CHAPITRE PREMIER
Variétés de Thé existant en Chine. — Fermes à Thé. — Exploitation et récolte. — Appareils pour la fabrication. — Préparation des feuilles. — Coloration des différentes espèces de Thé.
Parmi les questions concernant le règne végétal, il en est peu qui aient plus attiré l’attention que l’arbre à Thé des Chinois. Sa culture sur les coteaux de la Chine, les différentes espèces ou variétés qui fournissent les Thés verts et les Thés noirs du commerce , la manière d’en préparer les feuilles , sont autant de points qui ont fortement captivé l’intérêt. De tout temps, les susceptibilités ombrageuses du gouvernement chinois ont empêché les étrangers de visiter aucun des districts où se cultive l’arbre à Thé, et les renseignements fournis, à cet égard, parles marchands de cette nation ne méritent aucune confiance.
Il en est résulté que nos auteurs anglais sont tombés dans de nombreuses contradictions, les uns disant que les arbres à Thé vert et à Thé noir appartiennent 5 la même variété , et que la différence dans la couleur ne tient qu’au procédé
de préparation , tandis que d’autres assurent que Jes Thés noirs sont produits par la plante que les botanistes désignent sous le nom de Thea Bohea, et les Thés verts par le Thea viridis , deux variétés que nous possédons depuis longtemps dans nos jardins, en Angleterre.
Dans le cours de mon voyage en Chine, pendant la dernière guerre, j’ai eu de fréquentes occasions de visiter plusieurs grands districts à Thé dans les pays à Thé noir et à Thé vert de Canton, de Fo-Kien et de Clie-Kiang, et je mets aujourd’hui sous les yeux du lecteur le résultat de mes investigations. On y trouvera la preuve convaincante que les personnes mêmes qui s’étaient trouvées dans les meilleures conditions pour bien observer ont été trompées, et que la plus grande partie des Thés noirs et verts vendus chaque année par la Chine à l’Europe et à l’Amérique proviennent d’une seule variété, savoir celle que l’on nomme Thea viridis. Les échantillons de cette variété, recueillis, séchés et préparés par moi dans les cantons que je viens de nommer, et déposés maintenant dans le grand herbier de la Société d’horticulture de Londres, ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.
Dans les différentes parties de la province de Canton où j’ai été à même de voir les cultures de Thé, elles ne m’ont offert que le Thea Bohea appelé plus communément arbre à Th émir. Dans les districts à Thé vert du nord, particulièrement dans la province de Che-Kiang, je n’ai pas trouvé un seul sujet de cette variété, qui croît , au contraire, en si grande abondance dans les jardins et dans les champs autour de Canton. Tous les plants existant dans la contrée à Thé vert, près de Ning-Po, dans les îles de l’archipel de Chusan, et dans toutes les parties de la province de ce nom que j’ai pu visiter, appartiennent , sans exception , au Thea viridis; c’est toujours cette dernière variété que j’ai reconnue dans les jardins, à 200 milles plus au nord-ouest, dans la province de Kiang-Nan , et à très-peu de distance des montagnes à Thé , Thea hills, qui en font partie.
Lorsque je quittai la région du nord, me dirigeant vers la
ville de Foo-Chow-Foo, sur la rivière de Min, dans la province de Fo-Kien , je ne doutais pas que je ne dusse y trouver, en grande abondance, le Thea liohca que nous regardons généralement comme fournissant le Thé noir, et cela me paraissait d’autant plus vraisemblable , que cette variété tire son nom des collines de Bohee, situées dans cette province. A ma grande surprise, je reconnus que tous les plants de Thé qui croissent sur ces coteaux, près de Foo-Chow , étaient exactement les mêmes que j’avais vus dans des districts à Thé vert du nord. C’étaient donc des plantations de Thé vert sur des coteaux à Thé noir, sans un seul pied de Thea Bohea. En outre, à l’époque de ma visite, les naturels du pays étaient très-activement occupés à fabriquer du Thé noir. Quoique les caractères spécifiques des différentes espèces de Thé me soient très-familiers, cette découverte me surprit et, je puis dire, m’intéressa à un tel point, que je me procurai une collection de spécimens pour notre herbier; j’en fis même déterrer un pied vivant que j’emportai avec moi lorsque je repris la route du nord pour me rendre à Che-Kiang, et en le comparant avec ceux qui croissent sur les coteaux à Thé vert je n’y pus trouver aucune différence. 11 paraît donc certain que les Thés noirs et verts des districts du nord (dans lesquels se fabriquent la plus grande partie des Thés livrés au commerce ) proviennent de la même variété, et que cette variété n’est autre que le Thea viridis, désigné plus communément sous le nom d’arbre à Thé vert. D’un autre côté, les Thés noirs et verts qui se fabriquent en quantité considérable dans le voisinage de Canton s’obtiennent du Thea Bohea ou Thé noir. Il s’en fallait donc bien que mes observations recueillies sur les lieux vinssent confirmer l’opinion que je m’étais faite à cet égard , à savoir que le Thé noir se préparait à l’aide du Thea Bohea et le Thé vert avec le Thea viridis, et en y réfléchissant un peu on reconnaîtra que cet état de choses n’a rien de surprenant, car il ne faut pas perdre de vue que toutes les données sur lesquelles reposent nos opinions, en ce qui concerne le Thé, nous viennent des Chinois
(le Canton, qui ne disent aux étrangers que ce qu’il leur plaît de dire et s’inquiètent fort peu de savoir si les informations qu’ils donnent sont vraies ou fausses.
