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lande, pour employer une expression russe fort convenable ici, et tâche de le griser de son mieux pour l’amener à ses fins.
L'homme est bien faible dans des circonstances aussi vives et laisse vite apercevoir à la rusée créature qui l'attaque, les côtés faibles de son cœur et de son esprit. Vaniteux, elle le flatte et lui parle de lui-même avec une profonde vénération : tendre, elle lui laisse entrevoir des trésors inépuisables d’affection et de dévouement. Si elle le devine passionné, elle s'arrange de façon à lui donner lieu de croire que l’étincelle et la flamme ne sont que des imitalions adoucies du volcan qui remplit son cœur. Il n'est pas sans vraisemblance que s’il n'existait qu'une seule Américaine au monde, avec cette àpreté au mariage et cette habileté soutenue à faire tout ce qu'il faut pour parvenir à ce résultat, elle réussirait à se faire épouser par une grande partie du genre humain. Mais la concurrence est trop forte , les rivales sont nombreuses, toutes également armées en guerre, peu scrupuleuses dans les moyens de réussir, et c’est là ce qui sauve un grand nombre de pauvres jeunes gens, chaque soir pris et repris, comme le sont des redoutes attaquées et défendues par des assaillants également intrépides.
À un pareil jeu, ce n’est pas seulement la grâce, les qualités purement aimables qui s’effacent et disparaissent, c'est aussi quelque chose de plus, et par:-
ticulièrement le sentiment d'estime qu'un homme conserve difficilement devant de pareils efforts, Courtisé comme un sultan, il se prend pour tel et accepte aisément le rôle de supériorité qu'on lui fait, L'amant le plus épris ne se gène que peu pour l'objet de sa flamme, et, ce qui paraîtrait assez bizarre en tout autre ‘pays, il ne cherche pas à lui dissimuler les défauts même les plus choquants, C'est ainsi que l’on voit dans les bals, les jeunes gens échauffés par un diner trop prolongé, se croire parfaitement en état d'aborder les dames, bien que leurs jambes leur refusent un peu le service, et personne ne se choque de cette facon d'être. J'ai vu une belle jeune fille, pendue au bras d’un cavalier dont le vin avait fortrehaussé les couleurs naturelles ; il écoutait avec l'attitude d'absorption naturelle à son état des-propos assurément fort doux, et qu’il ne méritait guère.
On prétend, dans le pays, que de ces empressements féminins, de ces rendez-vous, de ces courses lointaines, de ces tôte-à-tête indéfiniment prolongés, il ne résulte jamais d’inconvénients parce que, diton, les jeunes demoiselles savent trop bien quel tort irréparable en sortirait pour elles, Leur spéculation serait manquée, et un mariage défait pour une pareille cause, leur permettrait difficilement d’en conclure un autre. Cette raison me paraît plus spécieuse que décisive. Toutes spéculations sont
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