CHAPITRE SEPTIÈME
Village de Djerad. — Description des ruines de la ville antique qui Tavoisine.
Arrivée h. la zaouïa Sidi-Rhalifa.
10 août.
Djerad est un petit village d'une cinquantaine de maisons, perché comme un nid d'aigle sur le sommet d'une colline, dont les flancs, en pente rapide, sont couverts de cactus gigantesques qui croissent au milieu d'énormes quartiers de roche, la plupart ferrugineux. Dans ce hameau est une zaouïa consacrée à Sidi-Abd-el-Kader.
A cinq heures du matin, nous en redescendons pour aller examiner les ruines de la cité antique qui s'étendent à ses pieds, au delà de l'oued qjie j'ai déjà signalé et à la distance d'un kilomètre environ , vers l'ouest-nord-ouest.
Le pourtour de cette ville sur le plateau incliné qu'elle occupait et qui est maintenant envahi par des broussailles, peut être évalué à trois kilomètres. On ne trouve aucune trace d'une muraille d'enceinte.
La ruine la plus considérable est celle d'un temple prostyle qui a été érigé sur le point culminant du plateau. La cella est encore en partie debout; elle est longue de onze mètres soixante-trois centimètres sur neuf mètres soixantetreize centimètres de large. Le toit est écroulé. Cette cella était précédée d'un pronaos qu'ornaient huit colonnes corinthiennes , dont le fût était d'un seul bloc et qui étaient disposées sur deux rangs. Il avait quatre mètres soixante-sept centimètres de large , et sa longueur égalait la largeur de la cella. On montait à celle-ci par un escalier de cinq ou six degrés, ménagé dans l'intervalle des colonnes du centre. A droite et à gauche de la porte d'entrée , on lit encore sur les murs latéraux une liste de souscripteurs, avec l'indication des sommes que chacun d'eux avait fournies pour l'érection de ce monument.