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cle à ce que le gouvernement de ces contrées devienne jamais autre que monarchique, quels que soient les événements qui pourront s’accomplir.
L'éducation intellectuelle est assez faible, faute de ressources. Si les théories qui ont contribué à la fondation d'écoles semblables à celle de Truro venaient à s'enraciner, elle deviendrait pire encore : elle serait radicalement faussée. Mais si , AU contraire, ce qui est plus probable, les exemples donnés par le Canada se répandent dans les autres colonies qui ont volontiers les yeux fixés sur ce qui se passe dans cette région, l’ävenir sera plus brillant que le présent. Il y a tout à espérer des études qui se poursuivent dans celte région et ce qui est particulièrement précieux, c’est l'intérêt soutenu que la jeunesse paraît y prendre. C’est là le gage de progrès très-réels et pleins de promesses.
J'oserai aborder un sujet un peu délicat en par lant de la situation des femmes et des habitudes qui s’y rattachent.
. Les races germaniques d'Europe, comme celles du nouveau monde, accordent aux femmes une liberté d'action en apparence plus grande que ne Île font les populations latines. Je dis en apparence, car, à bien juger les choses, l'indépendance réelle des femmes est à pert orès la même partout dans la société moderne. Mais, tandis qu’en vertu des doctrines qui prévalent dans le Sud, on croit devoir en-
tourer les jeunes filles d’une surveillance et d’une protection plus spéciales, qu’on les juge moins aptes à décider de leur sort et à chercher elles-mêmes:ce qui leur convient, dans le Nord et en Amérique on est d'avis contraire. Sur ce dernier point on pousse mème les choses à l'extrême, et une jeune fille arrivée à la nubilité, bien et dûment avertie des dangers qu'elle peut courir, suffisamment renseignée sur la manière à employer pour s’en défendre, est lancée dans le monde à ses risques et périls, tout comme un autre spéculateur, cherchant à contracter Ja grande affaire de sa vie, qui est le mariage.
À un point de vue purement sentimental, sur lequel je ne veux pas m'arrèter, des Français, des Italiens, des Espagnols pourront dire que la jeune fille américaine manque de naïveté, et sinon de la plus solide vertu, à tout le moins d'innocence ; qu’à leurs yeux, une telle et si solide instruction, acquise dès l'enfance sur les choses de la vie, est dépourvue de grâce; qu’une des félicités principales promises à l'homme de goût est d’avoir à apprendre beaucoup de choses à sa compagne et à savourer délicatement l'étendue de ses ignorances, et qu’il n’y a pas grande joie, à ce point de vue, à entrer en confidences intimes avec une jeune épouse qui, en matière de théories, se trouve être la veille même de ses noces, aussi avancée qu’un vieux casuiste.
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