CHAPITRE NEUVIÈME
D*EI-Haoaria a Relibia. — Garaat-ech-Cherof. — Zaouïa Sidi-Mofaammedech-Cherif. — Arrivée à Relibia; description de cette ville, l'ancienne Aspis des Grecs , la Clypea des Latins.
À huit heures trente minutes, de retour à El-Haouria, nous abandonnons presque aussitôt ce village. Après avoir
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longé toute la côte occidentale de la presqu'île du cap Bon, nous allons maintenant en explorer la côte opposée.
La direction de notre marche est celle du sud-est.
A neuf heures, nous atteignons une espèce de grand bassin, à peu près circulaire, appelé Garaat-ech-Gherof. Ce bassin est une sorte de sebkha non salée, où Teau des pluies se rassemble pendant l'hiver et séjourne encore, mais plus basse, pendant Tété. A cette époque, les miasmes qui s'exhalent de ce marais répandent les fièvres dans tous les environs. Nous le côtoyons jusqu'à neuf heures vingt-cinq minutes.
A neuf heures trente-cinq minutes, la chaleur devient tellement accablante, qu'ayant aperçu un bouquet de vieux oliviers près de la zaouïa de Sidi-Mohammed-ech-Cherif, nous ne pouvons résister à la tentation de nous reposer quelque temps sous leur ombrage. Cette zaouïa est située sur une colline dont elle couronne le sommet. De là, nous distinguons fort bien à quatre-vingts kilomètres en mer, vers l'est, l'île Pantellaria, de forme oblongue, que les Arabes désignent encore aujourd'hui sous le nom de Cossura, identique à celui qu'elle portait autrefois. Sa circonférence est d'environ cinquante-cinq kilomètres ; elle est presque entièrement stérile et fort peu habitée.
A midi trente minutes, nous poursuivons notre marche dans la même direction. La contrée que nous traversons est tantôt inculte et hérissée de broussailles , tantôt couverte de belles plantations de dourra et de droh.
De deux à trois heures, nous franchissons péniblement une grande plaine de sable qui a ses dunes mouvantes et qui forme dans l'intérieur des terres une zone de plusieurs milles d'étendue : nous sommes, en effet, à trois ou quatre kilomètres de la mer.
A trois heures quarante-cinq minutes, nous rencontrons quelques ruines éparses au miUeu d'épaisses broussailles.
A quatre heures quinze minutes, nous arrivons à Kelibia.