CHAPITRE QUATRIÈME
gravée sur un autel votif encastré dans l'un des murs de refend de la cuisine :
MARTIAVGPROTECTORIDN
IMPCAESMANTONIGORDIANIPIIFELICIS
AVG- RMIRPOT-nCOSP-P
Q-CALVIVSRVFINVSAEDILISSVMPTV
SVO ETTAELIANNILITOR {sic) IQVONDAM
COLLEGAESVIOBHONOREMAEDILITATIS
INCOMPENSATIONEMISSILIORVM-COMMV
NI • PECVNIA • FECERVNT • DEDICANTE
QCALVIORVFINOAEDILIOBCVIVSSTATV . .
DEDICATIONEMIDEM RVFI (^ic) N VS • DESV .
TEIMSPECTACVLVMPVGILVMETGYMNASIVM
EXHIBVITLDDD
A la cinquième ligne, Tl final du mot LITORI a été trèsécarté de la lettre précédente, à cause d'un défaut de la pierre.
A la dixième ligne, un défaut analogue de la pierre a nécessité l'écartement semblable que l'on remarque au milieu du motRVFINVS.
A la onzième ligne enfin, le mot TEIM est évidemment une faute pour ITEM , le graveur ayant par mégarde transposé ri de place.
On ignore quel était le nom antique de la ville. Peut-être portait-elle, comme maintenant, le nom de la montagne au pied de laquelle elle s'élevait. Or, cette montagne s'appelait très-probablement mons Zeugitanus, dénomination qui se rapproche beaucoup de celle de Zaghouan. Un passage de
Solin \ cité déjà par Shaw, nous apprend que la province d'Afrique, ou, en d'autres termes, la Zeug^itane, commençait a pede Zeugitano, c'est-à-dire, comme le suppose le savant voya{][eur an{][Iais, au pied de la montag^ne qu'on appelle aujourd'hui Zaghouan. Le Zaghouan, en effet, par sa masse imposante, présente une limite toute naturelle entre la Zeugitane, au nord, et la Byzacène, au sud. La Zeugitane aurait elle-même tiré son nom de la montagne au pied septentrional de laquelle elle commençait.
Shaw, après avoir émis cette conjecture qui parait trèsvraisemblable, ajoute avec non moins d'à-propos que les Zygantes (ZvyavTe<;), mentionnés par Hérodote*, semblent avoir habité dans cette contrée.
Quoi qu'il en soit et quelle qu'ait été l'époque où la ville antique qu'a remplacée celle de Zaghouan a été renversée, toujours est-il, au dire des habitants actuels, qu'elle a été rebâtie par une colonie d'Andalous chassés d'Espagne, et que cette colonie constitue encore le fond principal de sa population. Celle-ci est de deux mille cinq cents musulmans et de quatre cents juife. Un assez grand nombre d'individus y sont occupés à la teinture en écarlate des bonnets rouges ou chéchias, qui forment l'un des éléments essentiels et souvent même l'unique de la coiffure des mahométans. Les eaux du Zaghouan sont en effet très-renommées pour la propriété qu'elles ont de rendre brillante et tenace la couleur dont on veut se servir pour teindre ; elles sont aussi excellentes pour le lavage des peaux. Une autre industrie pratiquée par quelques habitants consiste à fabriquer avec les magnifiques roseaux qui croissent en abondance près de la ville ces longs et légers tuyaux de pipes que les Tunisiens affectionnent particulièrement .
1 Solin., c. XXVII.
2 Hérod., IV, 194.