‹ Voyage agricole et horticole en ChineChapitre 4 sur 39 · PRÉFACE I)E L AUTEUR · texte numérisé non relu

PRÉFACE I)E L AUTEUR

Il y a environ cinq ans que j’ai soumis au public mon ouvrage intitulé , Trois années d’ excursions dans les provinces du nord de la Chine. Peu de temps après la publication de ce livre, je fus chargé, par l’honorable bureau des Directeurs de la Compagnie des Indes orientales, de me rendre de nouveau dans ce pays, à l’effet d’y recueillir les plus belles variétés de Thé , d’enrôler des ouvriers et de rapporter des ustensiles, le tout pour les plantations de Thé du gouvernement anglais dans THimalaya.

Donc, le 20 juin 1848, je quittai Southampton en compagnie d’un certain nombre de passagers , sur le bateau à vapeur Ripon , appartenant à la Compagnie

(1) Cette préface est en tète du deuxième voyage de M. Fortune.

(Note du traducteur.)

des Indes, capitaine Moresby, et je pris terre à Hong- Kong le 1 i- août suivant.

Comme j’ai pénétré fort avant dans l’intérieur du pays et que j’ai exploré plusieurs districts tout à fait inconnus des Européens, je me hasarde à donner aujourd’hui le récit de mon voyage et des résultats que j’en ai obtenus.

Favorisé d’une forte constitution et d’une bonne santé , je faisais peu de cas des choses de luxe et du confortable, et je bravais bien volontiers les épreuves souvent pénibles auxquelles sont exposés les voyageurs. Des scènes toutes nouvelles, des contrées et des plantes inconnues s’offraient à moi chaque jour et me procuraient les jouissances les plus vives; et même encore aujourd’hui que je me trouve dans un autre hémisphère et séparé, par une grande distance, des lieux que j’ai parcourus , je m’y reporte par la pensée avec un vif sentiment de bonheur.

Du reste, j’ai accompli les points importants de ma mission de la manière la plus satisfaisante; plus de vingt mille plants de Thé , huit ouvriers des plus habiles, et une grande quantité d’instruments et ustensiles, ont été transportés par moi des districts à Thé les plus intéressants de la Chine et amenés à bon port dans l’Himalaya.

Dans le cours de ces voyages, j’ai découvert un grand

nombre d’ambres el arbustes remarquables soit par leur utilité, soit parleur beauté, dont quelques-uns, tels ([ue le funereal Cyprès* , pourront faire un jour, en Angleterre, l’ornement de nos paysages et de nos cimetières.

En publiant ce compte rendu de ma mission, je répéterai ce que je disais lors de la publication de mon premier ouvrage : « Je n’ai pas la prétention d’écrire ou de faire ( making ) un livre sur la Chine. » Mon but est seulement de jeter un coup d’œil sur le Céleste Empire, de décrire ses collines bizarres, ses romantiques vallées, ses rivières, ses canaux, ses productions naturelles, soit dans les plaines, sur les coteaux ou dans les jardins, enfin de faire connaître ce peuple étrange et intéressant à la fois, tel que j’ai pu l’observer en me mêlant à sa vie de chaque jour. Et, comme j’espère que mes lecteurs voudront bien m’accompagner dans tout le cours de mon voyage , j’aurai le plaisir de les conduire dans l’Inde et dans l’Himalaya; je pourrai ainsi leur faire connaître les plantations de Thé du gouvernement qui donnent les plus belles espérances, et dont on doit attendre de grands avantages non-seulement pour l'Inde, mais aussi pour l’Angleterre et ses vastes colonies.

Brompton , avril 1832

Robert FORTUNE.

I*: Il BS .% '3'

Page 26, ligne 9, au heu de une quantité de 2,895,000,000, lisez 1,895,000,000.

Page 93, ligne 26 , au lieu de rechaussent et humectent la terre, lisez réchauffent.

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