Les provinces du nord offrent, pour la culture du Thé, des terrains beaucoup plus fertiles que le territoire de Canton. Ceux du Fo-Kien et du Che-Kiang sont un loarn sablonneux très-fertile, différant beaucoup de celui qui se trouvera ciaprès décrit dans le chapitre sur le climat et le sol de la Chine. Cet arbuste a besoin, pour prospérer, d’un très-bon sol. La cueillette continuelle des feuilles affaiblit beaucoup les sujets et finit par les faire périr. L’objet principal du planteur de Thé doit donc être de placer ses sujets dans des conditions telles que la végétation en soit aussi vigoureuse (pie possible, et c’est ce qui ne saurait avoir lieu dans un sol pauvre.
Les plantations de Thé du nord de la Chine sont toutes établies sur les pentes inférieures et les coteaux les plus fertiles, et jamais dans les vallées. Les pieds sont plantés en rangées éloignées l’une de l’autre de lm,20, et la même distance existe entre chaque plant.
Les fermes de ce pays sont de peu d’étendue, et ne contiennent guère que quelques acres, cinq ou six au plus.
Chaque fermier a sa petite plantation de Thé sur laquelle .est prise d’abord la consommation de la famille ; après quoi l’excédant est vendu pour suffire à d’autres besoins. Ce même système est pratiqué pour toutes les branches de l’agriculture chinoise. Les fermes à colon, à soie, ou à Riz, dont la contenance n’est généralement pas plus considérable, sont organisées de même et exploitées sur le même plan.
Il y a peu de spectacles plus intéressants que celui que présente l’intérieur d’une famille chinoise occupée soit à cueillir les feuilles de Thé, soit à toute autre opération agricole. On voit d’abord un vieillard, le grand-père ou l’aïeul , qui, bien que courbé par les années, dirige le groupe des travailleurs dans lequel tous les âges, y compris l’enlance, sont représentés; et il convient de dire à l’honneur de la nation chinoise que tous
le regardent avec une affectueuse vénération et l’écoulent avec respect. Lorsque après le travail, ils regagnent leur modeste demeure, leur repas se compose principalement de Riz, de poisson, ou de légumes. Un air de contentement et de douce satisfaction règne dans cet intérieur, et je puis dire en toute vérité que je ne crois pas qu’il existe en aucun lieu du monde une population meilleure que la classe rurale du nord de la Chine. Pour eux le travail est en quelque sorte un plaisir, car les produits qu’ils en retirent sont consommés par eux-mêmes, et jamais la pression du maître ne se fait sentir.
Dans les districts à Thé vert de Che-Kiang prèsNing-Po, la première cueillette de feuilles se fait généralement vers la mi-avril. On enlève les jeunes boutons des feuilles au moment où ils commencent à s’ouvrir, et on en compose, sous le nom d e jeune Ihjson (Young Hyson), une qualité tout à fait supérieure que les naturels du pays estiment au-dessus de toute autre, et dont ils font ordinairement des présents à leurs amis. Cette sorte de Thé est rare et très-chère, et l’on conçoit que l’ablation de ces jeunes boutons encore tendres cause à l’arbre un tort considérable. Cependant il faut dire que les pluies abondantes qui surviennent ordinairement dans cette saison saturent d’humidité la terre ainsi que l’atmosphère, et que, si les sujets sont jeunes et vigoureux, ils ne tardent pas à pousser en abondance de nouvelles feuilles.
Quinze jours ou trois semaines après cette première cueillette, c’est-à-dire vers le commencement de mai, les arbres à Thé sont déjà recouverts de feuilles, en assez grande quantité pour qu’on puisse procéder à la seconde récolte, qui est, à vrai dire, la plus importante de toutes. La troisième et la quatrième, qui ont lieu à mesure que de nouvelles feuilles se produisent, ne donnent que du Thé tout à fait inférieur qui est rarement exporté hors de la province.
La manière de cueillir et de préparer les feuilles de Thé est extrêmement simple. On a été pendant si longtemps accoutumé à prêter à tout ce qui se fait chez les Chinois un caractère à la fois grandiose et mystérieux, que nous nous at-
tendons à trouver chez eux, en tout ce qui tient aux arts ou à l’industrie, quelque chose de singulier et d’imprévu, tandis qu’en définitive leurs procédés sont presque toujours ce qu’il y a au monde de plus naturel.
