‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 145 sur 284 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

De Soliman à Tlienchlr Aïn-Teboumok. — Hencliir Rasr-el-Maltais. — Henchir Semmacher. — Hencbir Rbanf^uet-el-Hadjadj. — Henchir Relbia. Arrivée k l'hencbir Aïn-Teboumok, jadis oppidum Tuburnicense. — Bordjel-Foguera. — Henchir Rasr-el-Louz. — Retour à Soliman.

15 juillet.

A cinq heures trente minutes du matin , nous nous dirigeons vers les grandes ruines de Thenchir Aïn-Tebournok. Nous commençons par traverser de vastes cimetières qui , à eux seuls, témoignent de l'importance qu'avait autrefois Soliman. Au delà de ces cimetières, de belles plantations d'oliviers forment dans la plaine, sur trois points différents, trois bois distincts.

A six heures , je rencontre dans un champ , à deux kilomètres et demi au sud-ouest de la ville, un bloc mutilé, revêtu de l'inscription suivante :

PRO SALVTE

CBELLICVS APTHON

IMP • CAESARE TR {Estampage,)

Ce bloc a dû être apporté là de Soliman. Les caractères en sont parfaitement gravés.

A sept heures , nous arrivons à l'hencbir Kasr^l-Maltais. On y observe quelques débris de constructions, les unes

romaines, les autres plus modernes et attribuées aux Maltais, d'où dérive le nom donné à cet henchir.

Un peu plus loin , sur un monticule , un second henchir, qui m'est désigné de la même manière, est actuellement occupé par un douar arabe. J'y remarque plusieurs citernes, un puits et les vestiges d'une dizaine d'habitations détruites, restes d'un petit village antique dont la dénomination première s'est perdue.

A huit heures trente minutes , nous faisons halte au milieu d'un henchir plus important; on l'appelle henchir Senmiacher. Les ruines d'un poste militaire attirent d'abord mon attention. Situé sur une colHne, il forme une enceinte rectangulaire d'environ cent pas de long sur cinquante de large. Il était jflanqué d'une tour à chacun de ses angles. Datant probablement de l'époque byzantine , il a été construit avec des blocs antiques, dont quelques-uns sont de très-grandes dimensions. Intérieurement, il était divisé en plusieurs compartiments, dont les murs de refend sont aujourd'hui renversés.

Sur un monticule voisin, une ruine moins étendue, mais plus intéressante, m'a paru être la cella d'un temple. Cette cella, construite en belles pierres de taille, mesure onze mètres vingt centimètres de long sur neuf mètres quatrevingts centimètres de large ; le toit était orné de deux frontons triangulaires. La face principale du monument a été détruite et remplacée par un mur moderne. L'inscription qui devait régner au-dessus de la porte a disparu. Si elle eût subsisté encore , elle nous aurait révélé la nature et la destination véritables de cet édifice, qui n'a pu être ou qu'un grand mausolée ou qu'un temple. J'incline vers cette dernière opinion.

D'autres ruines, plus indistinctes et moins dignes d'être signalées, jonchent l'emplacement de cet henchir, dont le nom antique est inconnu. Une source qui coule au bas des

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