‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 15 sur 284 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

« Est in Afnca Hîpponensis colonia y mari proxima. »

Cet écrivain ajoute : « Adjacet ei navigabile stagnum ex quOy in modum fluminis, aestuarium emergit quod, vice alterna, prout aestus aut repressit aut impulit^ nunc infeitur mari y nuncredditur stagno. »

Ces détails sont parfaitement justes » et tous ceux qui ont été à Bizerte ont pu remarquer les courants signalés par Pline y courants qui tantôt vont du dedans au dehors et tan* tôt en sens contraire. En général , on a observé que les eaux de la mer entrent par les deux branches du canal dans le lac, lorsque les vents sont à Touest, et que, lorsqu'ils tournent à Test, les eaux du lac sortent. Si, dans l'hiver, ce dernier phénomène se produit quelquefois , bien que les vents soient à l'ouest, c'est qu'alors l'étang, étant gonflé par les pluies et par les torrents qui se jettent dans son sein, est obligé de rendre à la mer plus qu'il n'en reçoit.

Il s'étend principalement de l'est à l'ouest; sa plus grande longueur est de treize kilomètres sur une largeur de sept.

A l'extrémité de ce vaste bassin, vers le sud-ouest, un second canal, qui n'est pas endigué comme le premier, le fait communiquer avec un deuxième lac dont je parlerai bientôt.

Extraordinairement poissonneux tous deux, on y pèche surtout une quantité. énorme de mulets très-renommés que les courants entraînent dans de grandes chambres en jonc et en osier, d'où ils ne peuvent plus ensuite s'échapper. Ces poissons sont transportés à dos d'àne ou de mulet à Tunis.

La rade est, dit-on, dangereuse par les vents du nord et du nord-est : elle est défendue par deux batteries rasantes et par un fort situé sur un monticule, au bord de la mer, à huit cents mètres environ au nord-ouest du Houmt-Andless. On l'appelle Bordj-Sidi-el-AJem, que d'autres prononcent Sidi-Sallem.

Cette rade occupe le fond d'une baie qui s'arrondit entre

deux caps, l'un au nord-ouest, le ras El-Abyâd ou cap Blanc, le Candidura promontorium de l'antiquité; l'autre, au sudest, le ras Zebib ou ras Sidi-bou-Choucha , où sir Grenville Temple me parait placer avec raison le Pulchrum promontorium des anciens.

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