‹ Voyage à Terre-Neuve [microforme]Chapitre 20 sur 47 · WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

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montre, dans aucun de ses hameaux, le moindre goût pour l’émigration d'outre-mer, ait eu au seizième siècle et surtout au dix-septième tant d’entraînement pour ces parages. Il y avait, sans doute, alors, dans les esprits de ces paysans, des illusions qui ont été, pour la plupart, cruellement décues. Entre autres choses, on s'imaginait trouver dans ces pays nouveaux un sol partout fertile; une partie de l’'Acadie répond peut-être à cette espérance, mais, en général, et notamment dans les environs de Syduey, il s’en faut de beaucoup qu’il en soit ainsi. 1 n’est, pour perdre une semblable idée, que de considérer Ja façon dont on y cultive le sol.

On commence par abattre le hois, puis dans l’espace circonscrit destiné au défrichement on met le feu pour venir à bout des tronçons restés debout. Les cendres produisent un premier fumage qui, pour l'année suivante, prépare le sol où l’on sème des pommes de terre. Une seconde année, on met du seigle ou de l'orge, car le blé réussit assez mal dans ce climat trop rude. IL n’a pas le temps de mürir, La troisième année, on peut encore essayer d'ensemencer. Mais, en général, le produit est si médiocre que, pour une quatrième campagne, on abandonne le terrain et on s’en va défricher ailleurs. Cependant le bois repousse. Au bout de quelque temps, des arbres nouveaux , un taillis épais l’ont recouvert et l’on recommence la coupe,

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l'incendie et les cultures alternées pour arriver aussi rapidement à la même fin, On voit assez que ce n'est pas là une terre féconde.

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“. si dans le sol qu'ils exploitent, Il ne laisse pas que d’y avoir assez de misère sur ce Coin perdu du monde. Les choses nécessaires à la vie étan

loutes apportées du dehors sont chères:

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t presque pour pouocurer, il faut donc que le peu de choses qu’il y a à vendre se Maintienne aussi à un prix correspondant. Toutes ces circonstances expliquent que la population loin de S'accroître diminue, et il n’est pas sans vraisemblance que, dans quelques années, ceux qui n’auront pas été chercher meilleure fortune dans d’autres parties de l’île, à la Nouvelle-Écosse, au Canada ou aux États- Unis, prendront le parti de se retirer à Sydney- Mines. Alors la forèt ressaisira l'emplacement tout entier qu’on a à peine réussi à lui enlever.

Très-peu d’Anglais proprement dits résident à Sydney. Presque toutes les familles sont d’origine écossaise et irlandaise. Les premières appartiennent à toutes les nuances possibles du protestantisme, avec une certaine prédominance de la part des presbytériens; les autres sont catholiques, et partout le zèle religieux est également vif. Il faut s’imaginer ces gens, reclus loin du monde, appartenant par

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