‹ Voyage à Terre-Neuve [microforme]Chapitre 24 sur 47 · R HT · texte numérisé non relu

R HT

atement à

ses consait et prit Is avaient s quelque us que le présence esoin d’é- > s'endort, légitimer

ion prend core. Les fert pour ys de l’ocait pas de 'eCONNAIStait franit suspect lannique.

Nouvellees à la foi enir aiséravailler.

illes d'alet on Îles enleva je * de faim

VOYAGE A TERRE-NEUVE. 97 dans les solitudes, On promit des merveilles à tous ceux qui voudraient abjurer, et personne n’abjura, Hommes, femmes et enfants, montrèrent une fermelé égale. Tout ce qui put s'échapper prit la fuite, mais personne n'oublia son chapelet, Le chapelet devint comme le symbole de l'honnêteté, du courage et de l'honneur dans cette humble population et elle a toujours conservé depuis une sorte de Gite infiniment plus prononcé qu'il ne l’est dans le reste de la chrétienté pour cet instrurnent de prière. Le chapelet est en quelque façon le résumé de leur histoire. IT leur a été donné par les Français au dixseptième siècle. Aussi longtemps que les luttes ont duré avec l'Angleterre protestante, le chapelet a été le signe de ralliement entre eux et leurs amis. Au

jour de la défaite et de la persécution, il est devenu le souvenir chéri de la gloire passée, le gage de là solidité dans la foi, et comme une promesse pour la vie future. Tous les sauvages que j'ai abordés, hommes ou femmes, en me reconnaissant pour Français, n’ont jamais manqué de tirer leur chapelet et de le porter devant mes yeux avec un sourire doux et triste qui en disait bien long, Aujourd'hui que, depuis longtemps d’ailleurs, on ne les persécu!e plus, qu'ils vont à l’église et que les prêtres sont revenus prendre soin d’eux, ils recherchent leurs pasteurs comme des enfants qui ont besoin d'une caresse, Ils prouvent {ous les jours l’as-

cendant que les conseils des curés ontsur leurs esprits, car ils ont presque universellement renoncé au plus impérieux de leurs penchants: l'amour des liqueurs fortes. On a distribué en grand nombre, parmi eux, de petits livres où des lithographies,

qui accusent l'enfance de l’art, leur montrent un

de leurs frères tenté par le grand diable, avec ses cornes et sa queue, vêtu en marchand américain, et qui lui tend une bouteille d'eau-de-vie. Il boit et tombe dans les flammes de l'enfer, tandis que sa femme et ses enfants se désolent.

Une telle leçon n’est pas restée sans résultat, et, très-certainement, il y a peu d’ivrognes désormuis parmi les sauvages de la Nouvelle-Écosse. Ils font donc preuve de bonne volonté. Cependant, sur tous les autres points qui tiennent plus directement aux instincts de leur race, la vie nomade, l’amour de l'indépendance, le peu de goût au travail régulier, ils promettent et ne peuventse contraindre. On a essayé de persuader à quelques femmes et filles de se louer comme servantes. Elles sont très-soumises, très-craintives mème, se montrent affectueuses et reconnaissantes du soin qu’on prend d’elles; mais elles ne savent s’astreindre à aucune règle, et il n’est pas de séduction si forte qui empêche au bout de très-peu de temps qu’elles ne se sauvent un beau matin pour retourner dans les bois. Toutes les admonestations des prêtres n'y font rien.

Elle no co just et de évid sur les p sont les v cher trèm trace Cr'ois jour Je bus r des E inoffe jourd mass:

car il lorsqu blisser ges let ils ava nemis.

"leurs est renoncé imour des | nombre, graphies ,

ntrent un

y AVEC 65 méricain, . Il boit et is que sà

isultat, et, désormuis e. Ils font |, Sur tous ment aux ‘amour de L régulier, >, Onaesilles de se soumises, tueuses et Iles; mais ègle, et il ie au bout uvent un is. Toutes ont rien.

VOYAGE À TERRE-NEUVE. 99 Elles se mettent à pleurer et ne s’'enfuient pas inoins,.

Les sauvages ne possèdent dans la Nouvell:- Écosse aucun droit politique, et il n'y a Jà ni injustice ni spoliation. En dehors de loutes les idées et de toutes les habitudes européennes, ils ne peuvent évidemment faire partie d'aucune société fondée sur des principes qu'ils n'acceptent pas. Mais la loi les protége avec beaucoup de sollicitude, les mœurs sont assez douces pour qu'on n'ait pas à gémir de les voir maltraités. Personne ne les offense et ne cherche à leur nuire, De leur côté ils sont d’une extrêéme douceur! Ils n'ont pas conservé la moindre

trace de l'esprit belliqueux de leurs ancêtres, et je crois qu’on aurait quelque peine à, les décider aujourd'hui à s’armer et à se battre.

Je n'en suis pas surpris. J'ai dit déjà que ces tribus n’appartiennent pas à la race rouge, Ce sont des Esquimaux, variété humaine très-molle et trèsinoffensive de nature. Sous le pôle, ils sont ayjourd’hui en lutte avec des Peaux-Rouges qui les Massacrent sans pitié et les feront enfin disparaître, car ils-se défendent mal. À Ja Nouvelle - Écosse, lorsque les Français ont formé leurs premiers établissements, le contact avec les mêmes Peaux-Ron- #08 leur avait fait prendre des habitudes guerrières, ils avaient adopté les usages militaires de leurs ennemis, et Scalpaient et torturaient les prisonniers

comme les Hurons eux-mêmes. Mais il ne fut pas très-difhicile de les faire renoncer à ces coutumes qui ne venaient que de leur situation, et une fois à l'abri des atiaques, ils déposèrent très-volontiers les armes dont ilsont maintenant oublié ie maniement.

