‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 153 sur 284 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Description de Hammam-Rorbès ; ses eaax thermales; c'était jadis le bourg de Cai-pi, autrement dit Ad Aquas. — Éclipse de soleil; vive impression d*ef&oi qu'elle produit sur les habitants de ce village.

18 juillet.

Korbès, désigné plus ordinairement sous le nom de Hammam-Korbès , a cause de ses eaux thermales , est actuellement un simple village d'une centaine de petites maisons au plus, bâties dans une gorge de montagne, non loin de la mer. Plusieurs sources extrêmement chaudes sourdent en ce lieu, elles aUmentent un certain nombre de bains assez mal entretenus; on s'en sert aussi comme boisson. Dans l'un comme dans l'autre cas, il faUt laisser refroidir ces eaux pendant six à sept heures avant de pouvoir en faire usage , tant la température en est élevée. Elles passent pour renfermer une grande quantité d'alumine, et sont d'une énergie bien plus puissante , surtout pour les maladies cutanées , que

celles de Hammam-el-Lif . En Europe , de pareilles sources feraient la fortune de la localité qui les possède. Tout prouve qu'elles ont été connues et exploitées dès l'antiquité. A cette époque, la petite ville qu'a remplacée le village moderne était au moins pour l'étendue le double de celui-ci, comme l'attestent les vestiges d'habitations qui sont épars sur les dernières pentes des deux montagnes, dont ce village n'occupe maintenant que la gorge étroite qui les divise. Toutefois , cette ville ne paraît avoir jamais eu qu'un développement assez médiocre, à cause de la nature même du terrain , qui ne se prétait que difficilement à une extension plus considérable. Elle avait un petit port qui établissait entre elle et Carthage des relations très-promples et trèscommodes, la distance qui la séparait de la capitale étant beaucoup plus courte par mer que par terre.

Encore aujourd'hui, ceux qui de Tunis se rendent à Korbès pour y prendre les eaux , préfèrent d'ordinaire aller s'embarquer à la Goulette que de faire le long détour auquel on est forcément astreint par la route de terre, et surtout d'avoir à gravir avec des mulets ou des chameaux chargés de bagages les flancs escarpés du Djebel-Korbès. Cette facilité de communications maritimes entre ces deux points, qui, en ligne directe, ne sont éloignés l'un de l'autre que par un intervalle de vingt-cinq à vingt-six kilomètres, est même la cause principale qui a fait disparaître une bonne partie des débris antiques que l'on voyait à Hammam-Korbès. Une quarantaine de gros blocs rectangulaires provenant d'anciennes constructions attendent encore là, sur une sorte dé quai , qu'on les embarque pour la Goulette , à la suite de tant d'autres qui y ont été déjà transportés précédemment.

Plusieurs citernes , les substructions de jour en jour moins reconnaissables de quelques bâtisses romaines, une grande carrière pratiquée le long du rivage, tels sont, avec les blocs dont j'ai parlé et de nombreux matériaux du même genre

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