‹ Voyage à Saint-Léger, campagne de m. le chevalier de Boufflers, suivi duChapitre 20 sur 23 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Un lierre , grand moraliseur (n descendait de ce lièyre rêveur Dont parle le bon La Fontaine ) , Passait les jours de la semaine A tancer, censurer, critic[uer ses amis.

Ce n'est pas que son cœur ne sentît quelque peine

A les choquer par des avis :

Mais leur propre intérêt, et l'intérêt du nftnde, Les rendaient francs en dépit*des flatteurs.

Il croyait bonnement pouvoir rendre m^lleurs

Tous les vauriens de la machine ronde; En im mot, il avait la nobl# pa^ipn

De la perfection.

G*est un but honorable et bien dig^e d'un sage. Mais ce léger piédica^ur Était souvent de fort mauvais^ humeur.

Ses pénibles efforts ne réussissaient guère : A quoi sert de prêcher qui n a coeur de bien faire? Il maudissait Iç genre humain, S'abandonnait à la mélancolie , Séduisante et perfide amie , Et se fiiisait grand mal sans produire aucun bien : Car on ne change pas les défauts de naissance. Notre lièvre y perdait son latin et ses pas ,

Et bien aussi sa patience.

Tout en allait de même aussi mal ici -bas.

Ce que voyant un jour, un lapin dans la plaine

Lui dit : Ami , tu prends bien de la peine,* Et que prétends-tu faire avec tes beaux discours ? Perdre le temps de tes beaux jours A tenir tête à ton engeance !

Regarde donc la conséquence :

Si les lièvres, moins étourdis,

SVA HADuiMB PB JBOUFMEAS. l39

Loin d'imitertfis «peuples âMivagcii* Écoutaient tes pvéecples mg».

Tu yaudcaîf moinà que Dm anus»

Pensons à nous J^ ne soyons point extrêmes Dans nos dégoûts et dans nos vœux; Ne pouvant rien dpao^çr, d^aiii^oi^-oqu^dow nousrmémes, C'est le si9ul iaoj«|i d*êtri^ heureugK.

Retirés dans l'asile modeste qu'ils s'étaient choisi à la campagne , madame la princesse Louise de Prusse alla les visiter. Madame Élëonore de BoufHers 61;^ au 3iijet de cette ^istte amicale, la romance suivante :

Air : Si nous vipions comme vwaient nos pères* Dans nos forêts à la foule inconnues.

Elle paraît !••.. et tout devient heureux.

Chacun pensu qu'elle tombait des i»ues; Car à sa gràce^ à sa voix, à ses yeux, On aurait dit un émigré des cieux.

Par l'aquilon la nature flétrie D'un long hiver prolongeait I4 longueur ; Elle paraît!.... et l'heureuse prairie, Qu'embellissait l'éclat de sa fraîcheur, La prit d'abord pour la première fleur,

l4o NOTICE Sffll MADAME BB BOUFFLERS.

Jusqu'aux oiseaux^ ravis de sa présence ^ Pour la fêter essayamit leurs aocens; De ses attraits ik sentaient Tinfluence, * Et paraissaient lui dire dans leursxhants :

Pour cette fois , voilà donc le printemps.

Les habitans de ce séjour champêtre Du temps passé s'occupaient tristement.

Elle paraît !.... leurs beaux jours vont renaître : Us ne font vue , il est vrai, qu'^n moment ; Mais ce moment sera toujours présent.

Pour un bel ange on avait pris Louise, Les prés Tavaient prise pour une fleur, Pour le Printemps les oiseaux l'avaient prise, Et notre cœur la prend pour le Bonheur.

Qui croira-t-on , si Ton n'en croit son cœur ?

On aime à répéter ce dernier trait :

Qui croira- t»on, si l'on n'en croit son cœur?

Ce vers peut, dans quelques rencontres, (soit dît à certains critiques) ou leur servir de Leçon , ou nous servir d'excuse.

FIN DB Ll NOTICE SOR NADAilE LiL MARQUISE DE BOUFFLEIS.

h CMÂllNTOn.

%»l%W»WI(l>W»l»MlU(l>t»W»IM<»l % »MfW<(l(|l|IIMIIM<WMWI^^

Page 1