Leurs vices sont ceux des êtres faibles et des enfants : la paresse et le mensonge. Mais ils ont de la probité, et leurs mœurs sont remarquablement pures, car c’est une race froide. Le gouvernement leur a assigné un territoire d’une très-vaste étendue dans l'intérieur de l'ile pour y faire ce qu'ils voudraieni, et il est interdit aux Européens de s’y établir. Pourtant les sauvages n’y vont guère. Ils semblent avoir pris ce domaine en antipathie depuis qu'on le leur à donné. Les limites les gènent. Ils

préfèrent errer dans toutes les autres parties de l’île, li transportant avec eux leurs wigwams et leurs ca-

nots. On les laisse faire.

Ils s’établissent pour quelques jours dans un bois, sur une plage, font des paniers, rabotent des planches, exécutent quelques pelits ouvrages assez ingénieusement travaillés en écorces de bouleau et en piquants de hérissons teints de différentes côuleurs, vendent ce qu'ils ont fait, et s’en vont ailleurs. Dans l'hiver, ils se retirent au plus épais des bois où ils sont plus à couvert du vent, enterrent à demi leurs huttes dans les feuilles mortes amonceléss et la neige, et restent là jusqu’au printemps.

oser

Les les | vres Qui trop men tres, habi fance gueu soit £ Suiva ses, i ct les port à Ces h à nag nus le; ne pre de ce ( rieur € Mais maniètr leurs h de chas vie auf de cet a

ic fut pas coutumes une fois à ontiers les aniemerit.

1 des enont de la ment puernement ste étence qu'ils ns de s’y œuère. Ils ie depuis ênent. Ils

es de l’île, leurs ca-

s un bois, des planssez ingéau et en couleurs, urs. Dans

bois où | à demi iceléss et

RS

Cependant leur nombre diminue chaque année.

Les maladies de poitrine emportent les hommes, et

les femmes succombent en grand nombre aux fiè-

v'es puerpérales, La raison que me donnait l’abhé

Quinan de cette mortalité extraordinaire n’est que

trop facile à comprendre. La vie que continuent à

mener ces sauvages est bien celle de leurs ancétres, mais elle n’est plus Compatible avec certaines habitudes qu’ils ont dû prendre. Autrefois, dès l’enfance, ils bravaient, à peu près nus, toutes les risueurs de la température. Toujours en plein air, soit Saerroyant sur de vastes territoires, soit poursuivant pendant des mois entiers de grandes chasses, ils développaient toutes leurs forces physiques ct les maintenaient dans un état d'activité en rapport avec la rude simplicité de leur vie domestique.

Ces hommes, ces femmes, ces enfants, accoutumés

à nager dans l'eau glacée, à porter sur leurs Corps

nus les pluies d'hiver, à dormir sur la roche froide,

ñe prenaient point de rhumes, et, en comparaison

de ce qu'ils avaient à Supporter {out le jour, l’inté-. rieur du wigwam était un lieu de délices.

Mais désormais ils sont vêtus, et ils le sont d’une manière imparfaite. Ils ne peuvent plus se passer de leurs haillons, et ils grelottent. Plus de guerres, plus de chasses, plus d'exercices violents, ils passent leur vie auprès du feu de la hutte, et sentent l'influence de cet abri incomplet et malsain. L'air vicié des Lois,

l'humidité des marécages les éprouvent: ils souffrent D comme nous souffririons nous-mêmes à leur place D chi et pour les mêmes causes, et ils meurent, et leur 1 Brit race s'éteint. Encore quelques années, la terre cou- 1. néce vrira leurs derniers tombeaux. , plut Ils le savent et ils sont résignés comme, en pa- | eq reil cas, toutes les races primitives et incapables D com de changement. Mais ils ne s’en attachent que plus D cout à leurs prêtres, dans lesquels ils voient les intro- fami ducteurs à cette vie future qui va bientôt les saisir. 1 de le Ils ne leur demandent rien que de douces paroles D lang et des espérances. | bord La situation des anciens colons acadiens est d’une | blien nature {oute différente et qui fait bien clairement Ÿ prem comprendreles dispositions particulières aux nations D diens européennes. Ces colons ne sont pas en voie de dis- NM en eu paraître tout d’un bloc, comme leurs anciens alliés, ÆN de fac mais de disparaître en se transformant. C’est ce que On : j'ai vu partout et ce dont l’histoire porte constam- souvet ment témoignage. Nos races, complétement privées, M portée métisses qu’elles sont, d’instinct dominant et invin- À ceux cible, se métamorphosent sans trop de peine, savent D sation. prendre de nouvelles idées et de nouvelles habi- Bi lérêt à tudes, brûler ce qu’elles ont adoré, adorer ce qu'elles Bi sembla ont brûlé, et finalement continuer de vivre sous de M ke pren nouvelles apparences et avec des vocations nou- Bi quelqu velles. Nos Acadiens sont en voie de devenir desAn- À site po glais, | paysan

poses

Page 1