CHAPITRE TROISIÈME
tants la regardent comme fort ancienne; mais elle est trèscertainement postërieure aux Romains.
A deux heures de l'après-midi, nous poursuivons notre route vers Bizerte.
A trois heures, nous franchissons TOued-Guenniche. Près de cet oued nous rencontrons, au milieu des broussailles, quelques ruines romaines peu importantes.
Un peu plus loin , d'autres ruines attirent mon attention dans un endroit appelé El-Khima. Ce qu'on y remarque de plus intéressant, ce sont trois columbaria romains.
Le premier columbarium renferme intérieurement neuf niches cintrées ; toute la partie antérieure du monument est détruite. La chambre sépulcrale est voûtée, et mesure quatre pas de long sur trois de large ; elle est construite en blocage ; l'enduit qui en revêtait les parois a disparu presque entièrement. La forme de ce tombeau est celle d'une construction rectangulaire surmontée d'un toit bombé.
Le second columbarium est sur le même modèle que le précédent. La chambre sépulcrale a cinq pas de long sur trois de large, et ne contient que trois niches cintrées.
Le troisième est plus petit; la chambre sépulcrale est carrée, et mesure seulement deux pas sur chaque côté. Le nombre des niches cintrées est de neuf. On distingue sur les parois de cette chambre une partie de l'enduit qui les recouvrait. Celui de la voûte est encore mieux conservé ; il porte quelques traces d'arabesques assez finement exécutées.
A six heures du soir, après avoir longé pendant quarantecinq minutes les bords orientaux de la Tinja-Bizerte (lac de Bizerte) , nous laissons à notre gauche Men^el-Djemil , joli bourg, comme son nom l'indique, situé sur une riante colline dans une région fertile et bien arrosée. Nous y admirons de belles plantations d'oliviers qui se mêlent à de magnifiques moissons de blé et d'orge.
A sept heures, nous entrons à Bizerte par la porte dite
Bab-er-Remel (la porte du sable) , parce qu'elle avoisîné une plage sablonneuse; elle est appelée aussi Bab-Tounis, comme étant celle que Ton prend, soit que Ton aille à Tunis , soit qu'on en vienne.
Nous allons loger dans la maison du katd.
29 et 30 mai.
En l'absence de M. Monge, vice-consul de France, M. Costa, agent consulaire sarde^ m'envoie très-obligeamment son fils pour me guider à travers la ville. Je commence par aller le remercier moi-même de cette attention délicate.
Le R. P. Jérémie, que je visite ensuite, est depuis plusieurs années chargé de la paroisse catholique de Bizerte. Ce bon religieux, originaire de Nice, me montre son humble chapelle, et m'apprend que le chiffre de ses paroissiens est de cent quinze individus , parmi lesquels les Maltais forment la majorité.
La ville de Bizerte , dont je fais bientôt après le tour complet, est située près du rivage, tant sur une colline en pente douce qu'au pied de cette hauteur. Deux canaux la traversent et font communiquer avec la mer le grand lac dont j'ai déjà parlé. Un mur d'enceinte l'environne. Ce mur est défendu par plusieurs tours ou bastions et est percé de quatre portes : 1** Bab-Houmt-el-KaKd ; 2' Bab-er-Remel ou Bab- Tounis; 3" Bab-Houmt-Andless; 4® Bab-Houmt-Cheurfa.
La forme qu'offre la ville ainsi entourée est celle d'un triangle.
L'embouchure de l'un des canaux est protégée par deux môles qui s'avancent parallèlement dans la mer, et dont l'extrémité est détruite par les vagues qui les battent incessamment. Les fondations de ces deux môles sont sans doute antiques, mais les assises supérieures paraissent modernes. La largeur de ce dernier canal est d'environ vingt -neuf mètres; il est actuellement peu profond, principalement à