Si l’on veut bien se rendre compte des méthodes qu’ils emploient pour rouler et sécher les feuilles de Thé, et dont nous allons donner la description, il ne faut pas perdre de vue que l’objet principal, le but essenliel est à la fois d’enlever toute l’humidité qu’elles contiennent, et de retenir en même temps tous les principes aromatiques et toutes les sécrétions qui font estimer si généralement ce produit. Le système adopté par eux pour atteindre ce double but est aussi simple qu’efficace.
Aux différentes époques des récoltes de Thé on voit les habitants disséminés par groupes ou familles sur la pente des coteaux, et occupés, si le temps est sec, à cueillir les feuilles. Ils ne paraissent pas y apporter autant de précaution que je l’aurais supposé; ils dépouillent l’arbuste de ses feuilles avec une grande vitesse de mouvements, et les entassent sans choix dans des paniers faits de bâtons de bambou, ou de rotin fendu on deux.
Lors de la cueillette de la première quinzaine de mai qui, comme nous l’avons dit, est la plus importante, les capsules des graines sont à peu près de la grosseur d’un Pois. Elles sont enlevées et séchées en même temps que les feuilles, et ce sont ces baies que nous trouvons quelquefois dans le Thé et qui ressemblent assez à des câpres. Lorsqu’on a cueilli une quantité suffisante de feuilles, on les transporte à la ferme où va s’exécuter l’opération du. séchage.
Dans les coteaux des districts à Thé, les habitations ou bâtiments de ferme de ces petits cultivateurs sont de construction simple et grossière, ressemblant assez à ces cottages primitifs qu’on voyait en Ecosse il y a un certain nombre d’années, et dans lesquels la vache et le cochon habitaient la même pièce que le paysan. Encore dois-je dire que même les cottages écossais de cette époque reculée l’emportaient, sous
le rapport de l'ameublement et du confortable, sur les habitations rurales de celte contrée; et cependant c’est dans ces misérables demeures que la plus grande partie de ces diverses espèces de Thé désignées sous des noms si pompeux subissent leurs premières préparations. Les granges, les hangars et les autres dépendances de ces petites fermes chinoises servent aussi aux mômes emplois, particulièrement dans le voisinage des temples et des monastères.
Les chaudrons ou bassines et les fourneaux dont on fait usage dans la région dont je parle sont également d’une grande simplicité. Les bassines sont en fer aussi mince que possible, de forme ronde, peu profondes, et semblables, d’ailleurs, à peu de chose près, à celles dont les Chinois se servent pour cuire le Riz. Un certain nombre de ces vases disposés sur une seule ligne sont enchâssés dans une construction en briques et chunam (1), au-dessous de laquelle est pratiqué un tuyau ou conduit. A l’une des extrémités de ce conduit est placé le foyer, à l’autre une cheminée ou au moins une ouverture pour donner issue à la fumée.
Chez les Chinois une cheminée n’est que d’une importance secondaire, et j’ai vu, dans beaucoup de cas, que la fumée, après avoir passé dans le conduit dont je viens de parler, s’échappait comme elle pouvait à travers les portes ou les ouvertures du toit sans que les habitants s’en inquiétassent autrement.
Lorsque les bassines sont bien assujetties, on arrondit les bords de la maçonnerie et on continue à la monter autour de chaque bassine, à l’exception de la partie antérieure, pour que les travailleurs puissent y aborder. On élargit graduellement la construction à mesure qu’elle s’élève en lui donnant la forme circulaire. On établit ainsi une rangée de grands réceptacles en entonnoir ouvert par devant., et dont les
Cl) Chunam , sorte de chaux faite d’évai Iles d'huîtres et en usage dans ta Chine et dans l’Inde , où on 1 estime comme chaux de première qualité
(Sole du traducteur.)
bassines, placées immédiatement sur le tuyau de chaleur, occupent le fond.
Au moyen de cette disposition, l’ouvrier chargé de l’opération du séchage des feuilles peut facilement les remuer et les éparpiller en les rejetant dans la partie postérieure du récipient.
Fouriu'iiu pour sécher les feuilles de Thé.
Les feuilles de Thé étant récoltées comme nous venons de le dire et transportées à la ferme, on les dépose dans le local destiné à servir de séchoir ou d’étuve. Un des travailleurs est spécialement chargé d’allumer un feu modéré à la bouche du tuyau et de le conduire avec toute la régularité possible.
Les bassines ne tardent pas à s’échauffer au contact de l’air chaud qui pénètre dans le conduit. Ou jette alors dans chacune d’elles une quantité donnée de feuilles; puis les travailleurs, hommes et femmes, chargés de cette fonction les tournent et retournent, et les agitent constamment. Les feuilles sont, en très -peu de temps, affectées par la chaleur; elles deviennent bientôt tout à fait humides par la vapeur et la sève qui s’en échappent sous l’influence de cette température élevée.
