alors la communication serait établie entre les deux parties de la ville mises à découvert, et l'oa n'aurait pas besoin, paur aller de l'une à l'autre , de franchir la

campagne. Mais des raisons, des motifs qui ne sont connus que du directeur des travaux, ont retardé cette opération, qui se fera sans doute plus tard. L'étranger , en suivant l'ordre des maisons de cette rue transversale , fut fort étonné d'y voir encore la maison d'un marchand d'huile ou de vin avec les grandes bouteilles sur les rayons, et le four dont nous n'avons pu définir l'usage; sur les deux pilastres du frontispice nous trouvâmes de curieuses inscriptions : à main droite MARCELLVM ET CEL- SVM AED. NOVICI FAC. ; et de l'autre côté M. CASELLVM AED. D. R. P. FIDELIS F.

un bas relief, représentant un âne, est vis-à-vis ce pilastre. C'est à notre avis une chose fort curieuse. Sur l'autre pilastre on lit également M. MARCELLVM AED. ; et un peu au-dessus est peint un gladiateur qui combat, avec une inscription au-dessous et au-dessus du tableau. TSous ne pûmes y lire d'autres mots que ceuxci : VEî^ERE POMPEIANA.

En vidant cette Boutique, on y a trouvé des objets très-curieux -, tels que des pièces de monnaie eu argent au nombre de i3, 188 en bronze, une lampe, une casserole, deux moules à faire la pâtisserie , une petite cruche , une pince et cinq instruments de chirurgie ; en outre

011 y a trouvé deux conques et un vase avec une anse, tout de bronze. Cette découverte a été complétée par la rencontre d'un vase de plomb, haut de deux palmes , de beaucoup de lampes en terre culte, de petits vases et cinq lacrimatoires en verre.

En face de cette boutique était le pilastre ordinaire indiquant la présence d'une fontaine ; l'eau passait par une pierre où était sculptée une tête de mouton-, les fers qui réunissent les pierres sont bien conservés.

Arrivés là, nous fûmes arrêtés par la terminaison des fouilles 'dans cette partie orientale de la ville , le passage n'étant pas découvert au-delà de cette maison. Alors descendant à maiu droite, c'est-à-dire côté du midi, nous dirigeant sous une arcade , puis passant encore sous une autre, nous nous trouvâmes sur la grande place des audiences publiques ( forum civile ) de Pompéi. Nous ne pûmes concevoir quel avait été l'usage de ces arcades et spécialement de la seconde qui doit avoir été revêtue de fort beaux marbres blancs dont il reste encore des vestiges dans les bases. Peut-être celle-ci servait-elle à décorer le lieu le plus respectable de Pompéi et à fournir un passage réservé aux citoyens les plus distingués? je soupçonnai que la pre-

miére arcade devait avoir une porte pour fermer de ce côté le forum ; comme il fermait du côté méridional-, ainsi que nous l'observâmes ensuite. Je fus confirmé dans mon opinion par une ouverture carrée que j'y aperçus, ouverture établie sur deux marches d'escalier qui devai aussi avoir sa fermeture.

Temples , forum civil, et basilique de Pompe'i.

*A peine étioiis-nous arrivés sous la seconde arcade, quuu beau temple, fait pour fixer toute notre attention, se présenta à nous à main gauche. Nous nous arrêtâmes aussitôt pour l'observer : le vestibule de ce temple est bien conservé -, c'est un hexastylon, architecture à six colonnes de front et quatre latérales. Les escaliers pour monter à ce temple, sont tous en ruine ; à ses deux côtés s'élèvent deux grands ^ piédestaux , qui certainement étaient les supports de deux statues des citoyens les plus méritans; peut-être de deux empereurs romains , si l'on en juge par deuK pieds chaussés avec le cothurne impérial que l'on a découvert dans les décombres du vestibule. Pénétrant à l'intérieur par un beau pavé de marbre et de mosaïques, on remarque que le dessin d'architecture est uu carré long, ayant cinquante-neuf palmes de longueur et quarante-cinq de largeur, à huit

