‹ Voyage à Ségou, 1878-1879Chapitre 78 sur 145 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Ahmadou détruit deux villages bambaras. — Il est mal accueilli par les Kiorotes. — Les talibés de Kioro refusent de le suivre À Sansanding. — Les Diavandos et \ts Foulbé refusent aussi de le suivre. — Deux marabouts soulèvent contre lui la population. — Liberté de la parole chex les Noirs. — Ahmadou vide le tata de Nioro. — Les talibés de son père s'éloignent de lui. — Zeidou Zelia. — Ahmadou enlève tout aux habitants de Digna, jusqu'à leurs couteaux. — Il organise l'admi* nistration de Guigné et prend le titre d*Emir Mautnenin. — Il se fait affilier à la confrérie des Tedjedjena. ~~ Se pose en souverain absolu. ^ EfTet produit par ces décisions. — Ses paroles en revoyant le Djoli-ba. — Son retour à Ségou. — Il est jaloux de son jeune frère Aguibou et le réduit au rang de simple particulier. — - 11 emprisonne ses frères Abibou et Moktar. — Il veut faire passer le pouvoir à l'un de ses fils.

Ainsi débarrassé de ses frères, Ahmadou songe à détruire un nouveau centre bambara qui s'est formé près de Nioro et lui paraît une menace pour le pays.

Lors de la prise de Nioro par el Hadji, quelques Massassis se sont établis, avec des débris de leur armée, à deux jours de Nioro et à cinq de Farabougou. Ils ont construit un tata et deux villages fortifiés qu'ils ont appelés Guémou Koura (Nouveau Guémou). Par deux fois Moustapha avait essayé de détruire ces villages, qui prenaient de jour en jour de l'extension, et deux fois il avait échoué et subi de grandes pertes.

Ahmadou commença par écrire à Bousseyhefi, le massassis qui est roi de Guémou-Koura : « Soumets-toi ou passe sur la rive » droite du Niger, sinon j'irai te détruire ».

Bousseyhefi répondit fièrement : « Ahmadou peut marcher plus » lentement qu'un caméléon ; il me trouvera chez moi, vivant ou » mort (i) ».

L'émir résolut de frapper un grand coup. Pendant six mois il amasse des vivres et des munitions et augmente son armée. Au mois de novembre ou de décembre 1873, ^^ quitte Nioro à la tête de quinze à vingt mille hommes bien approvisionnés.

Il se rend à Yéré, puis à Diara où il campe trois jours. Il retourne à Yéré, reste deux jours à Diabigué et va camper près de la mare de Konko. Le jour suivant il campe dans le désert, ensuite près de la mare de Benibané d'où il se rend à celle de Tinkaré. Il s'établit en cet endroit comme pour y passer plusieurs jours, fait construire des cabanes, et allumer des feux qui doivent durer toute la nuit.

A minuit, il donne l'ordre du départ. A sept heures il a investi Guémou-Koura. A huit heures il fait donner l'assaut. A onze heures, il pénètre avec son armée par plusieurs brèches. A onze heures et demie, Bousseyhefi, voyant que toute résistance est impossible et que son tata est investi, met lui-même le feu à son magasin à poudre et se fait sauter avec ses femmes, ses enfants et la plupart de ses serviteurs. Le massassis a tenu parole : Ahmadou Ta trouvé chez lui.

Il y avait deux villages : celui des Massassis et celui de Kagro.

Après sa victoire, Ahmadou attend la soumission des gens de Kagro. Ces fiers Bambaras s'enferment dans leurs murs. Le lendemain, dimanche, le sultan fait reposer son armée.

Le lundi, à midi, il donne l'ordre de battre en brèche les murs de Koura. A cinq heures, il est maître du village. Il doit son succès non à sa valeur ou à son habileté, mais à la supériorité du nombre et à la perfection de son armement. Les Bambaras ont eu dans ce combat, qu'ils ont soutenu avec la plus grande énergie, 90 morts et 150 blessés, chiffres énormes vu leur très petit nombre.