Cette partie de l’opération dure environ cinq minutes, pendant lequel temps les feuilles qui s’étaient d’abord crispées et recoquillées se détendent, deviennent molles au toucher, souples, flexibles, de manière à pouvoir se rouler ou se plier. On les retire alors des bassines, et on en met un petit tas sur
Appareil pour le roulage des feuilles.
une table dont la surface se compose de bâtons de bambou assujettis les uns contre les autres.
Trois ou quatre personnes se placent autour de cet appareil; elles se partagent le lot de feuilles de sorte que chacune n’en prenne que ce que ses mains peuvent contenir, et alors commence l’opération du roulage.
Je ne saurais mieux comparer ce genre de travail qu’à celui du gindre pétrissant et roulant sa pâte. Les deux mains sont employées absolument de la même manière, le but à atteindre étant d’exprimer toute l’humidité des feuilles et de les rouler ou tortiller. Pendantla durée de cette manipulation, qui est aussi de cinq minutes environ, ces poignées de feuilles sont jetées plusieurs fois sur la table, puis reprises, [tressées et roulées. On voit alors une liqueur verdâtre qui tombe en assez grande abondance sous la table à travers les interstices des bambous. Les feuilles, ainsi pressées, tortillées, frisées, sont réduites au quart tout au plus du volume quelles formaient avant l’opération.
Lorsque le roulage est terminé, on les enlève de dessus la table; on les secoue alors légèrement sur une espèce de van ou de crible composé de bambous fendus, assez serrés, et on les laisse exposées à l’action de l’air.
La condition de température la plus favorable pour cette exposition à l’air est un temps sec et nuageux, sans beaucoup de soleil. Comme il s’agit surtout d’expulser doucement et par degrés toute l’humidité des feuilles, en les maintenant aussi souples et maniables que possible, si on les exposait à un soleil trop ardent, l’eau qu’elles contiennent serait absorbée avec trop de rapidité, et elles contracteraient une sorte de roideur, de dureté, de crispation, si l’on peut s’exprimer ainsi, qui ne permettrait plus d’accomplir convenablement les autres procédés de préparation. Il n’y a pas, du reste, de moment fixé pour cette exposition à l’air; cela dépend à la fois et de l’état de la température et de la convenance des travailleurs.
Lors donc qu’on a éliminé ainsi une partie de l’humidité, les feuilles, devenues molles et flexibles, sont jetées de nouveau dans les bassines dont nous venons de parler, et on
procède à la seconde chauffe. L’ouvrier chargé du foyer reprend son poste, allume et entretient un feu doux et toujours le même. Les autres travailleurs prennent place au fourneau, un devant chaque bassine, et commencent à remuer les feuilles sans interruption , ayant bien soin de les exposer d’une manière très-égale à l’action de la chaleur, afin d’éviter qu’aucune ne soit brûlée ou même saisie. Le séchage s’effectue ainsi lentement et avec toute l’uniformité désirable. Le travail, en avançant, devient plus commode, attendu que les feuilles de Thé, à mesure qu’elles perdent leur humidité, se roulent, se recoquillent, occupent ainsi moins de place dans le récipient, et se mêlent avec plus de facilité ; mais, comme elles sont alors trop chaudes pour pouvoir être agitées avec la main , on y supplée par un petit balai de brins de bambou à l’aide duquel on les soulève du fond de la bassine pour les agiter convenablement. On les rejette sur le plan incliné en maçonnerie qui s’élève audessus des bassines suivant la description que nous en avons donnée, et en descendant doucement sur cette pente échauffée pour retomber au fond de la bassine, elles achèvent de se sécher et de se tordre sur elles-mêmes.
Il est à remarquer que pendant toute la durée de ce travail, aucun des ouvriers ne perd de vue un instant la fonction dont il est chargé; le chauffeur ayant soin d’entretenir le feu constamment et les autres ne cessant pas d’agiter les feuilles avec la main ou avec le balai. Il me serait difficile de faire connaître exactement le degré de chaleur auquel sont portées ces bassines, attendu qu’on ne fait pas usage de thermomètre; je donnerai seulement celte indication que, voulant y poser le doigt, je ne pouvais pas l’y maintenir une seconde. Il résulte, de ce que j'ai observé personnellement et des informations que j’ai recueillies dans plusieurs fermes à Thé, que cette préparation, depuis le moment où, après les avoir exposées à l’air, on rejette les feuilles dans les bassines, jusqu’à celui où on les retire dans un état parfait de dessiccation , dure environ une heure.
Dans les fermes les plus considérables, lorsque la confection du Thé se pratique sur une large échelle, quelques-unes des bassines d’un même fourneau sont employées pour le second chauffage, tandis que les autres, et ce sont celles qui reçoivent le plus de chaleur, servent au premier, qui précède, comme nous l’avons indiqué, le roulage et l’exposition à l’air. On peut ainsi utiliser un grand nombre de bras à la fois, et on obtient une notable économie de temps et de chaleur. Ce dernier point surtout est important dans cette contrée très-peu pourvue de combustible.
