CHAPITRE TROISIÈME
A midi quarante-cinq minutes, nous poursuivons notre marche vers le Zaghouan.
A deux heures, nous par\'enons a un troisième camp de travailleurs; il est commandé par M. Gavoty, conducteur des ponts et cliaussées, qui lui-même a pour chef M. Marcellin. M. Gavoty insiste avec beaucoup d'obligeance pour que j'accepte jusqu'au lendemain l'hospitalité sous sa tente , dont il m'offre l'abri pour la nuit. En attendant, je l'accompagne dans une inspection qu'il fait des travaux qu'il dirige.
Une partie du canaJ de l'aqueduc que ses ouvriers réparent parait avoir déjà subi des réparations à une époque postérieure aux Romains; car ce canal, qui sur ce point est presque à fleur de terre, au lieu d'être, comme partout ailleurs, recouvert par un toit voûté, l'est seulement par des dalles en pierre ou même quelquefois en marbre, juxtaposées assez grossièrement les unes à côté des autres , pour la plupart aussi très-mutilées, qui proviennent de monuments plus anciens. Un grand nombre de ces dalles ayant été récemment retirées et placées sur les berges du canal qu'il sj^agit d'abord de déblayer, puis de restaurer, je m'aperçois que plusieurs d'entre elles sont revêtues de fragments d'inscriptions.
Sur l'une je lis
Sur une seconde :
FILIVS D
Cl PARTHICI
Sur une troisième :
GVS D
Sur
une
quatrième
yiTVMELIO
Sur
une
cinquième
SABB
Sur
une sixième :
IMIVS . . . . AR
Sur une septième :
RARVM COG ....
Sur une huitième :
CELLENS
Ces deux syllabes, gravées en magnifiques caractères de vingt-cinq centimètres de hauteur, ne seraientrcHes que la fin du mot EXCELLENS, ou bien au contraire faut-il y voir la première partie du mot CELLENSIS? Dans ce cas, ce mot nous mettrait sur la trace de Tune des villes de la province Proconsulaire ; nous connaissons en effet un episcopus Cellensis ' appartenant à cette province.
Deux tronçons de colonnes brisées attirent également mon attention; j'y déchiffre ce qui suit :
Sur le premier :