CHAPITRE TROISIÈME
Sur le second
CO
VALERIO . . ANOQ . SSIMO
La plaine onduleuse que traverse cette portion de l'aqueduc s'appelle Bahirt-Simindja, et plusieurs henchirs qui y sont parsemés sur des monticules, à une assez faible distance les uns des autres, portent tous également le nom d'henchir Simindja.
Le plus considérable de beaucoup est situé à deux kilomètres à l'ouest du camp de M. Gavoty. Il occupe le sommet d'une colline escarpée, environnée de trois côtés par deux oueds qui forment autour d'elle des fossés larges et profonds; l'un est l'oued Simindja, l'autre est un affluent de l'oued Melian. Nous traversons le premier, puis, escaladant la colline qui le domine, nous parvenons à un plateau couvert de ruines : ce sont celles d'une ville antique. Elle était jadis enfermée dans un mur d'enceinte aujourd'hui détruit, mais dont les traces existent encore et dont il est facile de suivre le périmètre. Au centre a peu près, et sur le point culminant du plateau , je remarque les vestiges d'une puissante construction carrée qui semble dater de l'époque byzantine, et qui avait été bâtie avec de gros blocs provenant d'édifices romains. Ailleurs, je foule les débris d'un
monument autrefois orné de colonnes, et qui paraît avoir été une ancienne église, laquelle avait peut-être succédé à un sanctuaire païen. En continuant a parcourir l'emplacement de cette petite cité anéantie et complètement déserte, je rencontre les vestiges de plusieurs autres édifices renversés de fond en comble , et çà et là des amas de gros blocs rectangulaires, restes de constructions entièrement démolies. Des broussailles , de hautes herbes et quelques vieux caroubiers ont pris racine au milieu des décombres.
Quel était le nom antique de cette ville? La dénomination moderne de Simindja donnée à cet henchir est une raison très-forte en faveur de l'opinion qui y place l'oppidum Simingitanum , dont l'existence nous est révélée par la Notice des évéchés de la province Proconsulaire ' .
Les autres henchirs du même nom de Simindja qui avoisinent le camp de M. Gavoty sont moins importants que le précédent. L'un semble avoir été un poste militaire, et les deux autres, soit des hameaux, soit de simples fermes.
A côté de l'un de ces henchirs est un beau puits antique appelé Bir-Simindja , construit en pierres de taille, et où viennent encore s'approvisionner d'eau plusieurs douars des environs.
6 août.
A huit heures du matin, je serre la main de M. Gavoty, que je remercie de sa cordiale hospitalité, et nous nous remettons en marche pour le Zaghouan. Nous longeons la ligne de l'ancien aqueduc. Le canal est presque constamment au niveau du sol.
A neuf heures trente minutes, le terrain venant à baisser, nous voyons reparaître les arcades; puis cette vallée faisant place à des collines, le canal s'enfonce de nouveau sous le sol. Notre direction est celle de l'est-sud-est.
^ Morcelli, A/rica christiana, t. I, p. 281.