(i) Les Bambaras se font enterrer dans leurs maisons.

Ahmadou rentre à Nioro, pensant bien être accueilli en triomphateur. Point. Guémou-Koura détruit, les Niorotes n'ont plus d'ennemis et n'ont plus besoin de lui. Ils lui font donc l'accueil le plus froid.

Malgré cela, il les réunit, et comme il ne peut se consoler de son échec de Sansanding, il dit aux talibés de Nioro de partir avec lui pour Ségou, que la guerre sainte va recommencer.

Les talibés lui répondent qu'el Aguy les a établis dans le Kaarta avec leurs familles et qu'ils y resteront. Ahmadou se fâche, mais les talibés persistent dans leur refus.

Dans un nouveau palabre, l'émir dit qu'il ne veut pas contraindre les talibés, mais il veut que les Diavandos et les Foulbé Samboro partent de suite pour Ségou. Ceux-ci refusent.

A ce moment, la population, surexcitée par deux marabouts très influents, Tierno Amad'hou Aly Dyelya et Tierno Mamadou Kayor, se révolte ouvertement. L'émir cherche à ramener à lui, par des caresses, les deux marabouts. Il réussit pour le premier, mais le second est intraitable.

Le soir, sur les places, dans les cours, devant les portes, dans ces causeries si chères aux noirs, Ahmadou est cruellement blasonné.

On dit : « De quel droit retient-il ses frères dans les fers ; ceuxci étaient dans leur droit en réclamant leur part de l'héritage paternel ».

Ahmadou se faisait rendre compte de tout. Il envoyait des espions dans les groupes et s'y rendait lai-même incognito. Dès que l'on reconnaissait le sultan ou l'un de ses espions, l'un des membres du groupe épié se mettait à psalmodier ce passage du Koran :

« Les hommes doivent avoir une portion des biens laissés par » leurs pères et mères et par leurs proches ; les femmes doivent » aussi avoir une portion de ce que laissent leurs pères et mères » et leurs proches. Que l'héritage soit considérable ou de peu de » valeur, une portion déterminée leur en est due (i) »,

(i) Koran, IV, 8.

Un autre répondait :

« Tels sont les commandements de Dieu : Ceux qui écoutc- » ront Dieu et son Envoyé seront introduits dans des jardins » arrosés par des courants d'eau ; ils y demeureront éternellement. )) C'est un bonheur immense (i) ».

Un troisième disait :

« Celui qui désobéira à Dieu et à son Envoyé, et qui trans- » gressera les commandements de Dieu sera précipité dans le feu, » où il restera éternellement, livré à un châtiment ignomi- » nieux (2) ».

Et l'on continuait ainsi tant que l'émir et ses espions n'avaient pas quitté la place.

De vieux talibés dirent publiquement à Ahmadou :

« De quel droit retiens-tu tes frères dans les fers ? Quel est leur » crime ? Ils ont voulu partager les biens de leur père. N'as-tu pas » eu ta part, toi ? Et de quel droit, après avoir fait rendre à » Moktar ce qu'il avait pris dans le tata, t'es-tu emparé de lui ? » Cheikou a su ce qu'il faisait en concentrant de grandes richesses »' dans la capitale de chaque province. Ce n'était pas pour lui )> qu'il le faisait, car il n'avait jamais besoin de rien. Sa main » toujours ouverte pour donner, ne savait pas se fermer pour » retenir. D n'avait pas, comme toi, des serres de vautour. Il » accumulait ces richesses, qui nous appartenaient à nous tous^ » pour que partout l'on fût prêt à se défendre. Mais toi, tu veux n tout emporter dans ton Ségou où, l'un de ces jours, tu te feras » adorer par les kafir^ comme une idole. Ton père, Ahmadou, .» n'est point comme cela. Aussi il est un saint, un ami de Dieu. » Comment soutiendras-tu son regard lorsqu'il reviendra et qu'il » veçra ses fils dans tes fers ? »

Ahmadou supportait tout en silence et disait aux siens de ne rien répondre. On ne cessait cependant de les provoquer. On tua

(i) Koran, IV, 17.