colonnes de chaque côté. Cet ordre de colonne sur les deux ailes , faisait donner à cette sorte de temple le nom de peripteron ( périptère ) ; il est fermé sur les côtés par des murailles peintes à fresque d'une couleur rouge brillante ; on entre par trois petites portes qui sont au fond dans la partie reculée du bâtiment, dans trois chambres interdites au vulgaire : c'était là que devait être le sanctuaire ou le lieu'de résidence des oracles derrière le temple. Un petit escalier encore apparent qui^ de l'exté- ' rieur , passe dans ce tabernacle , porterait à croire qu'il y a existé un étage supérieur, ou | au moins des terrasses d'un agréable coup-d'œi au-dessus du vestibule. Le plaisir que nous j eûmes de cansidérer les belles formes de ce ! monument, fut bien altéré par le regret de le ( voir dans une grande ruine : les colonnes en^ tuf et recouvertes en stuc, sont en pièces, à la réserve de quelques attiques inférieurs et de quelques chapitaux aussi en stuc. Nous rencontrâmes dans ce temple M. Antonio Bonuci, architecte intelligent, chargé des fouilles et de la conservation de Porapéi, qui fesait tous ses efforts pour réparer des ruines, rejoindre et mettre en place les fragments des colonnes. Il nous apprit que l'on n'avait trouvé dans ce

temple que des restes de statues antiques -, tels qu'une superbe tête de Jupiter y une autre tête qui pouvait bien être celle d^Esculape son fils -, une belle tête de Jeune fille , et deux doigts eu bronze d'un travail grec. Toutes ces curiosités sont à présent au Musée-Royal. Il nous a semblé, d'après ces indices, que ce temple avait été consacré à Jupiter. Cet architecte nous fit voir les restes d'une statue, dont les deux pieds en marbre entourés du cothurne impérial, .étaient longs de trois palmes -, un bras droit de la même proportion, et un torse également d'une statue colossale , le tout du plus beau fini. Ces débris furent trouvés dans ce même temple. Enfin c'est dans son sein qu'on trouva aussi la belle inscription qu'on lit au Musée-Royal , et qui « concerne Spuriiis Turranius Procuïus » Gellianus , fils de Lucius , neveu de Spurius, » arrière neveu de Lucius , de la tribu de » Fabia, préfet des forgerons pour la seconde » fois, préfet des préposés à la navigation du » Tibre, préfet et propréteur de la justice dans » la cité de Lavinium ; pater patratus des Lau- » rentins pour signer l'alliance en vertu des » livres sibyllins , avec les préteurs des sacrés » principes du peuple romain, des quirites et » du nom latin , qui s'observent chez les Lau-

j) reniins; flaniiue de Jupiter, de Mars (Salins), » premier prêtre de Mars; augure, pontife, » préfet de la cohorte gétulienne , et tribun i » militaire de la lo^ légion, auquel cet empla- » cernent fut donné par décret des Décurions. Après cette traduction, je livre au public l'inscription telle que je Tai transcrite avec beaucoup d'exactitude de dessus le marbre.

SP. TYRRANI\S L. F. SP. N. L. PRON FAB. PROCYLTS GELLIANA'S PRAIF FABR. 11 PRAIF, CVRATORYM ALFEI TIBERIS PRAIF. PRO. PR. I. D. IN (i) YRBE LAFINÎO PATER PATRATYS PUrYLI LAVREMIS FOEDERIS EX LIBRIS SIBYLLIMS PERCVTIEKDI CYM. P. R. SACRORYM PREXCIPIORYM P. R. QYIRIT. jNOMIiMSQYE LASTINI (sic) QYAI APYD LAYRENTiS COLYNTYR FLAM. DIALIS FLAM MART SALIYS PRAISYL AYGYR PO^T. PRAIF. COHORT.

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