Le Thé , préparé d’après les procédés que nous avons exactement décrits, offre une teinte verdâtre pâle ( grecnish ), et il est d’une qualité tout à fait supérieure. Les Chinois de la province de Che-Kiang le nomment Tsaou-Tsing , Thé séché en bassine, pour le distinguer du Hong-Tsing , qui est soumis à un autre mode de séchage.
Celui-ci se prépare de la manière suivante : les premières manipulations, jusques et compris le roulage et l’exposition à l’air, sont exactement les mêmes que nous avons décrites. Mais ensuite, au lieu de placer les feuilles pour le second chauffage dans des bassines en fer sur un fourneau, on les fait sécher dans des paniers de bambou peu profonds que l’on place sur un feu doux de charbon de bois.
Le charbon de bois, brûlant lentement, donne une chaleur égale et modérée. Telle est la seule différence qui existe entre ces deux espèces de Thé.
Le Hong-Tsing est d’un vert plus pâle que le Tsaou-Tsing, et je ne crois pas qu’on en ait jamais exporté en Angleterre.
L’espèce de Thé qu’on désigne sous le nom de Thé russe gst préparé de la même manière que le Hong-Tsing.
Lorsque enfin le Thé est complètement sec, il est trié (picked), criblé (sifted), ensuite classé en différentes qualités pour être mis en paquets. Cette opération du triage et du classement exige des soins particuliers, surtout pour le Thé destiné aux marchés étrangers, car la valeur de l’échantillon dépend
de la petitesse et de l’égalité des feuilles aussi bien que des autres conditions de bonté intrinsèque.
Dans les districts dont je parle ici et qui ne fabriquent guère de Thé que pour l’étranger (indépendamment, bien entendu, de la consommation de la famille), les habitants sont trèsexperts dans cette pratique, et il est généralement reconnu que leurs produits sont mieux classés et offrent plus d’égalité que ceux de la partie orientale de la province de Che-Kiang, quoiqu’à vrai dire je doute, en définitive, qu’ils soient meilleurs.
Lorsque enfin les Thés sont convenablement assortis, on les place dans un panier ou dans une boite; on les recouvre d’une double étoffe ou d’une couche de paille s on les tasse fortement, et alors tout est fini, au moins pour ce qui concerne le producteur.
J’ai dit que les arbres à Thé du district de Che-Kiang produisaient les Thés verts; mais il ne faudrait pas croire que ce sont les Thés verts qu’on exporte en Angleterre. La feuille, telle qu’on la cueille, a une couleur beaucoup plus naturelle, d’un vert moins foncé et moins éclatant, et n’a que trèspeu ou pas du tout de ce que nous appelons la fleur (bloom) , si appréciée en Europe et en Amérique. Il n’y a donc aucun doute que ces Thés verts, si brillants de fleur, qui sont fabriqués dans la province de Canton , ne soient teints avec du bleu de Prusse et du gypse (with Prussian blue and gypsum), pour complaire au goût des barbares de l’étranger, suivant l’expression des Chinois. D’ailleurs cette opération de la teinture peut très-bien, pendant la saison, être observée par les personnes qui voudraient se donner un peu de peine pour la découvrir. Il est très-probable qu’on se sert des mêmes ingrédients dans les provinces du nord pour teindre les Thés verts destinés à l’exportation ; cependant, à cet égard, je n’ai aucune certitude. Ce qu’il y a de certain, c’est que, dans ces mêmes provinces, on retire de Y Isatis indigotica une teinture végétale nommée tein-clieing ( dont je parlerai dans un chapitre subséquent), et qui est employée à une foule d’usa-
ges. 11 y a toute apparence que c’est la même préparation qui sert pour la teinture du Thé.
Du reste, les Chinois ne consomment jamais ces Thés ainsi revêtus d’une coloration factice, et sous ce rapport je suis forcé de reconnaître que leur goût est préférable au nôtre. Il n’est guère possible de supposer, cependant, que ces Thés colorés puissent avoir des inconvénients pour la santé, car on n’aurait pas manqué de s’en apercevoir depuis longtemps; mais toujours est-il que leur caractère inoffensif ne tient qu’à la proportion très-faible de la matière employée.
TEINTURE l)U THE.
Les curieuses et. intéressantes expériences dont le détail suit sont rapportées dans un article de M. Warington , de la Société de pharmacie , publié dans les Mémoires de la Société de chimie.
