CHAPITRE XX
Origine de la noblesse du Khasso. — Puissance d'un grigris. — Prix d'un dévoûment à la cause nationale. — Conquête du Khasso par les Foulbé. — Les nouveaux princes du Khasso. — Conquête de Kouniakary. Le conquérant reçoit Mungo Park. — Son portrait par Mungo Park. — Guerre civile. Le vaincu fonde Médine. — Met à sac le Logo qui lui avait donné l'hospitalité. — Les gens du Logo reconquièrent leur indépendance. Le Logo donné par les Français à Sambala. — Les deux pays continuent la lutte et les Français interviennent de nouveau par la destruction de Sabouciré.
Les Khasso-nké commencent leur histoire par une légende intéressante et curieuse. Soleillet la tient de M. Alpha Sega, l'interprète du poste de Bakel, descendant de l'une des grandes familles du Khasso, qui lui a donné des notes sur le Khasso, le Kaarta et une partie du Ségou.
Les Khasso-nké se disent de même race que les Foulbé, mais ils ont eu des mélanges avec les Maures et avec les Mali-nké dont ils parlent la langue. Leur type est très beau, ainsi qu'on peut le voir par le portrait de Sadiaba. Us ont une véritable noblesse qui place fièrement son origine dans la fable.
Depuis longtemps, disent-ils, les noirs idolâtres ou musulmans du Soudan permettaient aux jeunes circoncis de tuer, dans les troupeaux qu'ils rencontraient, un mouton, une chèvre ou un bœuf. Un jour, on avait circoncis dans le Bakhounou un certain nombre de jeunes gens dont l'un était de la noble famille d'IIo. Un homme de cette famille, appelé Diadii Condabaly (aux cheveux frisés), avait dans ses troupeaux un taureau qu'il affectionnait
beaucoup. Il dit aux nouveaux circoncis que tous ses troupeaux étaient à leur disposition, mais qu'il les priait d'épargner son taureau. Les jeunes gens ne tinrent aucun compte de sa demande. Quand Diadié fut instruit de leur conduite, il se rendit auprès d'eux, en tua sept de sa main, et se sauva du pays de Bakhounou au pays du Khasso, alors appelé Tomara. Kankhien Damakhan, chef de ce pays, employa Diadié à la garde de ses troupeaux. Diadié épousa une femme de sa race, qui était esclave chez les Mali-nké, et en eut sept enfants, trois garçons et quatre filles. La tradition n'a conservé le nom que d'un seul de ses enfants, celui de sa fille Altina (lundi).
Après sa fuite, Mariame Samba, son cousin, se mit à sa recherche, et, à force d'aller de pays en pays, finit par le découvrir à Tomara. D le pria,- le supplia de revenir dans sa patrie. Non seulement Diadié s'y refusa, mais il engagea son cousin à rester avec lui. Mariame répondit qu'il ne pouvait rester dans un pays où il ne lui serait pas possible de se marier, parce qu'il ne voulait pas d'une fille de la race ridicule et barbare des Mah-nké, qui ne saurait reconnaître ni apprécier la noblesse de sa race. Diadié lui oflFrit Altiné, qui était nubile. Mariame accepta et de ce mariage naquit un fils, qui fut Maja Dion Altiné, c'est-à-dire le grand Maja, fils d' Altiné.
Celui-ci eut trois fils qui épousèrent des femmes mali-nkaises et furent la souche des trois familles qui composent la noblesse du Khasso. Ce sont :
Dia Maja Dion,
Kholé Maja Diotty
Sandigué Maja Dion.
Cette dernière famille est devenue la souche d'une nouvelle noblesse. C'est cette nouvelle noblesse qui possède encore le pouvoir au Khasso ; c'est d'elle que descendent Sambala, Sodiaba, la veuve de Duranton, et Alpha Sega, l'interprète de Bakel.
Après avoir habité cent cinquante ou deux cents ans le pays de Tomara, les descendants de Diadié Condabaly se multiplièrent
considérablement et devinrent possesseurs de grands troupeaux de bœufs ; beaucoup de Foulbé étaient venus les rejoindre et ils formaient un grand camp qui entourait une petite montagne nommée Bambera. C'est pour cela qu'on leur donne quelquefois le nom de Bambera-nké.
Ils étaient toujours tributaires des Mali-nké, qui leur faisaient subir une foule de vexations. Ils pouvaient alors mettre en ligne cent cinquante hommes capables de lancer le javelot, arme nationale des Foulbé. Leur population était donc de 3,000 à 3,500 âmes.
