‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 147 sur 284 · AU · texte numérisé non relu

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Ce château était flanqué aux quatre angles d'autant de tours carrées; une seule est encore en partie debout; les

trois autres sont complètement rasées ; l'emplacement qu'elles occupaient est maintenant envahi par d'épaisses broussailles et des cactus gigantesques.

A quatre heures , nous atteignons les ruines beaucoup plus considérables de l'henchir A'in-Tebournok ; ce sont celles d'une ville aujourd'hui déserte, qui s'étendait principalement en longueur dans une vallée où coule une source abondante, dont un bassin antique recueille l'eau, qui de là se répand au dehors pour former un ruisseau.

Les débris de la ville présentent trois caractères diflFérents, et, partant, témoignent de trois époques distinctes. Les uns sont évidemment antiques, et consistent en gros blocs parfaitement équarris , provenant de monuments romains complètement renversés; les autres accusent l'époque byzantine. C'est à cette époque, par exemple, qu'il faut rapporter une grande construction encore en partie debout, bâtie avec des matériaux d'un puissant appareil enlevés à des édifices plus anciens. D'autres enfin révèlent une époque plus récente encore, et sont musulmans. Les restes d'une mosquée et un certain nombre de maisons à moitié détruites appartiennent à cette dernière catégorie. J'ai appris en effet qu'une colonie de Maures andalous chassés d'Espagne vint s'étabhr dans cette localité, où elle fut plus tard décimée par une peste effroyable qui la moissonna presque tout entière.

Parmi les évéques de la province Proconsulaire, il est question plusieurs fois d'un epïscopus Tuburnicensis '.

Ptolémée signale aussi une colonia Thuburnica (l'oppidum Tuburnicense de Pline), mais il la place plus à l'ouest, dans la Nouvelle-Numidie.

A deux kilomètres environ au sud de l'henchir Aïn- Tebournok, après avoir traversé plusieurs ravins, nous rencontrons dans la montagne un henchir appelé Bordj-el-

1 Morceili, Africa christiana, t. I, p. 333.

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