« En examinant dernièrement quelques échantillons de Thé qui avaient été saisis comme suspects de falsification, mon attention se porta sur la variété de teintes que présentaient les échantillons de Thé vert, depuis le vert olive foncé jusqu’à une nuance éclatante de bleu verdâtre ( bright greenish blue). J’en examinai un avec soin au microscope à un grossissement de cent fois , et y portant la lumière par réflexion (illuminated by rellected light) , je ne tardai pas à découvrir les causes de cette différence de couleur ; je reconnus que les feuilles les plus frisées étaient entièrement recouvertes de grains d’une poudre blanche, ayant quelquefois un reflet éclatant et entremêlés de petits granules affectant les uns une nuance bleu brillant, les autres une nuance orange. Dans les parties de ces mêmes feuilles repliées sur elles-mêmes, et conséquemment plus abritées, ces grains étaient encore plus visibles. En agitant fortement l’échantillon pendant un moment, je fis tomber une certaine quantité de cette poudre , et avec la pointe trèsfine d’un petit pinceau légèrement humecté j’enlevai quelques-uns de ces petits grains de couleur bleu brillant ; en les écrasant dans l’eau entre deux plaques de verre et les éclairant directement (xvhen viewed by transmitted light), j'y aperçus une ligue d’un bleu brillant.
Ce changement apporté dans le mode de transmission de la lumière était nécessaire pour bien juger des effets produits dans les expériences suivantes :
Une gouttelette d’une solution de potasse caustique fut introduite par l’attraction capillaire entre les deux verres ; la couleur bleue se convertit immédiatement en brun foncé (converted to a dark brown), puis la couleur bleue primitive reparut sous l’influence d’un peu d’acide sulfurique affaibli (dilute) ; il me fut , en conséquence , démontré que ces granules n’é-
laient autre chose que du ferrocyanide de fer, ou bleu de Prusse. Les granules de couleur orange furent, à l’examen, reconnus appartenir à une matière colorante végétale.
Afin d’arriver à déterminer, autant que possible, la véritable nature de cette poudre blanche observée sur l’échantillon en question , j’en pris une partie et la chauffai au rouge en l’exposant à Pair (xvith free exposure to the air). Toute la matière végétale et le bleu de Prusse furent ainsi détruits, et il ne me resta que la poudre blanche légèrement colorée en brun ; je la fis dissoudre par l’ébullition daus l’acide hydrochlorique affaibli ; je la traitai alors avec une solution de chlorure de baryum, et elle me présenta des traces d'acidc sulfurique ( indications of sulphuric acid ) ; je la fis alors évaporer jusqu’à siccité , et je la traitai de nouveau avec l'acide hydrochlorique très-affaibli ; alors il resta des traces de silice non dissoute.
L’addition d’une solution d’ammoniaque fit précipiter ( threxv down ) un peu d’alumine et d’oxyde de fer; puis la solution ammoniacale, traitée par l’acide oxalique, donna un précipité d’oxalate de chaux.
Une autre portion de cette même poudre , après calcinatiou, fut mise en ébullition peudant quelque temps dans de l’eau distillée, et donna une solution contenant du sulfate de chaux. C’est donc de cette dernière substance, jointe à quelque autre corps (body) contenant de la silice, de l’alumine et peut-être de la chaux , qu’est formée cette poudre blanche , objet de l’expérience.
Je crois , en résumé , que cette substance est du kaolin ou de la poudre d’agalmatolite , la pierre à statue des Chinois , dite marbre des Chinois (1); je hasarde cette conjecture non-seulement à raison des ingrédients que j’y ai trouvés, mais à cause de cette espèce deglaçure, d’apprêt (gloss), que présentaient toutes les parties des feuilles soumises au frottement, et que ces matières sont éminemment propres à produire.
Quatre ou cinq autres échantillons de Thé vert furent soumis au même mode d’expérimentation, et il ne s’en trouva qu’un seul qui fût dépourvu de ces petits grains bleus. C’était un Thé d'un prix très-élevé, acheté depuis deux ans. Les feuilles de celui-ci étaient recouvertes d’une espèce de poudre d’un bleu pâle au lieu de la poudre blanche entremêlée de petits grains bleus, qui se trouvait sur les autres échantillons.
Étant encore dans le doute si cette poudre et la coloration qui en résultait étaient une falsification pratiquée en Angleterre ou non , je m’adressai à un des plus forts négociants en Thé, de Londres, dont la moralité m’était parfaitement connue : il me remit, sur ma demande, une collection d’échantillons dont chacun était-uu échantillon moyeu pris dans un certain nombre de caisses arrivées de Chine et restées parfaitement intactes; je les inspectai tous à l’aide du microscope, procédant comme j’avais fait pour les premiers, et j’obtius les données suivantes ; u° 1, impérial ; la feuille, vue
(1) The figure stone of the Chinese. Il convient Je remarquer que ce n’est réellement pas un marbre.
eu dessous, était d’uue couleur olive brun brillant (bright olive brown colour) avec de petits filaments à sa surface ; elle était couverte d’une poudre blanche très-line, parsemée de petits grains bleus excessivement déliés, affectant parfois l’apparence d’une tache ; n° 2 , poudre à canon, pareil à l’échantillon n° 1, si ce n’est qu’on n’y voyait pas de filaments, ce qui, du reste, pouvait provenir de ce que les feuilles étaient excessivement frisées et recoquilh es ; n° 3, Hyson : comme le n° 1, les petits grains bleus étant peut-être un peu plus nombreux ; n° 4 , jeune Hyson , pareil à ce dernier ; n" 5 , Txvankey ; la feuille de celui-ci était d’une couleur tirant un peu sur le jaune, et abondamment recouverte de la même poudre blanche , offrant, d’ailleurs, en bien plus grande quantité, sur sa surface, ces mêmes granules bleus déjà observés.
