CHAPITRE CINQUIÈME
il est, sauf quelques pans de murs, complëtement démoli. L'arène mesurait environ quarante pas de long sur vingt-* deux de large.
i^ Une petite citadelle avoisinant la mer et bâtie sur un monticule. On n'y voit plus que les restes informes d'une puissante construction en blocage, le revêtement extérieur en pierres de taille ayant été enlevé.
Quant au port, il est à moitié ensablé.
Quelques voyageurs ont identifié cette ville avec cejje de Maxula ; mais cette opinion me paraît inadmissible , contredite qu'elle est par les mesures que donnent les itinéraires.
A sept heures quinze minutes, nous allons demander l'hospitalité pour la nuit à un douar campé près des ruines de Mera'issa.
19 juillet.
A quatre heures trente minutes du matin , nous nous mettons en marche; notre direction est d'abord celle du nord, puis du nord-est.
A quatre heures cinquante minutes , je remarque quelques ruines dans un endroit appelé Henchir-el-Bey, et entre autres, les fragments de deux sarcophages brisés.
A cinq heures quarante-cinq minutes, nous passons non loin du village de Bridja, dont j'ai déjà parlé.
A six heures quinze minutes, j'observe sur l'emplacement de l'henchir Kraïb les vestiges d'un petit nombre de constructions romaines.
A sept heures, un henchir plus considérable arrête un instant mon attention; il se nomme El-Mornakia. On y distingue au milieu d'épaisses broussailles plusieurs citernes et de vieux pans de murs.
La contrée que nous traversons est presque entièrement inculte et déserte ; des joncs et des hautes herbes y servent de refuge à de nombreux sangliers.
A huit heures, nous franchissons l*oued Zarzour; les rives en sont bordées de lauriers-roses et de roseaux.
Nous nous rapprochons ensuite de la mer; avant d'atteindre le rivage, nous cheminons péniblement pendant cinquante minutes sur un sentier âpre et montagneux.
A neuf heures, nous faisons halte à Thenchir Sidi-Aly-ei- Meregni; les restes d'un village antique y sont ensevelis sous des broussailles, et un bosquet de peupliers y ombrage une source excellente.
A onze heures, nous quittons avec regret cet abri verdoyant, et nous poursuivons notre route vers Sidi-Daoud-en- Noubi, en côtoyant le rivage. Pour moins fatiguer nos chevaux , que rebute et qu'épuise dans leur marche un sable fin et profond , nous tachons autant que possible de ne pas nous écarter de l'extrême limite qu'arrosent et que durcissent les vagues. A chaque pas, d'innombrables crabes qui se chauffaient paisiblement au soleil fuient entre les pieds de nos montures. La mer étincelle comme un miroir ardent sous les rayons du soleil qui l'embrasent, et nos yeux ne peuvent en soutenir l'éclat. Au-dessus de nos têtes, le ciel est d'un bleu d'azur dont rien n'égale la pureté.
A une heure, nous rencontrons les ruines d'une petite ville antique; elles me sont désignées par deux Arabes sous le nom d'Henchir-el-Haïrech , et par un troisième sous celui d'henchir Zeggagh. Une anse naturelle a été jadis transformée en port. Ce port était dominé et défendu par un château assis sur un monticule, et dont il ne subsiste plus que deux ou trois gros pans de murs. La ville est elle-même totalement renversée ; le plateau qu'elle occupait est seulement jonché d'une quantité de gros blocs rectangulaires, soit alignés encore dans un certain ordre, soit dispersés confusément; ils sont tous rongés par suite de la vétusté et en même temps du voisinage de la mer.
Un peu plus loin est un amas de blocs semblables autour