‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 160 sur 284 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

arrêtée à l'endroit où s'élève la zaouYa actuelle ^ on ensevelit la dépouille mortelle du santon en ce lieu, et bientôt une coupole y recouvrit son tombeau. Depuis lors, sa mémoire y a toujours été en grande vénération. A son nom de Sidi- Daoud on ajouta celui d'en-Noubi , parce que l'endroit où fut construite cette zaouïa s'appelait Nouba. Telle est du moins la légende qui m'a été racontée par l'oukil. Il nous offre pour la nuit l'hospitalité dans l'une des dépendances de la zaouYa.

20 juillet.

J'avais remarqué la veille au soir un piédestal antique, dont l'une des faces était revêtue d'une inscription, et que des Arabes avaient extrait peu de temps auparavant des décombres d'un monument complètement démoli. En me reportant le lendemain matin auprès de ce piédestal, j'y lis ce qui suit :

FL • ARPACII • VC • FLARPACIOFLPPHVIVSCE CIVITATIS EXAGENTE IN REBVS VC • EXAIVT • INL • VIPI MAGOFFICIORV SPECTAB • TRIB • ET NOT • 08 INSIGNIA EIVS ERGA REMPMERITA ET PRAECIPVE OB PATBENEFSTATVAM AD AETERNITATEM MER!

TORVM EIVS MISS • CIVES CONLOCAVERVNT {Estampage.)

La statue qui couronnait jadis ce piédestal ^sait, m'a-t-on dit, à côté; les bras seuls manquaient; du reste, elle était complète et d'une grandeur qui dépassait un peu celle de la stature humaine. Elle venait d'être transportée par mer à la Goulette ; ce piédestal devait Tétre aussi prochainement.

Cette inscription date du Bas-Empire, ainsi que le prouvent les divers titres qui y sont contenus. Le nom qu'elle renferme à Tavant-dernière Hgne, MISS'CIVES (Missuenses cives), lui donne surtout de l'importance. On s'était accordé depuis longtemps , il est vrai , h fixer à Sidi-Daoud-en-Noubi la ville de Missua, d'après les mesures indiquées par les itinéraires; mais jusqu'à présent la découverte d'aucun monument épigraphique aussi explicite que celui-ci n'avait confirmé d'une manière péremptoire cette supposition.

Une autre inscription provenant de Missua se trouve actuellement à la Goulette, dans la maison de M. le vice-consul de France; elle recouvre un bloc mutilé encastré dans un mur et à demi caché par les marches d'un escalier, ce qui empêche de la lire en entier. Voici les seuls mots qui soient visibles.

PCAESARI VJHADRIANIF-

IPAR

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