Il ressortait évidemment de cet examen que les Thés arrivaient de Chine ainsi falsifiés.
Comme je détaillais à l'ami qui m’avait remis ces échantillons le résultat de mes investigations, il me demanda si j’avais eu occasion d’examiner des Thés non glaces (unglazed) ; cette expression me frappa , et je le priai de trouver bon que j’en soumisse quelques-uns de cette espèce à la même inspection : je pus alors m'assure! qu’ils présentaient à l’extérieur un aspect tout différent des Thés verts, au moins sous le rapport de la couleur; ils étaient d’une teinte brun jaunâtre, sans la moindre apparence de vert ou de bleu, et se rapprochaient même du noir dans les parties exposées au frottement.
Je reçus, peu après, deux échantillons de ces Thés non glacés présentés comme étant de première qualité , et deux autres de Thés ordinaires , ou , comme on les appelait par opposition aux premiers, de Thés glacés (glazed), mais également de qualité tout à fait supérieure ; je les soumis immédiatement à un examen attentif, dont voici le résultat : n° fi, poudre à canon non glacé, présentant au microscope la même couleur qu’à l’œil nu : filamenteux , couvert d’une poudre blanche , tirant un peu sur le brun , sans aucune apparence de bleu ; ng 7, Hyson non glacé : comme le n° C ; n° 8, poudre à canon verni : filamenteux, couvert d’une poudre d’un blanc trèspâle, avec de petits grains bleus, mais en petite quantité ; n° 9, Hyson glacé : comme le m 8 ; no 10, Pidding’s Howqua ; appartenant évidemment à la catégorie des Tin s glacés : filamenteux, couvert d’une poudre bleu pâle mêlée de granules bleus; n° 11, désigné sous le nom do poudre à canon de Canton : celui-là offrait, par exemple , un remarquable spécimen des Thés glacés, quant à la couleur ; il offrait une plus grande quantité de poudre et une couleur bleue plus foncée qu'aucun de ceux que j’eusse encore examinés, et cette poudre s'en échappa avec abondance lorsque je le transvasai d’un papier dans un autre.
Je passai en revue encore un assez grand nombre d'autres échantillons de Thés verts ordinaires (glazed), et j’obtins constamment les mêmes résultats; les Thés les moins chers, c’est-à-dire ceux dont l’usage est le plus généralement répandu, et qui forment la grande masse des opérations, répondant, en général, aux nos 5 et 11, et étant représentés par les Txvankevs et les Hysons ou les poudres à canon de prix inférieurs.
Après plusieurs essais infructueux , je reconnus TJue cette poudre , cette espèce d’enduit (facing), si je peux m’exprimer aiusi, étant entièrement superficielle, on pouvait, sans beaucoup de peine, la détacher en totalité des feuilles de Thé ; qu’il suffirait , pour cela , d’agiter fortement l’échantillon dans une bouteille d’eau filtrée pendant quelques secondes , et de jeter le tout dans un filtre de toile fine, afin de faire passer le liquide aussi rapidement que possible avec la poudre en suspension, et de ne laisser dans le filtre que le Thé parfaitement lavé.
A la suite de cette opération, le Thé, comme on peut le penser, avait totalement changé d’aspect; de la couleur vert bleuâtre (bluish green) il avait passé à un jaune vif ou tirant sur le brun. Je m’assurai, d’ailleurs, qu’avec quelque précaution on pouvait le ramener à l’état de siccité complète, aune température au-dessous de 2t2°,sans même que la feuille se contournât de nouveau et sans qu’elle parût, du reste, avoir rien perdu de ses qualités.
Lorsque le Thé fut parfaitement sec, il devint à peu près d’un noir aussi foncé que les Thés noirs ordinaires. Examiné au microscope, il présentait une surface unie, entièrement exempte de la poudre dont j’ai parlé, et tous les caractères des Thés noirs, moins cette surface rugueuse qui appartient exclusivement à ces derniers, et qui provient évidemment de ce que, dans l’opération du séchage, on les soumet à une température beaucoup plus élevée.