(2) Koran, IV, 18.

même, sans le prévenir, l'un de ses captife que l'on avait surpris volant.

Pendant ce temps, Âhmadou faisait vider tous les magasins des tatas de son père, et lorsqu'il eut en sa possession l'or, les armes, les munitions, les vêtements, les chevaux, les capti6 et les captives, il réunit dans un grand palabre, hors de la ville, tous les habitants de Nioro et leur dit : « Je ne vous demanderai rien ; je vous prie seulement de laisser partir ceux de vos concitoyens qui voudraient venir avec moi à Ségou » .

On fit une paix apparente, et deux ou trois jours après le sultan quitta Nioro. Non seulement aucun des talibés de Nioro ne partit pour Ségou, mais la plupart de ceux qui étaient venus de Ségou restèrent dans le pays, qui leur plaisait mieux à cause de sa proximité du Foutah, et aussi parce que l'émir leur paraissait devenir trop autoritaire.

Ahmadou, de son côté, tenait peu aux talibés. D était obligé de subir leurs remontrances et, vu leur âge et les services qu'ils avaient rendus à son père, il n'osait leur imposer une obéissance respectueuse. Du reste, il n'avait en son pouvoir aucun moye© coercitif. Chez les Noirs, l'usage autorise la plus grande liberté de parole.

A Nioro, un des cousins d' Ahmadou, Zeidou Zelia, venu du Foutah Djallon, commence à prendre un grand ascendant sur l'esprit de l'émir. Au commencement de 1874, quand Ahmadou partit de Nioro, il était déjà reconnu comme premier ministre, confident, favori, conseiller intime.

Zeidou Zelia est d'ailleurs un homme très intelligent. J'aurai occasion de reparler de ce fonctionnaire.

Ahmadou quitte Nioro, traverse Diabigué, Guessené, Dianguerdé, le marigot Dioumala et se présente devant la ville de Digna, qui est occupée par des Bambaras. Ceux-ci refusent d'abord de le recevoir; mais, quand les gens de Digna voient qu' Ahmadou va les combattre, ils n'osent résister, font leur soumission et ouvrent leur porte.

Ahmadou leur inflige une lourde amende et ils sont obligés, pour la payer, de lui abandonner tous leurs captifs et tous leurs troupeaux. L'honnête et gracieux sultan leur enlève ensuite leurs armes et jusqu'à leurs couteaux. Ce fait de guerre accompli, il continue son voyage par Ouosébougou et arrive, en février 1874, à Guigné, où il s'installe pour six mois.

Il organise cette ville comme elle l'est aujourd'hui et fait ce qu'il peut pour qu'elle devienne une importante place commerciale.

Il tient un grand palabre dans lequel, à l'instigation de marabouts maures du Maroc, il prend le titre àiémir moumenin (commandeur des Croyants), titre que portent les sultans de Fez et de Constantinople.

Les talibés voient cela avec déplaisir; le peuple et les soldats, au contraire, acclament ce nouveau titre, qui ce traduit en poular par Lamdo diulbi (chtf des musulmans). C'est le titre que l'on donne maintenant, au sultan du Ségou, dans toute la Sénégambie (i).

Après cela, le nouvel émir s'affilie et fait affilier ses frères à la célèbre confrérie des Tedjedjma (2), dont le berceau est en Algérie.

(i) Dans son numéro du 27 juin 1880, le Moniteur du Sénégal donne à l'émir Ahmadou le titre de cheikh. Cela est d'autant moins convenable qu'au Sénégal on donne le titre de roi aux princes arabes et maures, chefs de tribus, qui se donnent eux-mêmes celui de cheikh. Le général Brière de l'Isle, quand il était gouverneur au Sénégal, prenait, sans aucun droit, dans sa correspondance arabe, le titre d'émir. Or, ce titre est celui d'un homme qui commande de son autorité. Le titre qui conviendrait à un gouverneur est celui d'un khalif, c'est-A-dire Thomme qui exerce le pouvoir par délégation.