Ils résolurent de s'aflFranchir du joug des Mali-nké. Mais le proverbe disant : un Mali-nké vaut deux Foulbé^ ils n'osèrent tenter un combat à armes égales et demandèrent des grigris à Malic Sy, bisaïeul de Boubakar Sada, almamy actuel du Bondou. Dans ce temps-là, Malic Sy était un simple marabout qui voyageait de pays en pays, mais ses talismans jouissaient d'une grande réputation. Il promit un grigris, qui devait être attaché au bout d'un javelot et lancé au milieu de l'ennemi, par un membre de la famille d'Ilo. L'homme chargé de cette mission mourrait, mais sa mort déciderait de la victoire et l'on ne verrait plus de Foulbé sujets des Mali-nké.
La famille d'Ilo était peu patriotique, car aucun de ses membres ne consentit à se dévouer pour le salut commun. Yamadou Ha va, petit-fils de SandiguiMajaDion, finit par accepter, non sans exiger et se faire promettre, sous les serments les plus solennels :
1° Que ses descendants seraient à toujours les plus nobles des Foulbé du Khasso ;
2° Qiie toute armée réunie dans le Khasso aurait pour chef l'un de ses descendants ;
3** Que ses descendants auraient droit de mort sur tous les habitants du Khasso, mais que nul ne pourrait lever la main contre eux ni les traduire en justice ;
4° Qu'aucun Khasso-nkais ne pourrait exercer de saisie sur eux, quoi qu'ils lui doivent ;
• 5** Qu'ils auraient le droit de fréquenter librement, sans encourir aucune peine, sans que personne puisse s'y opposer, les femmes des autres khasso-nkais, et que quiconque regarderait les leurs serait puni de mort.
Les Foulbé acceptèrent, en haine de l'étranger, sans mesurer peut-être toute la portée de leur engagement.
Le lendemain, dès l'aube, la bataille s'engagea tout près d'une grande mare nommée Toumby-Fara (du Tamarinier). Les Foulbé comptaient 350 hommes armés chacun de deux javelots : l'un mince, terminé par une pointe acérée, barbelée ; l'autre plus fort, ayant presque les dimensions d'une lance, servant à la fois d'arme d'host et d'arme de jet.
LesMali-nké étaient au nombre de 1,000, armés d'arcs et de flèches, de lances et de haches d'armes.
Yamadou Hava lança le javelot qui portait le mystérieux grigris et tomba percé de mille coups, comme l'avait prédit Malic Sy ; toujours suivant la prédiction, les Mali-nké perdirent leur roi et furent repoussés ; les Foulbé, victorieux, s'emparèrent du pays et le nommèrent Khasso.
A sa mort, Yamadou avait deux fils et une fille : Sega Doi, Mamadou Doi et Sané Doi.
Mamadou Doi fut un prince méchant et cruel. Sa famille, lassée de SCS déportements, le fit empoisonner. Tout le pouvoir passa aux mains de Sega Doi, et ce prince est l'objet de terribles soupçons.
Sega Doi eut quatre fils :
Guimba Kinty,
Demba Sega,
Yamadou,
Diadié Ganeiry.
Sega Doi eut pour successeur Guimba Kinty, père de Tagatî Sega et de Hamamoudou Hasega.
Alpha Sega, interprète actuel du poste de Bakel, est petit-fils de Tagati Sega.
n8 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XX
Sambala, roi du Khasso, descend de Demba Sega, second fik de Sega Doi, fils de Yamadou Hava, le libérateur du Khasso.
Guîmba Kinty, prince ambitieux, résolut d'agrandir son royaume et partit pour la conquête du Guidimakha. Il mourut avant d'arriver à Kouniakary, ce qui n'était pas un grand malheur (la mort d'un conquérant est toujours une bénédiction du ciel), mais son frère Demba Sega le remplaça dans le commandement, et l'armée du Khasso entra dans Kouniakary.
A peine installé dans cette ville, Demba Sega eut à repousser les Bambaras. Dans une première campagne il s'empara de celle de leurs armées que commandait le roi Denibabo et fit passer ce roi par les armes. Plus tard, il repoussa heureusement encore une seconde attaque des Bambaras. Enfin, après plusieurs expéditions, la plus grande partie du Diafounou, du Sorma et du Guidimakha reconnaissait sa puissance et lui payait tribut. Son peuple en fut-il plus heureux, plus sain d'esprit ?
Le 13 janvier 1796, ce prince reçut MungoPark. Voici en quels termes l'illustre prédécesseur de Soleillet raconte son entrevue avec le noir conquérant :
« Le 15 janvier, à huit heures du matin, je me rendis à Tau- » dience de Demba Sega, roi du Kasson (Khasso). Le peuple se » portait tellement en foule sur mon passage, que je fus assez » longtemps sans pouvoir entrer chez le monarque. Enfin on me » fit un peu de place, et je pénétrai jusqu'au roi, que je trouvai » assis sur une natte dans une grande chaumière. C'était un » homme âgé d'environ soixante ans. Ses succès à la guerre et la » douceur de son gouvernement en temps de paix le rendaient » cher à tous ses sujets. Je lui fis une profonde révérence. H me » regarda avec beaucoup d'attention. Quand Salim Daucari lui » expliqua le sujet de mon voyage et les raisons que j'avais de » traverser ses états, ce bon prince ne parut pas très persuadé de » la vérité de ce qu'on lui disait ; malgré cela, il me promit de me » donner tous les secours qui dépendaient de lui.
