‹ Voyage à Ségou, 1878-1879Chapitre 11 sur 145 · PRÉFACE DE PAUL SOLEILLET XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE PAUL SOLEILLET XV

teurs; ils cultivent le sol, ils ont une demeure fixe, une famille, un village, une patrie : ils ont gravi les premiers degrés de la civilisation et sont en plein dans la vie sociale. Abandonnés à leurs propres forces, le moindre progrès leur demandera des siècles ; mis en contact avec nous, ils se civiliseront rapidement.

En Amérique, on a vu beaucoup de captifs se racheter par leur propre travail et conquérir des situations importantes comme ouvriers d'art ou comme agriculteurs. Il n'est pas rare de trouver leurs descendants dans les professions libérales. J'ai vécu au Sénégal avec des Noirs qui sont en contact avec les Blancs depuis quelques générations seulement : ils ne diffèrent de ceux-ci que par la couleur de Vépiderme.

Le Sahara, il est utile de le rappeler, a été le centre d'une grande civilisation chamite qui a laissé des traces impérissables ; c'est à cette civilisation qu'appartiennent les routes pavées du désert, les puits à galeries, certains monuments retrouvés et décrits par Bartb et Vatcmne ; cette civilisation est celle des Gar amantes, dont nous entretiennent les auteurs anciens, et notamment Hérodote.

En résumé, je me suis donné pour but d'ouvrir à l'influence française les mystérieuses contrées que baigne le Niger ; de donner à ma patrie une vaste région où elle puisse se développer librement et pacifiquement ; de créer une colonie française de races différentes qui augmenterait notre nombre et notre force, qui nous aiderait à faire les grandes choses que l'Afrique réclame de nous.

Les véritables conquêtes de l'époque actuelle ne sotit pas oeuvre militaire, mais oeuvre industrielle et commerciale. Lesseps a fait autant pour la gloire de soti pays que Turenne et Bonaparte.

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