‹ Voyage à VeniseChapitre 24 sur 27 · LES COURTISANES · texte numérisé non relu

LES COURTISANES

Jean-Jacques Rousseau a été pour ainsi dire ambassadeur h Venise, puisque M. de Montaigu abandonnait tout, moins les appointements, k son secrétaire. Dans les Confessions, d'où vient qu'on ne trouve pas une seule page pour peindre la ville des doges telle qu'elle apparut aux yeux du philosophe de Genève ? Pas un mot de Titien ni de Véronèse, ni des palais, ni des tableaux. Aux xvn e et xviii 6 siècles, l'art ne pénétrait plus dans la littérature. Winckelmann disait : « Les écrivains ne sont pas plus en état de parler des tableaux ou des statues, que les pèlerins ne le sont de faire la description de Saint-Pierre de Rome. » On avait la foi, on n'avait pas les yeux. Jean-Jacques ne savait voir que les montagnes , les forêts et les lacs. On doit toutefois reconnaître que Rousseau a peint, avec la palette du Padouan, un portrait de courtisane vénitienne ; regardez :

« Je vois approcher une gondole. — Prenezgarde à vous, voici l'ennemi. La gondole aborde : une fille éblouissante, brune de vingt ans, coquette et vive, vint s'asseoir & côté de moi et me

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