» H me raconta qu'il avait vu le major Hougton et qu'il lui
n avait fait présent d'un cheval blanc; que ce voyageur avait » ensuite traversé le royaume de Kaarta et perdu la vie dans le )> pays des Maures ; mais il ne sut pas dire comment.
» Après cette petite audience, je regagnai mon logement, où je » préparai un petit présent pour le roi. Je le choisis parmi le peu » d'effets qui m'étaient restés, car je n'avais pas encore touché ce » que devait me compter Salim Daucari. Qjioique chétif, mon » présent fut bien reçu du roi, qui m'envoya en retour un beau » taureau blanc. La vue de cet animal fit grand plaisir à mes » compagnons, non pas à cause de sa grosseur, mais parce qu'il » était blanc, ce qu'ils considéraient comme une marque de » faveur particulière.
» Cependant, quoique le roi parût bien disposé pour moi, et » qu'il m'accordât sans difficulté la permission de. passer sur son » territoire, je m'aperçus bientôt que de grands et dangereux » obstacles s'opposaient à mes projets. Non seulement la guerre » était sur le point de se déclarer entre les royaumes de Kasson et » de Kajauga, mais le royaume de Kaarta, que je devais traverser, » ne pouvait pas manquer d'être compris dans cette guerre, et de » plus, il éprouvait déjà des hostilités de la part des habitants du » Bambara ».
A la mort de Demba Sega, Diba Sambala, son fils aîné, prit le pouvoir. Bientôt, Demba Mody prétendit que, conformément à la loi musulmane, il était l'héritier légitime de Demba Sega, son frère, et déclara la guerre à Diba Sambala. Celui-ci fit alliance avec deux de ses fi'ères utérins, qui étaient fils de Guimba Kinty, et la guerre entre l'oncle et le neveu dura trente ans ; pendant trente ans, les noirs, aussi fous que les blancs, se ruinèrent et se massacrèrent pour le bon plaisir de deux ambitieux. Cette guerre eut pour résultat la séparation des familles du Khasso et la substitution de ya (ici) aux prénoms de l'une d'elles. Ainsi, on dit Demba Ya pour Demba Sega^ Diadié Ya pour Diadié Gansiryy etc.
Diba Sambala fut vainqueur de son oncle Demba Mody. Son successeur, Ha va Demba, fut moins heureux et dut quitter
Kouniakary avec tous ses partisans, qui portaient le nom de Silatigui Yamadouga ; il se réfugia dans le Foutah et se mit, avec son armée, à la solde de l'Almamy Abdoul, qui faisait la guerre sainte contre les Diakhités ou les Bah. Il se rencontre avec Ali Doundou, grand'père d' Abdoul Boubakar.
L'Almamy Abdoul fut tué, après avoir perdu six batailles consécutives.
Hava Demba dut alors chercher un autre refuge. D passa sur la rive droite du Sénégal et se rendit dans le Diombokho. Défait dans un combat contre les indigènes, il revint sur la rive gauche, dans le Logo, à Sabouciré, où le père de Niamody lui donna la plus large hospitalité. Cela se passait de 1804 à 18 14; Sambala, fils de Hava Demba, et roi actuel du Khasso, avait alors seize ans.
Hava Demba resta cinq ans à Sabouciré^ où il rallia ses partisans et leurs familles. Il alla camper avec eux sur la montagne de Maméry, qui appartient aux Bambaras, et deux ans après il fonda Médine. Les Bambaras l'attaquèrent, le chassèrent du pays, l'obligèrent à se réfugier dans le Bondou, dont les almamys descendent du marabout Malic Sy. Ces almamys sont les alliés traditionnels des rois du Khasso.
Hava Demba resta deux ans dans le Bondou. Il réunit de nouveaux partisans et reprit possession de Médine, où son fils Sambala règne encore, grâce aux Français, grâce surtout à Duranton, gendre de Hava Demba, qui mit les rois du Khasso en relations avec le gouverneur du Sénégal.
La première chose que fit Demba Hava, quand il eut recou\Té Médine, fut d'envahir le Logo, pays où il avait reçu, pendant cinq ans, avec les siens, l'hospitalité la plus généreuse. Ses Khasso-nké formaient plutôt une armée qu'une nation ; les Soni-nké, habitants du Logo, s'appliquaient à la culture du sol, à l'industrie, au commerce et, sans souci de la gloire mihtaire, ils ne pensaient qu'à vivre heureux sous la conduite de leur bon prince : les Khasso-nké, leurs anciens hôtes, viennent traîtreusement à l'improviste, tuent, pillent, détruisent et mettent sous
le joug les bons Soni-nké. Après cette noble action, Hava Demba niourut et fut remplacé par son fils Kinty Sambala.