L’eau trouble et colorée en vert, qui avait passé à travers le canevas du filtre, fut laissée en repos. Il se forma au bout de quelque temps un dépôt des matières en suspension provenant de différents échantillons, lesquelles furent recueillies avec soin, puis lavées et soumises à une série d’épreuves chimiques, ainsi qu’il suit :
Elles furent d’abord traitées avec une solution de chlore (chlorine gaz) dans l’eau, pour vérifier si la matière colorante était de l’indigo ou toute autre substance végétale. Beaucoup de personnes, en effet, avaient émis l'opinion que c’était au règne végétal que les Chinois empruntaient la matière dont ils se servaient pour colorer leurs Thés verts ; mais, dans aucune des expériences auxquelles je me suis livré, je n’ai trouvé que cette opinion fût fondée. J’ai toujours reconnu que l’agent de coloration était le ferrocyanide de fer ou bleu de Prusse (1).
La présence de ce composé fut prouvée jusqu’à l’évidence par l’épreuve suivante : je soumis une partie du dépôt dont il s’agit à l’action d’une goutte de potasse caustique ; la couleur verte passa immédiatement au brun rougeâtre vif, et la couleur primitive fut ramenée par l’addition d’une petite quantité d’acide sulfurique affaibli. Les autres ingrédients de ce que j’appellerai cet enduit furent dégagés par les procédés que j’ai indiqués plus haut, et aussi en chauffant une portion des matières déposées, après
(1) C’après des renseignements communiqués à M. Chevreul, ce ne serait qu’au commencement de ce siècle ou à la fin du xvme que le bleu de Prusse a été importé à la Chine. — Avant cette époque, M. Chevreul sait que les Chinois ajoutaient au Thé de la poudre d’indigo et de la poudre de sulfate de chaux. ( JSotedu traducteur.)
calcination et libre exposition à l'air, avec du carbonate de soude jusqu’à fusion, ce qui, dans le cas de la présence du sulfate de chaux, devait former du sulfate de soude et du carbonate de chaux; ces deux produits furent ensuite examinés.
J’arrivai ainsi à reconnaître que les n0" 5, 8, 10 et 11 ci-dessus étaient glacés avec du bleu de Prusse et du sulfate de chaux. Les n°s 6 et 7 n’offraient que du sulfate de chaux sans aucune trace de bleu de Prusse. Dans quelques échantillons, le sulfate de chaux paraît être du gypse en cristaux réduit en poudre fine , les parties les plus grosses présentant encore une forme cristalline.
Enfin je pus aussi me procurer des échantillons de Thés de la province d’Assam dans leur état naturel. N° 12, impérial, n° 13, poudre à canon, et n" 14, Hyson. Ils n’offraient nulle trace de grains bleus, étaient très-filamenteux, et présentaient toute l'apparence des Thés non glacés, quoique de couleur un peu plus vive. Ils paraissaient recouverts de sulfate de chaux. N° 15, Hyson d’Assam, de la dernière importation. Celui- ci appartenait, sans aucun doute au Thé non glacé ; la poudre blanche qui le recouvrait affectait une légère teinte brune, et se composait d’un peu d’alumine et d’une faible quantité de sulfate de chaux.
11 ressort donc de l’ensemble de ces expériences et observations que tous les Thés verts importés dans notre pays sont glacés ou recouverts, à leur surface, d’une poudre composée principalement:
Soit de bleu de Prusse et de sulfate de chaux ou de gypse, comme dans le plus grand nombre des échantillons examinés, avec une addition, dans quelques cas, d’une substance végétale de couleur jaune ou orange, ou de sulfate de chaux teint préalablement (staincd) avec du bleu de Prusse, comme les n0> 8 et 9, et dans un de ceux que j’ai d’abord examinés ;
Soit de bleu de Prusse avec addition d’une substance végétale de couleur orange, de sulfate de chaux et d’une matière supposée être du kaolin, comme dans le premier échantillon dont j’ai fait mention ;
Soit enfin de sulfate de chaux seul, comme dans les échantillons non glacés.
Il serait assez intéressant de savoir dans quel but ces substances sont ainsi appliquées à la surface des feuilles de Thé ; de savoir si, par exemple, dans les cas où le sulfate de chaux est employé seul, il est simplement destiné à agir comme absorbant pour achever de détruire les dernières traces d’humidité que le séchage n’a pu éliminer complètement (1) , ou plutôt, comme je le crois, si le but des préparateurs est de donner aux feuilles cette appareuce brillante, cette /leur (bloom), cette coloration enfin, qui caractérisent particulièrement les Thés verts, et qui sont tellement prisées par les consommateurs, que les Thés non glacés subissent, je le sais d’une manière positive, une dépression de prix très-sensible.
Il me paraît certain que cette dernière circonstance ne peutprovenir que de
(I) Ce qui n’est pas à supposer, attendu qu'il est en trop petite quantité pour avoir cette action ,
( Noie du traducteur.)
l’ignorance où l’on est généralement de la manière dont les choses se passent; car il serait par trop ridicule de supposer qu’on préfère sciemment un produit teint et même falsifié ( l’expression n’est pas trop forte ) à un produit naturel. »