Ce ne sont que des nuances, mais on ferait bien de les observer pour ne pas se rendre ridicules aux yeux des indigènes instruits de toutes ces choses et beaucoup plus nombreux qu'on ne le suppose. Avec ce titre pompeux d'émir, le gouverneur place son cachet au bas de ses lettres, sans paraître se douter que, suivant l'usage arabe, c'est un témoignage de respect accordé par l'inférieur au supérieur.

Médine, janvier 1881. P. S.

(2) Paul Soleillet, Explorai ion du SalMZra central. — Avenir de la France

Les maures marocains qui avaient poussé Ahmadou à prendre le titre d'émir étaient membres de cet ordre et envoyés au Soudan, par le moqqadam de la zaouia (i) de Fez, pour y Élire des prosélytes.

L'émir veut donner la preuve qu'il est et veut être un souverain absolu. A cet effet, ayant réuni la population et l'armée, il annonce, sans avoir pris conseil de personne, qu'il a nommé :

Moult Aga, roi de Nioro ;

Sayedou, roi du Kaniarémé ;

Bassirou, roi de Kouniakary ;

Daye, roi de Diala ;

Nourou, roi du Diafounou ;

Ahmadou Moktar, principal agent de l'arrestation de Moktar et d'Abibou, roi de Farabougou.

Le bruit de toutes ces choses se répand dans la Sénégambie. Le nom d'émir exerce un grand prestige. Yamandi chef du Logo, qui a reçu, en 1857, à Sabouciré, el Hadji Omar, refuse de rester plus longtemps soumis à Sambala, roi du Khasso, et envoie à l'émir une ambassade pour lui faire sa soumission et lui demander à être reçu comme feudataire.

Les ambassadeurs remettent à l'émir un riche présent, fixent avec lui l'importance du tribut à payer par le Logo et conviennent que ce tribut sera porté, chaque année, à Bassirou, roi de Kouniakary, pour être envoyé par lui à l'émir.

A la fin de juillet, Ahmadou se remet en route pour Yamina.

Quand il se revoit sur le Niger, traînant à sa suite ses frères dont les uns sont rois par son bon plaisir et les autres ses prisonniers ; quand il contemple ses richesses qui dépassent de beaucoup celles de tous les souverains noirs, il se rappelle ce vieux pro-

en Afrique; Imprimerie Nat. 1879. Voir p. 41, note 2, la description de la Zaouia.

(i) Paul Soleillet, V Afrique occidentale. — Algérie^ m^ab, Tiîdjkelt ; Avignon, Seguin, 1877, voir pp. 47 et suivantes la curieuse histoire d^Aïn- Madhi et des Tedjcdjena.

AHMADOU VAINaUEUR DE SES FRÈRES 38 1

verbe : « Un roi ne peut, deux fois en sa vie, traverser le Djoli-ba ». Il dit alors, dans l'orgueil de son succès : « Je suis le roi des rois, je soumets le Djoli-ba, et je le traverse quand je le veux! » (i)

Les griots improvisent, sur ce thème, des chants avec lesquels on l'acclame partout et qui le précèdent à Ségou-Sikoro où il entre dans les premiers jours du mois d'août 1874, a>près une absence de trois ans.

En quittant Ségou, l'émir avait confié le gouvernement à l'un de ses frères, un tout jeune homme, Aguibou, dont il avait fait un véritable régent.

Aguibou montra de sérieuses qualités, se fit aimer, tenta plusieurs expéditions qui furent heureuses et amenèrent la soumission d'une centaines de villages. Il avait même recruté un millier de cavaliers et allait obtenir la soumission de Sansanding quand l'émir arriva. -

Celui-ci entend avec dépit l'éloge de son firère, se prend à le haïr et résout sa pêne. Les fêtes splendides que lui donne Sikoro le remplissent d'amertume, car elles sont organisées par Aguibou, témoignent de la prospérité de la ville et de la bonne administration du jeune prince. L'empressement des habitants à concourir à ces fêtes prouve qu' Aguibou est très populaire.

