VI PRÉFACE DE PAUL SOLEILLET
donner pour Imites à leur domination les limites mêmes de son immense bassin.
Nous, nous possédons le Sénégal, et par ce fleuve notre influence peut facilement pénétrer jusqu'au Niger, jusqu'au cœur de cette Afrique mystérieuse et barbare que nous appelons le Soudan de r Ouest; nous pouvons rendre tributaires de notre commerce et de notre industrie quarante millions de noirs actuellement en possession d'un pays qui, pour sa fécondité et la variété de ses produits, peut être comparé aux plus opulentes régions des Indes.
Le Soudan est habité par des popidations de mœurs douces, intelligentes et laborieuses. Les unes, comme les Bambaras, sont partictdièrement douées pour les travaux agricoles ; les autres, comme les Fotdbé, pratiquent avec succès les industries pastorales; d'autres encore, comme les Soni-nhés, ont des aptitudes spéciales pour le commerce et les grands voyages. Il est évident que notre civilisation moderne, apportée par le commerce, ferait dans ces contrées de rapides progrès, et l'esclavage, cet enjant de la guerre, qui se maintient par la difliculté de se procurer un travail rémunérateur, par l'avilissement des produits qui n'entrent pas dans la consommation locale, l'esclavage s'évanouirait au contact de nos marchands et de nos industriels.
Le Niger est remarquable par ï abondance de ses eaux, par ses débordemefîts périodiques, par l'étaulue et la majesté de son cours.
Si un ingénieur dnmt creuser un canal pour le commerce et l'irrigation de cette immense et fertile contrée, il ne saurait choisir un tracé plus heureux que celui exécuté par la nature.
En s'échappant des environs du mont Loma (i), il suit une
(ï) 120 /;' long. O., 80 ^6' lot. N.