‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 171 sur 284 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

entouré de moulures, on lit l'inscription suivante, dont les deux premières lignes sont complètement effacées :

ISSIMVSVIXIT ANNISLXXXVIM VIDVIIII-I {sic) SE

Les flancs rocheux du même oued sont percés de plusieurs grottes sépulcrales, identiques pour la forme et pour la disposition intérieure à celles de la Palestine et de la Phénicie, et que je regarde, par conséquent, comme ayant une origine punique. J'examine sept ou huit de ces chambres funéraires taillées dans le roc ; elles sont presque toutes précédées d'un vestibule et divisées en deux ou trois compartiments. La porte en est basse et étroite. Le plafond de quelques-unes est plat ou presque plut; dans d'autres il affecte la forme d'une sorte de fronton creux surbaissé.

Au delà de l'oued, sur un plateau qui lé domine, sont épars les restes confus d'un bourg antique dont le nom primitif a disparu ; on le désigne maintenant sous celui d'Henchir-el-Harouri. Parmi les blocs qui jonchent le sol, je distingue un piédestal sur l'une des faces duquel est figurée une croix grecque.

A sept heures quarante-cinq minutes, nous nous remettons en marche.

A huit heures quinze minutes, nous rencontrons sur une colline des ruines indistinctes et peu étendues, connues sous le nom d'Henchir-ben-Keneis.

Quinze minutes plus loin , en continuant à nous avancer

vers le sud-ouest, nous traversons les vestiges d'un village antique dont le nom actuel est Menzel-Jahia.

A neuf heures trente minutes , nous arrivons à Menzel- Temine.

C'est un bourg de quinze cents habitants. Les rues en sont fort mal tenues. J'observe çà et là un certain nombre de gros blocs antiques et même plusieurs tronçons de colonnes engagés dans des constructions modernes.

Autour de Menzel-Temine s'étendent des jardins plantés surtout d'oliviers, de figuiers et de mûriers. Le terrain est très-fertile, mais l'eau est peu abondante et généralement saumàtre , sauf celle d'un puits.

Nous nous arrêtons dans ce bourg jusqu'au lendemain matin. Comme c'est le jour du marché, la population a plus que triplé. De tous les villages et douars environnants, une foule d'Arabes s'y sont rendus. Chacun est armé de son fusil ; quelques-uns portent de petits tromblons. La place du Souk retentit de cris tumultueux; ce sont partout entre les acheteurs et les vendeurs des discussions vives et animées, mais qui , conune des débats d'enfants , s'apaisent ensuite avec la même facilité qu'elles ont éclaté.

25 juillet.

A quatre heures trente minutes du matin , nous sonmies à cheval. Nous commençons par traverser de belles plantations d'oliviers entremêlés de figuiers et de mûriers.

A cinq heures quinze minutes, sortant de cette zone cultivée, nous marchons au milieu d'épaisses broussailles.

A notre gauche, le long de la mer, s'étend une sebkha.

A six heures quatorze minutes, nous apercevons sur une colline hérissée d'arbustes épineux les restes d'un établissement antique. Il y avait là jadis un petit poste militaire et quelques habitations à l'entour. Cet endroit m'est désigné sous le nom de Menzel-Horra.

Page 1