C'est sous le règne de Sambala et du consentement des rois du Khasso que les Français ont construit à Médine, en 1855, un fort et des comptoirs.
C'est aussi sous ce règne que les gens du Logo, ayant à leur tête Sabouciré, reconquirent leur indépendance. Sabouciré, prince très remarquable, s'était allié aux almamys du Foutah et se trouva le client naturel d'el Hadji Omar, comme il l'est encore d'Ahmadou, sultan de Ségou, fils et successeur du prophète El Hadji.
Kinty Sambala eut pour successeur son frère Diakha Sambala, roi actuel du Khasso. Certaines gens accordent à ce prince l'âge febuleux de cent cinquante ans et plus ; la vérité est qu'il n'a que quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans.
duand les troupes d'el Hadji Omar attaquèrent Médine, C6 n'était pas à nous qu'elles en voulaient^ Les descendants de Yamadou Hava (l'homme qui mourut pour le salut de sa nation) usaient largement des privilèges qui furent consentis à leur aïeul dans un jour d'aflfolement. Ds formaient une aristocratie insolente, débauchée, couverte de tous les crimes que pouvaient commettre des gens qui avaient le droit de tout faire. C'était celte aristocratie qu'el Hadji Omar voulait détruire ; aussi ne devons nous aucune reconnaissance aux Khasso-nké pour la défense de Médine. En combattant à nos côtés, ils combattaient pour eux, et nous n'avions que faire de les récompenser par le don du Logo. Les Khasso-nké sont et resteront nos alliés fidèles : leur indépendance est à ce prix.
Niamody n'a jamais accepté cette décision. Craignant tout d'abord que les Français ne la fissent exécuter par les armes, il envoya, tout en protestant, un léger tribut à Sambala. Plus tard il n'a rien envoyé, et depuis deux ou trois ans il est en guerre avec Sambala.
Comme tous les Soni-nké, Niamody tient beaucoup aux Fran-
çais ; il protège avec soin leur commerce et leurs intérêts ; il offre de se reconnaître notre tributaire et assure que ses armes sont exclusivement dirigées contre le roi du Khasso. Son but est de reconquérir un pays qu'il a déjà une fois tiré de leurs mains et qu'il aurait conservé si les Français n'avaient appuyé Sambala lors des guerres d'el Hadji Omar, puis redonné, par force, au roi du Khasso, un pays que son père n'avait occupé que par trahison.
Actuellement (juin 1878) lés armées du Logo et du Khasso escarmouchent aux portes mêmes de Médine. L'avantage est généralement du côté de Niamody. Le Gouverneur du Sénégal a décidé que nous observerions la plus stricte neutralité. M. With, lieutenant de marine, commandant de Médine, a été relevé de ses fonctions et renvoyé à Bakel avec un mois d'arrêts de rigueur pour n'avoir pas observé complètement cette neutralité. Les événements lui ont cependant donné raison, car plus tard nous sommes intervenus, nous avons détruit Sabouciré, tué Niamodjet nous avons laissé Sambala réduire en servitude tous les habitants du Logo qui n'ont pu prendre la fuite.
En France, on a généralement jugé sévèrement l'expédition de Sabouciré. Cette expédition était pourtant devenue nécessaire. En n'acceptant pas la décision du Gouverneur, Niamody se mettait en rébellion contre nous. Sans une répression énergique, le Khasso se révoltait, le Foutah tout entier se soulevait, le prestige du sultan Ahmadou grandissait de tous les succès remportés par son cUent, Niamody, sur notre client, Sambala ; la guerre, en se prolongeant, aurait amené une insurrection générale qui aurait interrompu, pour des années peut-être, notre commerce sur tout le cours du Sénégal, et pour le rétablir il aurait fallu nécessairement faire parler la poudre, sacrifier beaucoup d'hommes et dépenser beaucoup d'argent.
Une faute grave a été commise, mais ce n'est pas l'envoi de la colonne qui détruisit Sabouciré. Contre tout droit et contre toute justice, on a mis le Logo sous l'autorité du Khasso; telle est la faute qui, par une logique implacable, nous a conduits progressi-
vement, fatalement, à remplacer par un peuple peu intéressant un peuple honnête, laborieux, intelligent, qui était notre allié naturel.
Je pense, dit Soleillet, que cette faute n'aurait pas été commise si Ton avait mieux connu l'histoire du Khasso, et j'ai donné place à cette digression dans mes notes de voyage parce qu'elle doit jeter une grande lumière sur les événements auxquels je devais être mêlé.