Les Diavandos, ces gens qui brouillent tout avec leur langue, fournissent à l'émir l'occasion qu'il souhaitait. Nous chantions, lui disent-ils : « Ahmadou, fils de Cheikou, Vémir el fnoumenin, est le roi des rois ; il soumet le Djoli-ba », et Aguibou nous a fait interdire ce chant.

L'émir est heureux d'avoir un prétexte pour perdre celui à qui il doit tant de reconnaissance. Cependant il joue l'indignation et ordonne de prendre à son frère tout ce qu'il a, de ne lui laisser qu'un seul cheval, une seule maison, sa femme légitime (fille d'un chef du Foutah Djallon), deux captife et deux captives.

(i) L'émir va traverser le Niger pour la troisième fois. Il veut, dit-il, anéantir les Bambaras qui ont détruit Guigné Tannée dernière. Médine, janvier i8bi. P. S.

382 TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRB X

Aguibou demande à le voir et n'est point reçu.

Depuis, il vit en simple particulier, et même assez pauvrement.

En arrivant, Abibou et Moktar, toujours aux fers, furent mis en prison pour leur vie. Le premier occupe dans son palais une case au milieu d'une petite cour séparée par un chemin de ronde du reste des bâtiments. Quatre hommes le gardent pendant le jour et seize pendant la nuit. Personne ne peut le voir, sauf un captif, prisonnier avec lui, qui vient à la pone chaque fois que l'on apporte les repas ou l'eau. Abibou use beaucoup d'eau parce qu'il aime à se baigner fréquemment. On voit, en dehors du tata, un ruisseau qui n'est alimenté que par les bains du prince.

On lui envoie trois bons repas par jour, quatre gourous tous les matins et, chaque mois, un vêtement complet ainsi composé :

Un tolbé (grand boubou de dessus), en étoffe fabriquée en Alsace et très lustré ;

Un turqui (petit boubou de dessous, chemise) en calicot blanc ;

Un toubé (grande culotte arabe) en calicot blanc ;

Un coufouné (petite calotte) en calicot blanc.

En outre, il reçoit, par an : deux paires de tnokkés (babouches en cuir jaune), deux grandes pagnes (couvertures en coton), l'une légère et l'autre épaisse.

Depuis que ce prince est enfermé, il n'a vu que son captif et Samba N'diaye qui va deux fois par an, avec un maçon de confiance, faire réparer la case.

Abibou a pour meubles un tara, deux nattes, un grand coussin de cuir, deux grandes jarres pour l'eau, deux grandes callebasses pour se baigner et deux petites pour boire. Il n'a pas de couteau et ne peut faire du feu. U est grand, bel homme, et laisse pousser sa barbe et ses cheveux, qui seraient très longs.

Lorsque Samba va réparer la case, en entrant et en sortant, il salue le prince ; celui-ci ne répond rien et fait comme s'il ne le voyait pas.

Moktar est traité de la même (iiçon, avec cette différence qu'il a pour prison la maison d'Artisek, cuisinier de l'émir.

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Qjiiand Samba vient, deux fois Tan, ce prince répond à son salut, s'informe de sa santé et de celle de sa famille, lui donne un gourou et en partage un autre entre le maçon et son captif.

D'après la loi musulmane, Abibou est l'héritier présomptif de l'émir. Celui-ci veut faire passer la couronne à l'un de ses fils, et il en a neuf (i). Dès sa rentrée à Sikoro, il a fait de son aîné, qui doit avoir (en 1879) de 13 à 14 ans, une espèce de Dauphin, et ce jeune homme est oflSciellement reconnu pour héritier présomptif.

(i) Sans compter sept ^es, qui sont mariées : deux à Zeidou Zelia, une à Abdoulaye Zelia, une à Oumarou Zelia (ce sont trois frères), une à Sada Bané, une à Tiemo Abdoul Cadi, une à Bailla Cadi.

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